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Sibel Edmonds : une affaire d’État 14 septembre 2006

Posted by Acturca in Art-Culture, Turkey / Turquie, USA / Etats-Unis.
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Le Figaro, no. 19324, mardi 19 septembre 2006, p. 43

Véronique Boulinguez

Canal + « Une femme à abattre » L’histoire vraie d’une femme recrutée par le FBI après le 11 Septembre puis sanctionnée pour sa droiture.

Le Public imaginait peut-être qu’avec Les Enfants perdus de Tranquility Bay (film sur un centre pour jeunes Américains difficiles, récompensé au Fipa), programmé en mai dernier sur France 2, Mathieu Verboud et Jean-Robert Vialley avaient atteint des sommets dans l’originalité de l’écriture. C’était sans compter sur cette nouvelle enquête digne du meilleur polar de John Grisham… À la différence près qu’il s’agit là d’une histoire vraie. Celle de Sibel Edmonds, surnommée « la femme la plus explosive du 11 Septembre », détonateur involontaire d’une nébuleuse affaire politico-judiciaire.

« C’est en travaillant sur le phénomène des « Whistle Blowers », ces employés qui dénoncent les agissements illégaux de leurs patrons et des histoires incroyables (Enron, labos pharmaceutiques…), que nous avons pu entrer en contact avec elle », raconte Mathieu Verboud.

Au lendemain du 11 Septembre, cette Américaine née en Iran et ayant grandi en Turquie, qui parle persan, azeri et turc, est recrutée par le FBI pour traduire des kilomètres d’écoutes téléphoniques. Corruption, drogue, blanchiment d’argent, sociétés écrans, marché noir nucléaire… ce qu’elle va découvrir est stupéfiant. Mais quand des espions infiltrés au sein du département de traduction tentent de l’enrôler, elle décide d’en informer sa hiérarchie. C’est là que sa vie bascule…

Tentative d’intimidation, représailles, Sibel Edmonds est finalement licenciée… Elle se tourne vers le Congrès, puis vers le ministère de la Justice, mais l’Administration Bush choisit de bâillonner ce témoin trop gênant, de « tuer le messager » comme on dit au FBI, en exhumant un texte de loi : le « State Secret’s privilege ». En clair : Le silence ou la prison. Pourquoi ? Pour couvrir qui ?

L’impitoyable microcosme washingtonien

L’affaire aurait pu s’arrêter là. Mais commence alors pour la petite traductrice, porte-drapeau des « whistle blowers », un long combat que les réalisateurs se sont attachés à retracer. Une croisade pour le droit à la vérité. Et pour le public, une plongée haletante dans les arcanes du pouvoir et les coulisses de l’espionnage. « Quand une femme part en guerre, ce n’est jamais innocent, poursuit Mathieu Verboud. Si un whistle blower peut déclencher un séisme, imaginez quand il s’agit du 11 Septembre. On a pensé qu’elle devait détenir un énorme secret. Mais l’objectif était également de montrer comment le monde du renseignement avait géré les attaques terroristes, les pressions politiques et l’incompétence de la bureaucratie. »

Un travail de fins limiers qui nécessitera quatre-vingt-dix jours de tournage et qui a embarqué les réalisateurs durant six mois dans la vie de cette « femme à abattre » : « Elle nous a autorisés à la suivre d’autant plus facilement que la presse ne l’a pas soutenue. Elle utilise l’image comme une stratégie. Mais elle nous a laissé une totale liberté à la condition de ne pas parler de son secret. »

Leur film pointe donc les ratés des enquêtes internes du FBI, les méthodes hasardeuses, volte-face, mensonges de l’impitoyable microcosme washingtonien, à grands renforts de témoignages, discours officiels ou archives filmées. Ainsi se succèdent hauts fonctionnaires, employés fédéraux, agents de renseignements (FBI, CIA, NSA) qui n’ont pas hésité à passer de l’ombre à la lumière : « Ils avaient besoin de parler. Dans le renseignement aussi, il y a des gens honnêtes. Je voulais montrer que le pouvoir politique certes les instrumentalise, mais jamais l’Etat ne les avait autant manipulés », insiste-t-il.

La caméra traque les visages, les expressions, les malaises. Le résultat est à la hauteur de l’ambition. Leurs récits, purs et durs, sont si riches en révélations et le téléspectateur, incrédule, estomaqué ou révolté, aura la sensation de suivre un thriller psychologique qui mêle suspense et réflexion. Tout juste reprochera-t-on quelques longueurs. La complexité de l’affaire sans doute.

Ce documentaire qui n’aurait pu être qu’une enquête de plus sur l’Administration Bush défiée sur le terrain de la sécurité nationale, va bien au-delà.

Mettant en perspective les liens étranges entre les hommes politiques américains, la Turquie, Israël, le Pakistan, diplomates, services secrets, multinationales de l’armement, programme nuc -léaire, ce film donne un éclairage inattendu à l’actualité interna tionale et à la crise au Moyen-Orient.

– Ce soir, 20 h 50.

Illustration(s) :

Dans sa quête de la vérité, Sibel Edmonds nous emmène dans les arcanes du pouvoir et de l’espionnage. Zadig Productions
 

A la fiche. Sibel Edmonds

L’Express, no. 2880, jeudi 14 septembre 2006, p. 84

Lenoir Anne

Qui? Au lendemain du 11 septembre, Sibel Edmonds, une Américaine d’origine turque, est approchée par le FBI pour devenir traductrice dans l’une de ses unités les plus secrètes. Patriote, elle accepte le poste.

Quoi? Rapidement, elle met au jour la présence d’espions à la solde de lobbys turcs au sein même de son service. Elle en informe sa hiérarchie, qui la met sur la touche avant de la congédier. Elle tente d’aviser le Congrès, puis la justice, de ses découvertes. Mais n’obtient pour seule vraie réponse que l’apposition du sceau «Secret défense» sur l’ensemble de son dossier par le ministre de la Justice de l’époque, John Ashcroft.

Pourquoi? Mathieu Verboud et Jean-Robert Viallet révèlent, dans une enquête palpitante, le combat de cette jeune femme contre le FBI d’abord, puis contre les autorités américaines, dont les mensonges se cachent derrière la sacro-sainte sécurité de l’Etat.

Une femme à abattre
Verboud Mathieu, Viallet Jean-Robert

Commentaires»

1. Pierre - 26 octobre 2009

EST-CE MIEUX EN FRANCE?

Il a été établi de source judicaire que FINAMA et GROUPAMA ont rendus des comptes falsifiés depuis 2005, trompant ainsi la confiance des marchés -et des actionnaires (en plus de violer les obligations de ces marchés régulés que sont la banque et l’assurance).

Par une saisie officielle chez la banque FINAMA, GROUPAMA a été pris sur le fait à pirater des logiciels pour une valeur de $200 millions.

La BEFTI (une brigade d’élite spécialisée dans la fraude informatique), chargée de l’enquête, a d’abord menacé la victime de la fraude afin de lui faire retirer sa plainte.

Le Procureur de la République ayant classé le dossier ‘sans suite’, la victime a demandé copie du dossier d’enquête.

Quelle ne fut pas sa surprise de constater que la Police avait procédé à l’échange du constat d’huissier officiel par un constat d’huissier fourni par la partie mise en cause, efectué un mois après la saisie -et dans un établissement différent du lieu de l’infraction.

Ce second constat d’huissier, sans valeur officielle, établissait bien évidemment l’innocence de GROUPAMA.

En vertu du ‘SECRET BANCAIRE’, GROUPAMA y demandait explicitement à la Police de limiter ses investigations à un établissement qui n’était pas celui de l’infraction officiellement constatée.

Après avoir formé un recours devant le Procureur Général de Paris, celui-ci expliquait qu’il n’y avait ‘pas d’infraction constatée’ et que, donc, le classement sans suite était maintenu.

Outre la corruption des services de la Police, le fait que le Procureur Général ait couvert la falsification du dossier d’enquête en dit long sur le désir sincère du gouvernement de mettre un terme aux ‘dysfonctionnements’ (malheureusement récurrents) de la justice en France.

Tous les détails ont été rendus publics (la réponse négative du Procureur Général, le dossier d’enquête de la BEFTI, ainsi que le constat d’huissier non-officiel de GROUPAMA):

Cliquer pour accéder à groupama.pdf

2. copweb - 11 septembre 2007

Les époux Dickerson ont été hébérgés en Belgique par l’OTAN durant +/- 3 ans!

Voici le lien: http://www.11septembre2001.org/Sibel%20Edmonds.htm


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