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Les pressions sécessionnistes s’accroissent au Kurdistan irakien 14 septembre 2006

Posted by Acturca in Middle East / Moyen Orient, Turkey / Turquie.
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l’Humanité (France), jeudi 14 septembre 2006, p. 15

Hassane Zerrouky

Le refus par les partis kurdes de hisser l’emblème national irakien sur les édifices publics du Kurdistan illustre la montée des tensions qui menacent l’unité de l’Irak.

Considérant que l’emblème irakien actuel est un héritage du régime bassiste – il date de 1963 – et que c’est en son nom qu’ont été commis les massacres de civils kurdes, les autorités du Kurdistan irakien ont décidé de ne plus le hisser sur les bâtiments publics. Depuis le 1er septembre, seul l’emblème du Kurdistan se composant de trois bandes horizontales rouge, blanche et verte, avec au centre un soleil rayonnant, flotte désormais sur les édifices publics, y compris à Soulaimaniyah, bastion de Jalal Talabani, l’actuel président irakien. Ce dernier, qui avait pourtant prêté serment en tant que président sur le drapeau irakien, avait néanmoins exprimé le souhait d’un changement d’emblème national.

« Le drapeau irakien actuel doit être hissé sur chaque centimètre de terre irakienne, tant que le Parlement n’aura pas pris de décision à ce sujet, conformément à la Constitution », a répliqué le Premier ministre Nouri Al Maliki. « Nous voulons un nouveau drapeau et un nouvel hymne national, représentant toutes les composantes du peuple irakien, conformément à l’article 12 de la Constitution », a rétorqué Massoud Barzani, le président du Parlement de la région autonome du Kurdistan.

Cette querelle autour de l’emblème national irakien survient alors que se déroule le procès des crimes commis par Saddam Hussein en 1991, notamment le gazage de la population de Halajba, au Kurdistan. Il intervient aussi sur fond de débat au Parlement irakien, opposant les députés sunnites à la majorité chiite sur la question du fédéralisme. Les députés sunnites, y compris les laïques de l’ancien premier ministre Iyad Allaoui, ont menacé à maintes reprises de boycotter les débats parlementaires taxant le projet de loi de Constitution de « projet de partition ».

En attendant, ce débat sur le projet de Constitution et, surtout, le face-à-face entre le gouvernement irakien et les autorités régionales kurdes est attentivement observé par Ankara. Il fait ressurgir en Turquie la hantise d’un État indépendant kurde dans le nord de l’Irak. « Les Irakiens doivent saisir combien il est dangereux pour l’unité du pays de jouer avec l’emblème national », a prévenu sous couvert de l’anonymat un diplomate turc. En outre, Ankara refuse que la région pétrolière de Kirkuk, où vivent plusieurs centaines de milliers de turcophones, soit rattachée au Kurdistan et devienne à terme la riche capitale d’un État indépendant. « Il faut faire très attention à ce qui se passe là-bas », a averti à la fin d’août le général Ilker Basbug, chef d’état-major des forces terrestres turques.

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