La Catho de Paris accueille de futurs imams janvier 31, 2008
Posted by acturca in Académique, France, Religion.Tags: Al-Ghazali, Grande Mosquée de Paris, imam, Institut catholique, Islam, laïcité, Olivier Bobineau, Paris, théologie
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Ouest France (France)
31 janvier 2008
Vingt-cinq étudiants musulmans ont commencé une formation universitaire, de culture générale à la « Catho » de Paris. L’université classique – Sorbonne et Paris-8 Saint-Denis, en particulier – s’y est refusée, du coup c’est l’Institut catholique de Paris – la « Catho » – qui vient d’ouvrir ses portes à vingt-cinq futurs imams (dont trois femmes) et aumôniers musulmans.
Ils ont assisté, mardi soir, à leur premier cours, dans les locaux de la faculté de sciences sociales et économiques. Cette nouvelle formation, dirigée par le sociologue des religions, Olivier Bobineau, s’intitule « Religions, laïcité, interculturalité », et débouchera sur un diplôme universitaire équivalent à bac + 3.
Il n’est évidemment pas question pour la Catho d’enseigner la théologie musulmane, prérogative de la Grande Mosquée et de son institut de théologie « Al-Ghazali », il s’agit de fournir une formation complémentaire de culture générale sur le droit, l’histoire, les institutions, la place des religions dans la vie publique, etc. En tout, douze « modules », à raison de 400 heures sur six mois (quatre soirs par semaine de 19 h à 21 h, y compris le samedi).
« Partager les mêmes codes »
Le but, explique le recteur Pierre Cahné, est de « transmettre des valeurs, des règles, des codes qui régissent la société française ». La fonction d’un imam (qui conduit la prière et prononce le prêche) ne peut pas être tout à fait la même en France et dans un pays musulman. D’où la nécessité de « partager les mêmes codes culturels et notamment linguistiques », comme le souligne Jean-Philippe Moinet, ancien secrétaire général du Haut Conseil à l’intégration et conseiller du ministre de l’Immigration, Brice Hortefeux.
Depuis des années, le Bureau des cultes au ministère de l’Intérieur, que dirige Didier Leschi, a demandé à des universités de bien vouloir organiser une formation spécifique à la laïcité, en vain. Ce projet, aux yeux d’universitaires particulièrement frileux, constituait, selon eux, « une entorse… à la laïcité ».
« Quelle chance pour nous, musulmans, d’être accueillis à l’Institut catholique ! », s’est réjoui Djelloul Seddiki, directeur de l’Institut de théologie de la Grande Mosquée de Paris, pour lequel « il y a urgence à former nos imams à la française ». « 90 % des fidèles musulmans sont francophones, alors que la plupart des imams sont arabophones. »
Qui sont ces nouveaux étudiants ? Des cadres associatifs et des travailleurs salariés, originaires de Turquie, d’Irak, des Comores, du Maghreb, mais résidant en France depuis des années. Moyenne d’âge : 40 ans. Le financement est assuré à 60 % par l’État, à 40 % par la faculté et la Grande Mosquée. Une évaluation de cette expérience sera faite dès cet été.
La formation théologique des imams reste une priorité
La Croix (France), 31 janvier 2008
Vingt-cinq étudiants musulmans, ayant vocation à devenir imams ou aumôniers, suivent depuis mardi le cursus « Religions, laïcité, interculturalité » proposé par l’Institut catholique de Paris. Leur formation théologique, elle, est assurée dans d’autres instituts en France ou à l’étranger.
En quoi consiste la formation dispensée à l’Institut catholique de Paris ?
Cette formation, intitulée « Religions, laïcité, interculturalité », est proposée par le Centre de recherche sur la paix de la Faculté des sciences sociales et économiques (Fasse) de l’Institut catholique de Paris et sanctionnée par un diplôme de niveau bac + 3. Elle concerne quatre domaines : culture générale (histoire des valeurs républicaines, institutions, rhétorique), juridique (droit français, droits de l’homme, droit français des religions, économie et gestion du culte), religieux (religions, laïcité et sécularisations, ouverture aux mondes religieux, pratiques musulmanes, religion et philosophie), interculturel (pratiques de l’interculturalité, politiques publiques d’intégration, médiations culturelles). Soit 210 heures de cours, répartis de janvier à juin, conclus par la rédaction d’un mémoire. Elle s’adresse aux cadres cultuels, mais a vocation à s’ouvrir aux cadres associatifs, travailleurs sociaux, éducateurs et enseignants confrontés aux questions interculturelles et religieuses. Pour les futurs cadres religieux musulmans, cette formation vient en complément d’une formation théologique dispensée par différents instituts musulmans en France ou à l’étranger. Elle est en phase avec le rôle particulier, social et civil, que les imams sont amenés à endosser en France et qui dépasse le strict domaine religieux et cultuel.
Comment sont formés les cadres de l’islam en France ?
Au début des années 1990, les organisations musulmanes hexagonales ont pris conscience de la nécessité de former des cadres religieux et associatifs. Jusque-là, elles s’accommodaient d’imams venus des pays d’origine, de la présence d’imams âgés bénévoles ayant une formation religieuse minimum, ou d’autodidactes sollicités pour diriger la prière. Deux instituts privés ont alors vu le jour : l’Institut européen des sciences humaines, à Saint-Léger-de-Fougeret (Nièvre), rattaché à l’UOIF (l’Union des organisations islamiques de France) et qui a ouvert une antenne en Seine-Saint-Denis, et l’Institut supérieur de théologie de la Grande Mosquée de Paris. Ces instituts ont une vocation plus théorique que pratique à former des imams susceptibles d’encadrer religieusement les musulmans de France. Seule une minorité de leurs étudiants souhaitent en effet jouer un rôle d’encadrement. Les rares qui envisagent de s’y investir durablement n’ont aucune assurance de trouver un emploi rémunéré correspondant à leurs compétences, les associations (exception faite des associations turques qui salarient toutes leur personnel religieux) n’ayant la plupart du temps pas les moyens de rémunérer leur personnel cultuel et de lui assurer une protection sociale.
Des questions se posent sur l’enseignement dispensé par ces instituts, qui ont tendance à survaloriser la dimension normative de l’islam au détriment de l’aspect théologique, spirituel et philosophique. D’autres initiatives ont été prises pour donner aux musulmans une formation permettant de prendre en charge la direction religieuse d’une communauté ou d’approfondir les connaissances théologiques, juridiques et sociologiques. Depuis de nombreuses années, les gouvernements souhaitent aussi mettre en place un cursus universitaire public de théologie musulmane : le but est de rompre avec la logique d’« importation » des imams et de former un personnel cultuel adapté à la société française.
Comment compléter la formation des imams venus de l’étranger ?
Plus de 80 % des 2 000 imams (selon un spécialiste du ministère de l’intérieur) officiant en France sont issus de pays étrangers. Certains sont diplômés d’universités égyptienne (Al-Azhar), tunisienne (Zeytouna), marocaine (Qarawyine), ou des départements de théologie des universités d’Ankara et Istamboul. Ils maîtrisent mal les règles juridiques, cultuelles et politiques françaises, et ne parlent souvent pas français. Des associations musulmanes les incitent à suivre des cours à l’université française ou proposent des formations ponctuelles. Mais il reste beaucoup à faire. La formation proposée par l’Institut catholique de Paris est un élément de réponse.
salem alikom, bonjour,
je vous écris ce message car mon mari souhaiterais passé une formation des imams , il vient d’algérie et il a le niveau bac, il a déja travaillé en tant que imam remplaçant, mais il souhaiterait en faire son métier, comment doit il faire , au niveau des inscriptionsetc …