jump to navigation

La presse turque sous le charme avril 9, 2009

Posted by Acturca in Etats-Unis, Turquie.
Tags: ,
trackback

Le Temps (Suisse), 9 avril 2009

Delphine Nerbollier

Les journaux toutes tendances confondues saluent le ton et les mots de Barack Obama Le charme de Barack Obama a agi. Au lendemain de sa visite de deux jours en Turquie, la majeure partie de la presse était séduite par un président qui a su dispenser un message à chacun.

«Il a réalisé un pas historique dans les relations avec le monde musulman» écrit le journal conservateur Zaman. «En disant que les Etats-Unis ne sont pas en guerre contre l’islam et ne le seront jamais, il a donné des garanties». Pour le chroniqueur Abdülhamit Bilici, cette visite est «historique» du fait du «timing, du rodage des détails, des messages donnés et du ton employé». Le quotidien se félicite aussi du «partenariat modèle» que souhaite créer Washington avec la Turquie, loin du traditionnel «partenariat stratégique».

Même sentiment de satisfaction pour Ilhan Selcuk qui loue la leçon de kémalisme donnée par Obama à des dirigeants turcs que son journal, Cumhuriyet, accuse d’être anti laïcs. «Ni notre nouveau président Abdullah Gül ni notre premier ministre RTE (Recep Tayyip Erdogan) n’ont entendu de choses aussi élogieuses et vraies sur Atatürk.» «Le président Obama n’est pas venu en Turquie pour rien. Il a donné une leçon aux nôtres.»

L’appel au changement lancé par Barack Obama a lui aussi trouvé un écho favorable. «Nous devons tous changer», titrait lundi l’influent journal Hürriyet tandis que dans Vatan, quotidien de gauche libéral, Oktay Gönensin note le ton «franc» d’un président qui n’a pas hésité à parler de «démocratie laïque», «de minorité kurde», «de liberté d’expression» et de la question arménienne.

Sur ce dossier, et sur l’appel d’Obama à ce que la Turquie regarde son passé et normalise ses relations avec Erevan, les interprétations diffèrent. «De notre point de vue, c’est une réussite. Il a promis à la Turquie de ne pas prononcer le mot génocide» interprète Oktay Eksi dans Hürriyet. Le journal Taraf, critique envers l’armée et le nationalisme, rappelle de son côté le mécontentement du leader d’extrême droite Devlet Bahceli, qui a trouvé «inacceptable» le «manque de respect» du président. Le quotidien nationaliste Türkiye avait tout de même été satisfait par l’absence de soutien du président américain envers un Etat kurde.

 «Tout le monde a applaudi dans l’assemblée quand il a dit «nous devons tous changer», note Yalcin Dogan dans Hürriyet, «mais est-ce que le DTP (parti pro-kurde) regardera désormais le PKK comme une organisation terroriste? Est-ce que le MHP (nationalistes) digérera le processus de paix avec l’Arménie ?»

Hikmet Cetinkaya, lui, dans le journal kémaliste Cumhuriyet, n’en peut plus des louanges. «Obama n’est pas venu pour allumer la flamme de la paix mais pour protéger les intérêts de son pays» à avoir «s’assurer de l’envoi de davantage de soldats turcs en Afghanistan […] et de l’ouverture de la frontière avec l’Arménie.»

Cengiz Candar, chroniqueur du journal économique Referans, est lui sous le charme. «Avant de mettre les pieds en Turquie, Obama jouissait de 52% de popularité auprès de la population turque. Je ne serais pas étonné qu’elle grimpe à 65-70%.».

Commentaires»

No comments yet — be the first.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s