jump to navigation

Disparition. Ahmet Ertegun 24 décembre 2006

Posted by Acturca in Art-Culture, Turkey / Turquie, USA / Etats-Unis.
Tags: , ,
trackback

Le Monde (France),  lundi 18 décembre 2006, p. 27

Sylvain Siclier

Il avait fondé la compagnie phonographique américaine Atlantic Records. Victime d’une chute le 29 octobre, lors d’un concert des Rolling Stones à New York, Ahmet Ertegun, producteur et fondateur de la compagnie phonographique américaine Atlantic Records, est mort, sans être sorti du coma, à l’âge de 83 ans, jeudi 14 décembre, dans un hôpital de New York.

Né à Istanbul le 31 juillet 1923, élevé dans la meilleure société – son père était ambassadeur -, Ahmet Ertegun, comme son frère aîné de cinq ans, Nesuhi, mort en 1989, fréquente très tôt musiciens – plutôt noirs et jouant du jazz -, peintres – plutôt les surréalistes -, écrivains, préférant le monde nocturne à celui de la diplomatie.

Parce qu’il souhaite « entendre les musiques que d’autres compagnies ne diffusent pas ou mal », comme il nous l’avait expliqué, malicieusement, lors d’une rencontre à son domicile parisien (Le Monde du 3 juillet 1998), Ahmet Ertegun fonde en septembre 1947 la maison de disques Atlantic avec Herb Abramson. Rejoints par Nesuhi en 1955, ils apprennent, sur le tas, leur métier de producteur et de patron.

Avec l’arrivée de Ray Charles en 1952, Atlantic prend son envol. Ce sera le début d’une suprématie sur les musiques populaires des années 1950 aux années 1970. Nesuhi est plutôt jazz, Ahmet plutôt soul et rock. Il sait repérer les futurs talents et s’entourer. Paroliers, compositeurs, ingénieurs du son, arrangeurs se bousculent pour créer « le son de l’Amérique ». Parmi eux Arif Mardin, Jerry Leiber, Mike Stoller, Jerry Wexler, Tom Dowd. Phil Spector, David Geffen ou Joel Dorn y feront leurs premières armes avant de devenir des producteurs réputés.

De Coleman à Led Zeppelin

Côté jazz, Atlantic va révéler le Modern Jazz Quartet, John Coltrane, Charles Mingus, Ornette Coleman, Roland Kirk, Charles Lloyd, Keith Jarrett. Côté r’n’b, soul et rock, il y a d’abord les formations vocales comme The Clovers, The Coasters ou The Drifters. Puis, outre Ray Charles, Otis Redding, Aretha Franklin, qui enregistre de 1967 au milieu des années 1970 ses plus grands titres pour Atlantic, Roberta Flack…

Ahmet Ertegun, qui regrette d’avoir raté Elvis Presley puis les Beatles, ne loupera pas le groupe britannique Led Zeppelin en 1968. Séparé en décembre 1980, il sera le plus gros vendeur d’Atlantic (on estime à 100 millions leurs ventes de disques à ce jour). Crosby, Stills, Nash & Young suivra, puis les Rolling Stones en 1971.

Atlantic perd son indépendance en 1967, date de son achat pour 17 millions de dollars par le conglomérat Warner, mais Ahmet Ertegun conserve le contrôle artistique. Yes, les Bee Gees, Donna Summer, Chic, AC/DC, Foreigner, ouvrent la marque à d’autres univers, rock progressif, disco, hard rock.

Encore attentif aux derniers courants de la pop ou du rap, le label perd de sa spécificité à partir du début des années 1980. Ahmet Ertegun conserve des responsabilités, mais se détache peu à peu des affaires à partir des années 1990. Homme d’une grande distinction et d’une grande culture, Ahmet Ertegun était aussi membre de nombreuses associations et institutions, dans le domaine de l’éducation, de l’humanitaire ou de la musique.

Commentaires»

No comments yet — be the first.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :