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L’économie turque est fragilisée par l’année noire que vit le tourisme 3 septembre 2006

Posted by Acturca in Economy / Economie, Turkey / Turquie.
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Le Monde (France), 02.09.06

Guillaume Perrier avec Frédéric Lemaître

Epidémies, attentats, voyagistes peu fiables… L’industrie touristique turque n’aura pas été épargnée, et 2006 pourrait même devenir une année noire si la tendance ne s’inverse pas. « Nous avons tendance, aujourd’hui, à faire le dos rond », admet Serpil Varol, directrice du bureau de la culture et de l’information sur la Turquie à Paris.

Le gouvernement a déjà annoncé que l’année touristique serait moins bonne que 2005, alors qu’une augmentation de 20 % était espérée. Après deux années euphoriques, la fréquentation baisse de 6,4 % sur les sept premiers mois. En 2005, 20,5 millions de visiteurs avaient rapporté 14,5 milliards d’euros. En 2006, la Turquie espérait en accueillir 26 millions et en retirer plus de 16 milliards d’euros. « On en sera loin », déplore Mme Varol.

Chambres d’hôtel gratuites

Dès janvier, la Turquie a été frappée par la grippe aviaire, qui a fait quatre morts. Dans la foulée, la crise des caricatures de Mahomet et les manifestations anti-occidentales dans plusieurs pays musulmans ont aggravé le problème. La Turquie, musulmane mais laïque, a subi une désaffection des touristes.

En août, ce fut le retour épique de 400 touristes français ou franco-turcs, bloqués dans des aéroports turcs à la suite d’un litige entre leur agence de voyage Elegance et la compagnie aérienne Atlas Jet. Plus de 3 000 autres sont encore retenus dans le pays. Les compagnies aériennes turques, comme Fly Air ou Onur Air, dont l’image avait déjà été écornée par des incidents, ont également souffert.

Le coup de grâce est survenu avec les attentats, commis lundi 28 août, qui ont frappé les stations balnéaires de Marmaris et Antalya et qui ont fait 3 morts et des dizaines de blessés, dont de nombreux étrangers (Le Monde du 30 août).

Dans les stations côtières, les prix se négocient avec un rabais de 30 % à 50 %. A Marmaris ou Alanya, des hôtels ont proposé des chambres gratuites. « Cet été nous constatons un taux de remplissage de 20 % de moins par rapport à 2005 », constate Alparslan Isik, hôtelier de Bodrum. Les professionnels tentent aussi de séduire les touristes du Moyen-Orient ou les Russes.

Le tourisme national est aussi en plein boom. « La consommation de loisirs est en augmentation et il y a 72 millions d’habitants. En plus, maintenant, on peut payer ses vacances en douze fois sans frais », précise M. Isik. Largement dévolue au tourisme de masse, la Turquie tente aussi de diversifier son offre pour attirer une clientèle étrangère plus ciblée et plus aisée.

Le manque-à-gagner créé par ce repli passager risque tout de même de pénaliser l’économie. Les revenus du tourisme permettent de réduire le déficit des comptes courants, qui, sur les douze derniers mois, est en hausse de 15 %.

Même si l’économie devrait afficher une croissance d’environ 6 % cette année (7,6 % en 2005), l’image de la Turquie à l’étranger pourrait se dégrader. Certes, la situation s’est nettement redressée depuis la crise de 2001, mais il reste des faiblesses. Le pays attire assez peu d’investissements directs étrangers (9,6 milliards de dollars en 2005, soit 7,5 milliards d’euros), et le manque d’investissements publics dans les infrastructures pose problème, comme en témoignent les déficits en électricité.

Selon l’économiste Serhan Cevik, de la banque Morgan Stanley, « l’économie turque est maintenant plus résistante aux chocs exogènes, grâce à des réformes structurelles et à des politiques prudentes. Cela devrait aussi permettre le retour de la désinflation ».

Le taux d’inflation s’est établi à 11,7 % sur les 12 derniers mois et devrait se situer autour des 10 % à la fin de l’année, selon la Banque centrale. Le double du taux initialement prévu. Alors que la Turquie reste le pays le plus aidé par le Fonds monétaire international (FMI), les experts de l’institution, qui ont prévu d’effectuer une nouvelle mission dans le pays en octobre, ne manqueront pas de relever cette situation.

CHIFFRES

Conjoncture

Le taux de croissance du PNB a atteint 9,9 % en 2004, 7,6 % en 2005, et devrait tomber, selon les prévisions, à 6,2 % en 2006. L’inflation, elle, a été de 9,3 % en 2004, 7,7 % en 2005, et devrait s’établir, selon les estimations, entre 9,1 % et 10,5 % en 2006.

Tourisme

Il représente 5,5 % du PNB. En 2004, 16,4 millions de touristes sont venus, générant un chiffre d’affaires de 9,4 milliards d’euros. En 2005, ils étaient 20,5 millions, pour 14,5 milliards d’euros. Les prévisions pour 2006 – 26 millions de personnes et 16 milliards d’euros – ne seront pas atteintes.

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