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Un oléoduc pour contourner le Bosphore 5 septembre 2006

Posted by Acturca in Central Asia / Asie Centrale, Energy / Energie, Russia / Russie, South East Europe / Europe du Sud-Est, USA / Etats-Unis.
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La Tribune (France),

mardi 5 septembre 2006, p. TR09

Moscou vient d’opter pour la construction d’un oléoduc permettant au pétrole russe d’éviter le goulet d’étranglement du Bosphore des Dardanelles.

Le président russe, Vladimir Poutine, était en Grèce hier pour entériner un projet d’oléoduc permettant au pétrole russe de contourner à partir de 2009 le Bosphore pour plonger directement dans la Méditerranée.

Démarrant du terminal de Bourgas, sur la cote bulgare de la mer Noire, l’oléoduc suit un tracé de 285 km jusqu’au terminal grec d’Alexandropolis, sur la Méditerranée. Les intérêts russes – que le Kremlin souhaiterait voir portés à 51 % du projet – sont représentés par les pétroliers TNK-BP, Rosneft et GazpromNeft. Moscou a cruellement besoin d’assurer le débouché de son pétrole devant les régulations de plus en plus draconiennes imposées par Ankara pour désengorger le Bosphore. 33 % des exportations de pétrole russe passent par le détroit. Le monopole d’État russe des oléoducs Transneft poussait depuis plusieurs années un projet d’oléoduc concurrent et plus court passant sur le territoire turc. Mais, visiblement sous l’influence de son allié américain et de ses pétroliers, plus intéressés par l’axe Bakou-Tbilissi-Ceylan (BTC) évitant la Russie, Ankara a laissé mourir le projet.

Alliés plus orthodoxes. De son côté, échaudée par le BTC et les ultimatums turcs sur le trafic des tankers russes, Moscou est tout récemment revenue vers ses alliés traditionnel (orthodoxes…) bulgares et grecs. Et surtout, après l’expérience de la crise gazière avec l’Ukraine, Moscou ne tient plus à ce que le transit de son énergie dépende trop d’un pays, surtout s’il est un allié traditionnel des États-Unis. Au grand dam de Moscou, Washington redouble en effet d’efforts pour que les vastes ressources pétrolières provenant du bassin de la Caspienne transitent par la Turquie et non par la Russie.

Si le futur oléoduc Bourgas-Alexandropolis se justifie d’un point de vue géostratégique, il reste des doutes sur la faisabilité économique du projet à 900 millions de dollars, alors que les volumes de brut requis pour remplir la capacité de 35 millions de tonnes de brut sont pour l’instant insuffisants. Dans cette optique, l’américain Chevron est appelé à la rescousse. Mais ce dernier, très investi dans le BTC, fait la fine bouche et réclame en échange de sa participation l’autorisation de doubler la capacité de son oléoduc Caspienne-mer Noire (CPC) qui transporte du brut kazakh à travers le sud de la Russie jusqu’au terminal de Novorossiisk. Ce à quoi s’oppose Transneft…

L’oléoduc Bulgarie-Grèce, un enjeu pour les Russes face aux Américains 

Agence France Presse

4 septembre 2006 lundi, Moscou

Le projet d’oléoduc Bourgas-Alexandroupolis (Bulgarie-Grèce), évoqué lundi à Athènes par le président russe Vladimir Poutine, s’inscrit dans un vaste jeu géopolitique entre Russes et Américains pour le contrôle des routes du pétrole de la mer Caspienne.

Avec ce projet, la Russie veut conserver le contrôle de l’acheminement d’une partie du brut de la Caspienne (Kazakhstan, Azerbaïdjan), alors que le nouvel oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC), soutenu par Washington et qui contourne le territoire russe, vient d’être inauguré en juillet. Les Chinois, avides d’hydrocarbures pour faire face à leur croissance effrénée, rivalisent aussi avec les Occidentaux pour l’accès aux ressources pétrolières et gazières de la région. Voici les principaux oléoducs ou projets d’oléoducs depuis les vastes réserves en hydrocarbures de l’ex-URSS (Russie, Azerbaïdjan et Asie centrale) vers l’Europe et l’Asie :

– OLEODUC BOURGAS-ALEXANDROUPOLIS Cet oléoduc, long de 280 km, doit relier le port de Bourgas, sur la mer Noire, à celui ‘Alexandroupolis, sur la mer Egée, afin d’acheminer le pétrole de la Caspienne vers l’Europe de l’Ouest en contournant les détroits turcs saturés.D’un coût total estimé à 900 millions d’euros, l’ouvrage pourra transporter jusqu’à 35 millions de tonnes de pétrole par an. La compagnie américaine Chevron, le groupe russo-britannique TNK-BP, les compagnies russes Rosneft et Sibneft, les bulgares Bulgargaz et Terminal Universel Bourgas, ainsi que les grecques Hellenic Petroleum, Promitheas Gas et Petrola devraient figurer les parmi les partenaires du projet.

– OLEODUC BAKOU-TBILISSI-CEYHAN (BTC) Il relie l’Azerbaïdjan au grand terminal turc de Ceyhan, sur la Méditerranée, en passant par la capitale de la Géorgie. Le Kazakhstan a aussi décidé de raccorder son réseau au BTC. Le BTC, qui s’étend sur 1.774 km, est conçu pour transporter 50 millions de tonnes de pétrole par an ce qui devra représenter 6% à 7% du pétrole mondial.BP est l’opérateur de ce chantier de 4 milliards de dollars, dans lequel il détient la part la plus importante (30%), devant la compagnie azerbaïdjanaise Socar (25%), l’américain Unocal (8,9%), le norvégien Statoil (8,7%), le turc TPAO (6,5%), l’italien Eni (5%) et le français Total (5%).

– OLEODUC DE LA CASPIENNE CTC Créé en 2001, l’oléoduc CTC relie le gisement de Tenguiz, au Kazakhstan, au port russe de Novorossiïsk, sur la mer Noire. Il est contrôlé par un consortium comprenant plusieurs sociétés américaines.

– OLEODUC SIBERIE-PACIFIQUE Le projet d’oléoduc, qui doit permettre de transporter le pétrole sibérien tant vers la Chine que vers le Japon et les pays d’Asie du Sud-Est, s’étirera sur quelque 4.000 km.

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