La Turquie accueille le FMI mais refuse son aide octobre 3, 2009
Posted by Acturca in Economie, Istanbul, Turquie.Tags: Dominique Strauss-Kahn, FMI, Fonds monétaire international, Istanbul, Mustafa Koç, Resist’anbul, Selçuk Ozbek, Turquie
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Le Temps (Suisse), 3 octobre 2009
Ram Etwareea
Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale tiennent leur réunion annuelle la semaine prochaine à Istanbul. L’Etat turc rejette les conditions d’un nouveau prêt
Pourquoi Selçuk Ozbek, jeune journaliste, certes de gauche, a-t-il lancé une chaussure jeudi en direction de Dominique Strauss-Kahn? L’incident s’est produit jeudi alors que le directeur du Fonds monétaire international (FMI) concluait une discussion avec des étudiants réunis dans un amphithéâtre de l’Université de Bilgi à Istanbul. A la fin, Dominique Strauss-Kahn a quitté la salle sous des cris «FMI, va-t’en de Turquie».
Selon la presse turque, quelque 10000 policiers et 1600 vigiles ont été mobilisés pour sécuriser l’Assemblée générale annuelle du FMI et de la Banque mondiale qui a lieu les 6 et 7 octobre à Istanbul. Face à eux, plusieurs manifestations sont prévues à l’appel d’étudiants, de syndicats et du mouvement altermondialiste Resist’anbul. Jeudi, 17 militants anti-FMI ont été arrêtés. Autant dire que cette institution a toujours mauvaise presse. C’est ce qui en effet explique l’acte désespéré de Selçuk Ozbek, arrêté, puis libéré jeudi soir.
Le FMI est un sujet qui soulève des passions en Turquie. Depuis plus d’une année, le pays est en discussion avec l’institution financière pour un prêt dont le montant pourrait s’élever à 60 milliards de dollars. Comme le reste du monde, l’économie turque a subi la crise financière de plein fouet, d’où le besoin de nouvelles liquidités. Les négociations n’ont cependant pas abouti. Vendredi, le directeur du FMI a confirmé que les discussions avaient été suspendues. «Nous ne concluons pas d’accord avec un pays quand il ne le veut pas», a déclaré Dominique Strauss-Kahn à Istanbul. Les négociations ont buté sur les conditionnalités liées au prêt.
Le pays a été pourtant l’un des plus gros clients du FMI. En 2005, il avait obtenu un prêt sur trois ans de 43 milliards de dollars. Cette manne avait été utilisée pour renflouer des banques, alors en cessation de paiement. Mais la population garde le souvenir d’un régime d’austérité particulièrement strict imposé par le FMI, touchant sévèrement les services publics, la santé et l’éducation.
Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan n’ignore pas l’impopularité de l’institution. Politiquement, il lui serait difficile d’avoir recours aux prêts du FMI et de demander à la population de se serrer la ceinture une nouvelle fois. Il veut aussi démontrer que son gouvernement a su diriger l’économie, la 17e mondiale, dans un climat de crise et sans aide extérieure. Il n’empêche que le produit intérieur brut a baissé comme les exportations. Le chômage chez les moins de 24 ans a augmenté de 29% au début de l’année, contre 22% l’an dernier. Le déficit budgétaire s’accumule et le pays doit encore 8 milliards de dollars au FMI.
Pour la Turquie, se passer du FMI est une aussi une question de fierté nationale qui dépasse l’enjeu économique. Elle déborde sur le champ géopolitique où Istanbul se profile comme une puissance régionale.
La ligne dure vis-à-vis du «pompier» ne fait toutefois pas l’unanimité. Pour Mustafa Koc, président de l’un des plus puissants conglomérats industriels turcs, le pays s’en sortirait mieux avec l’assistance du FMI. Selon lui, la présence de celui-ci serait un gage utile pour attirer les investisseurs étrangers.

Salut c’est pour avoir plus d’éclaircissement par rapport aux raisons pour lesquelles les pays du Sud refusent l’aide du FMI
oui