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Syndrome ” Midnight Express ” en Turquie juin 24, 2007

Posted by acturca in Art-Culture, Etats-Unis, Turquie.
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Le Monde (France), vendredi 22 juin 2007, p. 25

Guillaume Perrier

De retour en Turquie près de quarante ans après sa mésaventure, Billy Hayes, l’homme qui a inspiré l’histoire de Midnight Express, est venu présenter ses excuses, le 15 juin. Ce citoyen américain, arrêté en 1970 avec plusieurs kilos de haschisch à l’aéroport d’Istanbul, avait été condamné à trente ans de prison ferme avant de réussir à s’évader.

Son récit autobiographique avait été adapté au cinéma, en 1978, par le réalisateur anglais Alan Parker sur un scénario du cinéaste américain Oliver Stone.

Le film Midnight Express, peinture sombre de l’univers carcéral et de ses injustices, avait été récompensé par deux Oscars, dont celui du meilleur scénario. Mais en Turquie, il a été interdit jusqu’en 1993. La description qui y est faite du pays a provoqué un véritable traumatisme. La presse nationaliste avait qualifié le film de ” raciste “.

Pour beaucoup de Turcs, le film est à l’origine de nombreux préjugés xénophobes sur leur pays. Notamment les propos du héros, incarné par Brad Davis, face aux juges : ” Pour une nation de porcs, c’est drôle que personne n’en mange. ” Billy Hayes a donc tenu à faire son mea culpa. ” Je dois accepter ma part de responsabilité pour les dégâts qu’il a causés “, a-t-il reconnu au cours d’une conférence de presse très attendue par la presse locale. ” Le film a donné une image terrible de la Turquie et du peuple turc qui n’était pas juste et ne correspondait pas à mon expérience. ” Des propos qu’il avait déjà tenus à plusieurs reprises ces dernières années.

Même si, dans les années 1970, les prisons turques étaient des lieux d’extrême violence, la succession à l’écran des scènes de torture et de viol, la cruauté des gardiens, la corruption des juges et la vénalité des avocats dressaient un tableau très noir du pays.

En décembre 2004, Oliver Stone était lui aussi venu s’expliquer, à Istanbul, poussé par la nécessité d’assurer la promotion de son film Alexandre. Il avait alors admis avoir pris quelques libertés avec le récit originel pour renforcer l’intérêt dramatique du film. ” Ce film était contre l’injustice, partout dans le monde “, avait-il alors expliqué.

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