La Turquie sous les projecteurs novembre 2, 2008
Posted by acturca in Asie Centrale, Caucase, Economie, Moyen Orient, Russie, Turquie.Tags: Forum économique mondial pour l'Europe et l'Asie centr
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Guysen International News (Israël), Dimanche 2 novembre 2008
Par Maximilian Archanbald
Le Premier Forum économique mondial pour l’Europe et l’Asie centrale s’est tenu du 30 octobre au 1er novembre dernier à Istanbul. Ce forum, présenté comme un « mini-Davos », devait, outre les questions économiques, mettre en avant le rôle de l’Asie centrale dans le monde et la position de la Turquie comme passerelle entre l’Europe, l’Asie et le Moyen-Orient. Une nouvelle occasion pour Ankara de se placer comme un acteur de premier plan sur la scène internationale.
Événement inédit dans la région, le forum a réuni les représentants des milieux d’affaires régionaux et internationaux, des hommes politiques, des personnalités culturelles, des ecclésiastiques d’Europe, de Russie, de Turquie, d’Asie Centrale et du Proche-Orient.
De gros bonnets de l’industrie, de la finance, de multinationales et de la gouvernance se sont également retrouvés sur cette plateforme pour discuter de la crise financière. Les participants ont réfléchi à la façon d’aborder le ralentissement économique mondial et aux opportunités commerciales qui pourraient naître de la crise.
Opportunités d’affaires dans la région et définition des stratégies pour contrer la compétitivité des économies asiatiques dans le contexte actuel, challenges à l’échelle régionale, questions géopolitiques de sécurité régionale, incertitudes et conflits d’intérêts, de nombreux et importants domaines ont été abordés.
Cependant, si l’économie était au cœur du forum, celui-ci a été l’occasion d’aborder bien d’autres sujets. La question énergétique, par exemple, a dominé les débats lors de la seconde journée de la réunion régionale du Forum.
Autre point marquant à l’ordre du jour : le dialogue interculturel et interreligieux dont le développement est considéré comme une condition préalable à la prospérité, à la stabilité et à la sécurité entre les nations.
Ce Forum redéfinissait donc d’une certaine manière les rapports entre l’Orient et l’Occident, considérablement affaibli par la crise. Sentant le vent tourner, les représentants iraniens n’ont pas manqué de saisir l’aubaine, répétant que l’hégémonie américaine sur la région était terminée.
Le régime des mollahs plaidant pour une coopération régionale et la création de nouveaux centres de pouvoir.
Outre ces réclamations relativement prévisibles, l’Iran en la personne de son chef de la diplomatie, Manoutchehr Mottaki, a également tenu à évoquer les « politiques sécessionnistes du régime israélien au Caucase ».
« Malheureusement, nous sommes témoins des démarches sournoises du régime sioniste au Caucase, au Liban et en Palestine visant à attiser les divergences et à affecter les intérêts de ces pays et leur intégrité territoriale » a-t-il indiqué à avec son homologue turc, Ali Babacan, selon des propos rapportés par l’Agence presse de la République Islamique.
Des déclarations sans aucun rapport avec la raison d’être du Forum. Celle notamment de réaffirmer la présence turque sur la scène internationale. Le régime kémaliste entend non seulement s’imposer comme une puissance régionale, mais aussi comme un maillon important du système de sécurité international.
Et cela se traduit notamment par un resserrement des liens avec Moscou. Pour rappel, la Turquie est l’unique pays de l’OTAN limitrophe de deux points chauds d’envergure planétaire: l’Irak et la Géorgie. Récemment, Ankara a proposé de conclure un pacte de paix dans le Caucase. Au moment de la guerre russo-géorgienne de cet été, la Turquie s’était bien gardée de se ranger du côté de Tbilissi. La Turquie préférant jouer sur tous les tableaux, d’autant plus que ses intérêts à long terme dans le Caucase coïncident avec ceux de la Russie.
Une attitude qui ne fait pas l’unanimité en Europe et outre-Atlantique.
Le rapprochement entre la Russie et la Turquie peut se quantifier. La Russie occupe désormais la deuxième place dans le chiffre d’affaires des échanges commerciaux turcs. Les investissements turcs dans l’économie russe ont quant à eux représenté environ 3,9 milliards de dollars en 2007.
Ce rapprochement, malgré les inimitiés historiques entre Russes et Turcs/Ottomans, illustre un pragmatisme et une realpolitik d’un genre nouveau. Auparavant la Turquie optait pour des unions tactiques sur la base d’intérêts ponctuels. Une attitude désormais dépassée.
A un moment où la Russie et la Turquie éprouvent simultanément la volonté de réaffirmer leur puissance sur la scène internationale, usant de tous les moyens à disposition : économie, énergie, armement, diplomatie, il semblerait en effet l’on s’oriente davantage vers un partenariat stratégique de long-terme. Affaire à suivre…
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