La Turquie et l’Europe mai 13, 2009
Posted by Acturca in Turquie-UE.Tags: ADR, Fernand Kartheiser, Luxembourg
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Le Quotidien (Luxembourg) 13 mai 2009
Entretien avec notre journaliste Jean Rhein
«Nous avons besoin d’une Europe capable de manœuvrer.»
En préambule, dites-nous si vous avez une obligation de réserve ?
Fernand Kartheiser : Cela dépend dans quelle qualité vous m’interrogez. Si je devais prendre position en tant que fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères, je ne pourrais prendre aucune position sans disposer d’une autorisation préalable de mes supérieurs et je ne pourrais m’étendre que sur les questions qui tombent dans mon domaine de compétence. Par contre, en tant que candidat de l’adr aux élections législatives et européennes je peux défendre le point de vue de mon parti.
Pensez-vous que la Turquie pourra rejoindre l’Union européenne, un jour?
Il y a des controverses et des positions critiques sur ce sujet en Europe. J’ai lu ce matin dans le Tageblatt que le Parti socialiste autrichien (SPÖ) s’est prononcé contre les négociations d’adhésion avec la Turquie. Au Grand-Duché, jusqu’à présent, l’adr est le seul parti qui a déclaré son opposition à l’adhésion de la Turquie comme membre à part entière de l’Union européenne. Dans notre programme électoral, nous soutenons qu’il y a des raisons politiques, institutionnelles, culturelles et géographiques et que la Turquie perturberait les structures de l’UE. Il convient en effet d’analyser les arguments qui plaident en faveur d’une adhésion, d’évaluer les conséquences pour l’Europe et le Luxembourg d’une pareille adhésion respectivement d’une non-adhésion de la Turquie? Et quelles seraient les alternatives? La promesse d’adhésion turque a été faite en 1963. Les questions délicates qui se posent depuis les années 1990 à propos du dialogue (ou du «choc») des cultures et suite aux élargissements successifs de l’Union sont notamment celles des valeurs commune de l’Europe et de ses frontières géographiques.
La Turquie doit trouver son propre chemin tandis que l’Europe ne doit pas se comporter de façon hautaine à son égard. Notre attitude négative quant à l’adhésion tient compte des aspects économiques, stratégiques, sans négliger les relations entre la Turquie et ses voisins, ainsi que la situation des Droits de l’Homme.
Les intérêts de la politique étrangère européenne et luxembourgeoise s’étendent-ils au Proche-Orient et jusqu’en Syrie ?
Oui. Il y a une obligation de dialoguer avec tout le monde et de défendre partout les intérêts européens. La politique étrangère luxembourgeoise doit suivre des préceptes clairs et identifiables.

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