Magnifique aventure turque des lycéens de Denis-Papin juin 22, 2011
Posted by Acturca in Economie, France, Immigration, Istanbul, Turquie.Tags: Bursa, Emre Kadioglu, formation professionnelle, France, Istanbul, lycée Denis-Papin, Necdet Karatas, Oyak-Renault, Renault, Romorantin, Turquie
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La Nouvelle République du Centre-Ouest (France) mercredi 22 juin 2011, p. 23
Alain Vildart, Romorantin (Loir et Cher)
Passer un mois immergé dans une usine Renault pour la formation professionnelle et dans la culture turque, laisse des étoiles dans les yeux de 15 lycéens.
Byzance, Constantinople et aujourd’hui Istanbul, c’est la même ville ! Autant dire que parcourir cette merveille millénaire, sans parler du Bosphore, des paysages et de l’hospitalité généreuse des habitants, c’est un souvenir très privilégié qui sourit à la mémoire des participants à ce stage vraiment pas comme les autres.
Cela valait bien une « rétrospective » au lycée Denis-Papin.«Marier le professionnel au culturel, voici une véritable formation », résume la proviseure Isabelle Renou, tout en saluant la présence exceptionnelle du vice-consul de Turquie – « qui nous a tout facilité pour l’obtention des visas » – et l’accueil du lycée technique de la ville de Bursa (avec qui un protocole de partenariat est en réflexion). «Cette aventure assez extraordinaire est née en juin 2010 dans l’esprit de deux professeurs, Anne-Marie Lannegrand et Norredine Mekki. Tous deux étaient du voyage, qu’il a fallu naturellement longtemps préparer. Catherine Doignon, une responsable de Renault, a été convaincue, et a permis que nos " stagiaires " s’immergent dans l’usine Oyak-Renault en Turquie (7.000 personnes), et bénéficient de l’aide immédiate de tuteurs très accueillants. De quoi développer la tolérance et faire tomber les idées reçues. »
Feux d’artifice
Norredine Mekki insiste sur l’état d’esprit qui, à tous les niveaux, a présidé à l’entreprise. «Le maire Jeanny Lorgeoux avait invité les élèves à devenir les représentants de la France. Ils se sont parfaitement comportés en tous lieux. » Quant à l’inspectrice d’académie, Agnès Picot-Grandjean, elle augure que cette expérience inoubliable sera pour les lycéens un atout supplémentaire pour leur réussite tant personnelle que professionnelle, à l’heure où la mobilité et la connaissance d’autres modes de travailler se révèlent des atouts majeurs. Les lycéens eux-mêmes traduisent l’impression que leur a laissée ce voyage. Ainsi, Kevin a été bluffé par la rapidité et la précision du personnel. «Nous avons également appris quelques mots de turc, et nous sommes rendus compte que notre anglais n’était finalement pas si mauvais ! » De diverses considérations techniques émergent également la qualité de l’accueil des tuteurs, et leur patience : «Ils nous ont invités à manger chez eux, et on a même joué au foot ! »
La satisfaction du vice-consul
«L’amitié franco turque est une longue histoire. D’ailleurs, dès 1921, la France a reconnu notre gouvernement national. » Ainsi, parle le vice-consul de Turquie à Paris, Ihsan Emre Kadioglu, qui, très intéressé par l’expérience romorantinaise, a tout fait pour qu’elle soit un succès. «Pas seulement par l’obtention de visas, mais aussi en préparant des relais sur place. »
C’est pourquoi il n’hésite pas à demander aux élèves le souvenir qu’ils conservent. «Magnifique ! », s’exclame spontanément Caroline. C’est tout juste si quelqu’un trouvera la cuisine très bonne, mais souvent très sucrée. Parmi les 15 lycéens, la présence de trois Franco-Turcs – et même d’une jeune élève ingénieur de Biarritz, elle aussi franco-turque rencontrée sur place – a balayé les barrières de langage.
«L’aspect de l’éclairage culturel est pour nous très important. Nous souhaitons que Français, Hollandais, Anglais, aient de nous une meilleure connaissance, une connaissance plus réelle et plus juste. C’est une chance aussi pour les Turcs. » La naissance de cette incontestable sympathie peut, à terme, s’avérer un point positif pour l’entrée de la Turquie dans l’Europe. «Ce serait heureux. Mais, de toute façon, tandis que de nombreux comités turcs vivent en France, l’important est que les gens, d’où qu’ils viennent, nous connaissent de manière plus authentique. »
Un avis partagé par Necdet Karatas, président de l’association franco-turque de Romorantin. «Une première ébauche de cette initiative avait été tentée sans succès il y a six ans. Pour notre part, nous avons préparé le terrain, rencontré les parents qui pouvaient s’inquiéter de voir leurs enfants partir un mois en pays étranger. Nous avons aussi beaucoup parlé avec les professeurs. Le maire Jeanny Lorgeoux, comme à chaque fois que cela concerne des projets importants pour des jeunes, nous a bien soutenus. Je suis donc ravi, comme les élèves ! »

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