Trois questions à Joost Lagendijk sur la Turquie novembre 5, 2008
Posted by Acturca in Turquie-UE, UE.Tags: adhésion, élargissement, Joost Lagendijk, Parlement européen, UE
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Europolitique
5 novembre 2008
Joost Lagendijk (Verts, Pays-Bas) est président de la délégation du Parlement européen à la commission parlementaire mixte UE-Turquie .
Les négociations d’adhésion avec la Turquie suivent un rythme très lent. Qui en est responsable ?
Il existe souvent une certaine confusion quant à la teneur des négociations d’adhésion. D’une part, il s’agit de négociations techniques sur l’acquis communautaire. En l’occurrence, quatre chapitres par an ont été ouverts au cours des dernières années. Si ce rythme se poursuit, le processus d’adhésion pourrait être finalisé après neuf ans, ce qui n’est pas très lent si vous considérez le cas d’autres pays, comme le Royaume-Uni. Le problème est que l’autre versant des négociations d’adhésion, les questions politiques dont la liberté d’expression et le problème kurde, qui intéressent beaucoup de monde, progresse peu.
Comment l’expliquer ?
D’une part, depuis 2005 après l’échec du traité constitutionnel, l’UE vit une crise interne qui affecte l’élargissement. D’aucuns pensent que l’UE doit d’abord balayer devant sa porte avant de poursuivre son élargissement. De plus, il existe une forte résistance contre l’adhésion de la Turquie, notamment en France et en Allemagne. Cela donne l’impression en Turquie, que l’UE n’est plus intéressée par son adhésion. D’autre part, depuis 2005, il existe une résistance croissante en Turquie contre l’adhésion, tant au sein de l’opinion publique que des milieux politiques. Depuis 2005, le gouvernement turc est moins enclin à faire avancer les réformes qu’en 2003 par exemple. La Turquie tarde à s’attaquer courageusement aux questions les plus controversées, comme la liberté d’expression ou le problème kurde. En bref, il existe des hésitations de part et d’autre – chacun renvoie la balle à l’autre.
Quelles sont les réformes que la Turquie doit entreprendre pour sortir du cercle vicieux ?
Quatre questions restent en souffrance. En premier, la liberté d’expression. Bien que l’article 301 du code pénal turc ait été amendé au début de l’année, de nouvelles actions ont été intentées récemment au titre de l’article amendé contre des personnes exprimant pacifiquement leurs opinions. De plus, d’autres articles du code pénal sont utilisés pour poursuivre des journalistes et des écrivains; ces articles n’ont pas été amendés. La deuxième question concerne la position gouvernementale quant à la liberté des minorités religieuses – la législation doit être amendée pour améliorer la situation de ces minorités. La troisième question porte sur le problème kurde. Des progrès ont été réalisés en politique sociale, mais aucune amélioration n’a été notée quant à la question linguistique. Enfin, le rôle de l’armée est trop important en Turquie, au regard des normes européennes. Cette situation doit changer.

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