jump to navigation

Le premier ministre turc s’engage à réformer les lois liberticides 25 septembre 2006

Posted by Acturca in Turkey / Turquie, Turkey-EU / Turquie-UE.
Tags:
trackback

Le Monde (France), International, samedi 23 septembre 2006, p. 5

Sophie Shihab, Istanbul 

Le procès de la romancière turque Elif Shafak, lavée, jeudi 21 septembre, de tout soupçon d’avoir « insulté la Turquie », a ouvert la voie à un amendement pénal réclamé en vain depuis un an par l’opinion publique libérale en Turquie et l’Union européenne (UE).

Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a pris fait et cause pour la jeune femme, à l’issue d’un procès très médiatisé, et promis de débattre au Parlement du plus fameux des articles « liberticides » du code pénal turc, l’article 301, en vertu duquel Mme Shafak risquait trois ans de prison pour « dénigrement de l’identité nationale ».

Jusque-là, le pouvoir s’opposait à tout réexamen de cet article, au nom de la nécessaire stabilité des lois et de leur adaptation aux normes européennes au moyen de la jurisprudence. De fait, les poursuites ubuesques lancées contre des journalistes et écrivains, tel Orhan Pamuk, ont toutes été abandonnées et nul n’a été emprisonné en vertu de cet article. Récemment, la Cour de cassation a renvoyé une affaire de ce type devant le tribunal, mettant le pouvoir en position d’être à nouveau la risée des médias étrangers et la cible des attaques des adversaires de l’intégration européenne de la Turquie.

C’est donc avec « satisfaction » que le premier ministre a accueilli la décision prise, jeudi, par une cour stambouliote d’acquitter Elif Shafak, pendant que 200 policiers tenaient à l’écart une trentaine de manifestants nationalistes. Interrogé par la presse sur un éventuel abandon de l’article 301, le chef du gouvernement a déclaré : « Nous débattrons de cette question au Parlement. Les lois ne sont pas éternelles. »

M. Erdogan a aussi précisé avoir téléphoné la veille à Elif Shafak pour la féliciter de la naissance de sa fille et lui faire part de son « opinion » au sujet de la procédure qui la visait. Ce faisant, il a pris parti dans le débat qui agitait publiquement son parti à ce sujet. Mais ce sont, paradoxalement pour l’opinion en Europe, les opposants « laïques » au gouvernement « islamiste » de M. Erdogan qui sont les plus ardents défenseurs du statu quo sur l’article 301.

Session extraordinaire

Alors que le gouvernement a convoqué le Parlement en session extraordinaire pour faire adopter une neuvième série de lois d’harmonisation avec l’UE, le principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP, kémaliste), a annoncé son refus d’adopter des lois « pour la simple raison qu’elles sont réclamées par l’Europe », et en particulier de toucher à l’article 301. Lequel n’était pourtant pas inscrit à l’agenda de cette session, mais pourrait désormais l’être. Ce serait l’espoir des partisans de l’entrée de la Turquie en Europe au sein de la Commission de Bruxelles, qui aurait repoussé à cette fin, du 24 octobre au 8 novembre, la publication de son rapport d’étape annuel sur les progrès accomplis par la Turquie.

Commentaires»

No comments yet — be the first.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :