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L’envoi de soldats au Liban divise la Turquie 11 septembre 2006

Posted by Acturca in Middle East / Moyen Orient, Turkey / Turquie.
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Ouest-France (France), jeudi 7 septembre 2006, p. 2

Burçin Gerçek, Istanbul (de notre correspondante)

La population est très hostile à ce retour dans l’ancienne province ottomane. Le gouvernement met en avant l’intérêt supérieur du pays.

« Les soldats turcs de retour 88 ans après au Liban. » Si le quotidien populaire Hürriyet accueille ainsi, avec enthousiasme, la décision du Parlement d’Ankara (340 pour, 192 contre) d’envoyer jusqu’à un millier de Casques bleus turcs à la Finul, la population y demeure largement hostile.

Alors que les députés votaient le texte, mardi soir, des milliers de personnes ont manifesté dans la capitale contre l’envoi d’un contingent turc au Liban. « Nous ne deviendrons pas les soldats d’Israël » était le slogan qui dominait les manifestations. 77 % des Turcs seraient contre, selon les sondages.

Pourquoi une telle opposition alors que la Turquie n’envoie que des troupes de marine au Liban et participe déjà à des missions en Afghanistan ? L’offensive israélienne au Liban a coupé l’opinion publique en deux. Dans les milieux de sensibilité islamique et à gauche, le bombardement des civils au Liban a provoqué de vives réactions. Cette partie de l’opinion est convaincue que le renforcement de la Finul ne sert que les intérêts d’Israël. La crainte de voir les troupes turques prises entre deux feux dans un Liban qui n’a pas oublié le passé ottoman contribue à l’inquiétude.

« En Irak, pas au Liban ! »

Mais une partie de la population s’y oppose pour de tout autres motifs : les nationalistes ont applaudi à l’offensive israélienne au nom de la lutte contre le terrorisme et ils souhaitent que la Turquie fasse de même : que ses troupes pénètrent en Turquie pour y éradiquer les bases arrière du PKK, la guérilla séparatiste kurde. « Nous devons envoyer des troupes dans le nord de l’Irak, pas au Liban. Occupons-nous d’abord du PKK », lance Osman qui a pris le soin de mettre un drapeau turc à l’entrée de son café. La vague d’attentats de ces dernières semaines a renforcé ce bloc des « faucons ».

Face à une opinion publique aussi hostile, le Premier ministre Tayyip Erdogan a assuré que les soldats turcs ne prendraient pas part au désarmement du Hezbollah. En envoyant des troupes au Liban, Erdogan espère aussi gagner l’estime de ses partenaires européens, alors que la Turquie est épinglée par l’Union pour le ralentissement des réformes et une régression considérable des droits de l’homme.

Mais une autre raison était cachée dans les déclarations du porte-parole du gouvernement. « Nous allons au Liban pour défendre les intérêts de la Turquie », a affirmé Cemil Cicek. Washington s’était vivement opposé, le mois dernier, aux projets de la Turquie d’intervenir dans le Kurdistan irakien. Pour de nombreux observateurs, Ankara espère, en participant à la Finul, obtenir des contreparties des États-Unis.

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