jump to navigation

Qui est vraiment Hayrünnisa Gül ? septembre 14, 2007

Posted by Acturca in Turquie.
Tags:
trackback

Courrier international (France), no. 879, jeudi, 6 septembre 2007, p. 25

Can Dündar, Milliyet (Istanbul)

L’épouse du nouveau président turc, Abdullah Gül, a suscité beaucoup de commentaires. Sous le foulard se cache une femme au caractère bien trempé. Portrait.

Alors qu’Abdullah Gül est désormais président de la République, les regards se tournent à présent vers son épouse. Son attitude en tant que first lady suscite en effet davantage d’interrogations que la façon dont vont se dérouler les sept années de présidence de son mari. A bien regarder le parcours accompli jusque-là par Mme Gül, on comprend que celle-ci ne sera pas une épouse effacée vivant dans l’ombre de son mari. Déjà, au lycée pour filles de Cemberlitas, à Istanbul, l’un de ses professeurs voyait en elle "une fille destinée à devenir un leader". Hayrünnisa Özyurt, tout comme son mari, Abdullah Gül, a ses racines en Anatolie centrale, mais elle est née et a grandi à Istanbul. C’est lors du mariage d’un cousin d’Abdullah Gül qu’elle attira l’attention de la mère d’Abdullah, en quête d’une épouse pour son fils. Les deux familles se mirent d’accord. Abdullah Gül avait 30 ans, la future mariée n’en avait que 14. Apprenant son jeune âge, Gül émit quelques réserves, qui disparurent néanmoins dès qu’il fit réellement sa connaissance.

Selon la loi turque, Hayrünnisa ne pouvait cependant pas se marier avant l’âge de 15 ans. Il fallait donc attendre. Contrairement à ce que l’on dit souvent, Hayrünnisa portait alors déjà le foulard, mais sans doute se dévoilait-elle lorsqu’elle allait à l’école, où elle se garda bien de signaler qu’elle était fiancée, ce qui aurait pu lui valoir une grave sanction disciplinaire. Quant au mariage d’une lycéenne, il se soldait par un renvoi définitif. Très bonne élève, elle obtenait la meilleure note en religion, mais elle était moins bonne en éducation physique…

Le jour même de ses 15 ans, Hayrünnisa épousait Abdullah Gül. Ils s’installèrent dans leur nouvelle maison à Istanbul. Ils n’y restèrent qu’une nuit et n’eurent même pas le temps d’ouvrir leurs valises. Le 12 septembre 1980, c’était le coup d’Etat [des militaires contre le gouvernement de centre droit de Suleiman Demirel]. A 6 heures du matin, un sous-officier venait frapper à la porte et mettre un terme à une lune de miel qui avait à peine commencé. Abdullah Gül fut emmené par les militaires. Après deux jours de mariage, Hayrünnisa se retrouvait seule.

En se mariant, elle avait renoncé à la perspective de poursuivre ses études. Parce que son école ne lui avait pas pardonné de s’être mariée ? Parce qu’elle avait refusé d’ôter son voile ? Ou parce que son mari ne voulait plus qu’elle étudie ? Quelle qu’en soit la raison, elle avait dû renoncer et cela la déprimait. L’un de ses professeurs l’encouragea néanmoins à poursuivre ses études par correspondance. Elle étudia assidûment ses cours et se présenta aux examens, mais elle fut aussitôt exclue. En effet, après le coup d’Etat de 1980, les règles concernant le port du foulard étaient devenues plus sévères. Elle ne pouvait donc se présenter avec un voile aux examens, mais elle refusa de l’enlever. C’est ainsi que fut mis un terme à son rêve de poursuivre des études. Pourtant, dans son for intérieur, elle n’avait pas renoncé. Dix-sept ans plus tard, elle tentait à nouveau sa chance. Erbakan [leader historique de la mouvance islamique turque] était alors Premier ministre, et Mme Gül put donc se présenter voilée à l’examen et obtenir finalement son diplôme de fin d’études. Elle s’inscrit directement au concours d’admission à l’université, où elle souhaitait étudier la langue et la littérature arabes. Elle avait déjà commencé à apprendre l’arabe lorsque son mari était en poste à Djeddah, en Arabie Saoudite, pour le compte de la Banque islamique de développement. A ce moment, elle pouvait donc présenter cet examen voilée. Elle fut cependant à nouveau stoppée dans son élan. En effet, juste au moment où elle allait entrer à l’université démarrait le "processus du 28 février" [le 28 février 1997, le Conseil national de sécurité poussait le gouvernement Erbakan à la démission dans ce qui fut qualifié de "coup d'Etat light"]. Sa demande d’inscription à l’université d’Ankara, où elle s’était présentée voilée devant des dizaines de caméras, en compagnie de son mari, député et ministre d’Etat du gouvernement Erbakan, fut donc rejetée. Ses rêves d’études supérieures partaient à nouveau en fumée. Blessée, elle conseilla à sa fille Kübra de ne pas se marier avant d’avoir terminé ses études. Ingénieure fraîchement diplômée de l’université de Bilkent [à Ankara], celle-ci convolera le 9 septembre.

About these ads

Commentaires»

1. li - juin 21, 2012

femme a respecter

2. lucette forget - novembre 26, 2011

respect, oui, bien-sûr, sans osmose ni symbiose , à chacun ses valeurs

3. lucette forget - novembre 26, 2011

donc, il est vraiment hors de question d’accepter la Turquie dans l’ U E !!!

4. Noun - février 17, 2009

Tous le respect à ce couple


Poster un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d bloggers like this: