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L’avenir de l’Europe entre les mains de Felipe González décembre 19, 2007

Posted by acturca in Turquie-UE, UE.
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La Tribune (France)

lundi, 17 décembre 2007, p. TR27

L’ex-président du gouvernement espagnol va présider un ” groupe de réflexion ” qui doit formuler une nouvelle ambition pour l’Union à l’horizon 2020 à 2030.

Après la signature du nouveau traité européen à Lisbonne, Nicolas Sarkozy voulait la mise en place d’un ” groupe de sages ” pour fixer les frontières futures de l’Union avec l’espoir non dissimulé d’en faire exclure la Turquie. Il y aura un ” groupe de réflexion ” dont l’objectif, selon les conclusions du Conseil européen réuni vendredi dernier à Bruxelles, est de ” répertorier les questions et les évolutions fondamentales auxquelles l’Union est susceptible d’être confrontée et d’étudier les solutions à y apporter ” à l’horizon 2020 à 2030. À cet égard, les conclusions citent notamment la compétitivité, le développement durable, la question des migrations, l’énergie et la protection du climat, ainsi que la criminalité internationale et le terrorisme. Selon le Premier ministre britannique, Gordon Brown, favorable à l’adhésion de la Turquie, le groupe de réflexion ne discutera pas des frontières futures de l’Union. Ce n’est pas l’avis du président français. Il estime que le groupe de réflexion ” posera forcément la question des frontières ” puisqu’il devra ” réfléchir à nouveau au contenu du rêve européen à proposer aux Européens “.

Nicolas Sarkozy avait annoncé pendant la campagne électorale qu’il arrêterait les négociations avec la Turquie s’il était élu mais il a depuis modéré sa position en acceptant d’ouvrir les chapitres des négociations qui ne mènent pas directement à l’adhésion, comme l’euro. Il a toutefois conditionné la poursuite de ces négociations à la mise sur pied d’un ” groupe de sages ” qui, pour lui, ne pourra pas imaginer l’avenir de l’Europe dans une vingtaine d’années sans réfléchir aussi à la place qu’on y réservera à la Turquie.

Conseil de douze membres

Le président français est cependant rentré à Paris avec une réelle satisfaction. Le Conseil européen a désigné l’ex-président du gouvernement espagnol Felipe González, ancien opposant à l’adhésion de la Turquie à l’Union, pour présider ce groupe de réflexion. Il sera secondé par l’ex-présidente lettone Vaira Vike-Freiberga et le président du fabricant de téléphones portables Nokia, Jorma Ollila. Les neuf autres membres du groupe seront désignés plus tard par le Conseil européen au cours de la présidence française de l’Union. Le président britannique de la Confédération européenne des syndicats, John Monks, l’ancien président irlandais du Parlement européen Pat Cox, l’ancien chancelier autrichien Wolfgang Schüssel ou encore l’ancienne étoile du football néerlandais Johan Cruyff sont cités comme des candidats potentiels.

Le groupe présidé par Felipe González mènera sa réflexion dans le cadre établi par le nouveau traité de Lisbonne. Il ne débattra pas des questions institutionnelles ni des politiques actuelles et encore moins du cadre financier de l’Union. Il remettra son rapport au Conseil européen en juin 2010.

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