Les entreprises françaises craignent le boycott janvier 25, 2012
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Le Parisien (France) mercredi 25 janvier 2012, p. 75_T_8
Valérie Hacot
« Boykot Fransa ». Le titre de cette page Facebook turque, qui dresse méthodiquement la liste des produits français à bannir, est on ne peut plus explicite. De quoi donner des sueurs froides aux entrepreneurs français. « En 2006, alors qu’une première loi pénalisant la négation du génocide arménien avait failli être votée, il y avait eu des appels au boycott. Certaines entreprises avaient vu leur volume d’activité baisser de 15 à 20% durant quelques mois », se souvient Raphaël Esposito, directeur de la chambre de commerce française en Turquie.
Aujourd’hui, les 400 entreprises françaises implantées dans ce pays – la quasi-totalité des groupes du CAC40, mais aussi des PME – retiennent leur souffle. Pour l’heure, Ankara n’a pas encore annoncé de sanctions, officiellement. Mais l’enjeu est important. Hors Union européenne, la Turquie est en effet le troisième marché à l’exportation pour l’industrie tricolore. Conscient du danger, le Medef a annoncé hier qu’il allait « très prochainement réunir les entreprises concernées ».
Pour l’heure, les répercussions restent limitées
Sur place, l’impact commence à peine à se faire sentir. « Les Français vont surtout être pénalisés sur les marchés publics. Ils pourraient notamment être écartés de la privatisation des autoroutes alors qu’ils étaient les mieux placés », anticipe Ilker Onur, d’Advantis Consulting, un groupe spécialisé dans l’accompagnement à l’implantation en Turquie.
La chambre de commerce française d’Istanbul a aussi été alertée sur le cas de quatre sociétés contraintes de rompre leurs négociations avec des entreprises turques. Mais pour l’heure, les répercussions restent limitées. « Nous n’avons pas constaté d’impact, mais nous restons très attentifs », explique-t-on chez Renault. Implanté depuis quarante-deux ans en Turquie – son cinquième marché mondial -, le constructeur emploie plus de 12000 personnes dans le pays. Un enracinement qui devrait, Renault l’espère, le préserver de toutes représailles.
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