« Oui » au suffrage universel octobre 22, 2007
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Le Figaro (France)
Lundi, 22 octobre 2007, p. 3
Moins de trois mois après des élections législatives, les électeurs turcs étaient à nouveau appelés aux urnes hier pour se prononcer sur une série d’amendements à la Constitution. Ils ont majoritairement voté, par référendum, en faveur d’une élection présidentielle au suffrage universel direct. Après le dépouillement de la totalité des bulletins de vote, le « oui » aux amendements constitutionnels proposés par l’AKP (Parti de la justice et du développement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan), obtient 69,1 % des voix et le « non » 30,8 %, a déclaré la commission électorale turque.
Le résultat n’affectera en rien le statut de l’actuel président Abdullah Gül, issu de l’AKP et qui a été élu par les députés en août pour un mandat de sept ans. Son successeur sera choisi au suffrage universel direct en 2014.
Turquie Vote dimanche sur une réforme constitutionnelle
SDA – Service de base français, 19 octobre 2007 vendredi
Par Burak Akinci, Ankara, AFP
Moins de trois mois après des élections législatives, les Turcs sont de nouveau appelés aux urnes dimanche. Ils doivent se prononcer sur une série d’amendements à la Constitution dont le plus important est l’élection du président de la République au suffrage universel.
Quelque 42,6 millions d’électeurs voteront dans 134 000 bureaux de vote à travers le pays pour ce cinquième référendum de l’histoire de la Turquie.
Le parti de la Justice et du Développement (AKP, issu de la mouvance islamiste, au pouvoir), qui est l’instigateur de cette réforme, a fait passer in extremis cette semaine au Parlement un amendement au projet afin d’éviter une éventuelle contestation juridique de la validité du mandat de sept ans de l’actuel président Abdullah Gül.
Présidentielle au suffrage universel
La réforme soumise au référendum prévoit l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois et non plus par le Parlement comme c’est le cas actuellement.
Selon des juristes, la formulation de l’une des dispositions du projet aurait imposé au président, élu en août par les députés, de se présenter cette fois au vote populaire dans un délai de 40 jours.
L’article en question déclarait que le onzième président serait élu par le peuple. Or M. Gül est déjà le onzième président turc.
L’AKP a fait adopter la réforme au Parlement au mois de mai, à la surprise générale et sans débat au préalable au sein de la société, à la suite d’une campagne du camp laïc (haute magistrature, armée, universités) visant à bloquer l’élection de M. Gül, ancien islamiste et dirigeant de l’AKP dont l’épouse est voilée.
Afin de sortir de la crise, l’AKP a obtenu la tenue en juillet d’élections législatives anticipées qu’il a remporté avec une victoire écrasante (47% des voix), ce qui lui a permis d’assurer à M. Gül une élection confortable le mois suivant.
De l’avis général, une grande majorité de Turcs devrait voter “oui” au référendum, mais la participation sera vraisemblablement loin d’atteindre les 85% des législatives.
Electeurs déboussolés
Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a appelé les électeurs à voter “oui” en masse, mais les électeurs semblent déboussolés en raison de l’imbroglio juridico-politique qui a entouré ce vote qui résulte plutôt d’une volonté de revanche que d’une démarche élargissant le cadre démocratique, selon les observateurs.
“Il n’y a pas d’enthousiasme (…) car ce référendum est organisé pour régler une crise qui n’existe plus”, commente Mumtaz’er Türköne dans le journal “Zaman”.
Les Turcs sont peu habitués aux référendums, dont le dernier remonte à 1988, et les chaînes de télévision diffusent depuis des jours des reportages montrant des électeurs très peu au courant du scrutin.
L’opposition au Parlement a appelé les électeurs à refuser la réforme alors que le parti de M. Erdogan travaille déjà sur une nouvelle constitution qui remplacera l’actuelle, héritée des généraux après un coup d’Etat en 1980.
Paradoxalement, une première mouture de ce projet réduit les pouvoirs du président qui sera élu au suffrage universel. La réforme soumise à référendum prévoit aussi la tenue d’élections législatives tous les quatre ans au lieu de cinq.
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