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650 000 Chypriotes bloquent 400millions d’Européens et la Turquie 3 janvier 2007

Posted by Acturca in EU / UE, South East Europe / Europe du Sud-Est, Turkey / Turquie, Turkey-EU / Turquie-UE.
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24 Heures (Suisse), 12 décembre 2006 mardi, P. 9

Nicolas Verdan, Athènes

L’intransigeance de Nicosie envers la Turquie complique les négociations entre Bruxelles et Ankara. La position délicate et stratégique d’Athènes illustre bien l’embarras des Vingt-Cinq.

Quelque 650 000 Chypriotes grecs tiennent l’Union européenne et Athènes en otage. En 2004, ils ont refusé un plan de réunification de leur île, divisée depuis 1974. Aujourd’hui, Nicosie menace l’ensemble des négociations avec Ankara.

L’intransigeance chypriote met les chefs de la diplomatie des 25 dans une situation délicate. Face au refus de la Turquie d’ouvrir tous ses ports et aéroports aux appareils chypriotes, la petite République fait monter les enchères. Elle se dit prête à demander des sanctions contre le géant turc, son voisin candidat à l’UE.

Hier à Bruxelles, malgré l’annonce d’un compromis sur le refus d’Ankara d’appliquer l’Union douanière (voir encadré), l’Europe des Vingt-Cinq est apparue hésitante. La menace d’un net refroidissement avec Ankara inquiète l’Union. A commencer par les Grecs, en dépit de leur soutien affiché envers Nicosie.

La position de Dora Bakoyannis illustre bien l’embarras général de l’UE: surtout ne pas se brouiller avec les Turcs. Elle-même chaude partisane du plan onusien de réunification chypriote en 2004, la cheffe de la diplomatie grecque marche aujourd’hui sur des oeufs.
Face à l’opinion publique grecque, encore échaudée par l’invasion de l’île par les troupes turques en 1974, la droite au pouvoir ne peut se permettre de «lâcher» Chypre. Hier à Athènes, la presse conservatrice illustrait clairement cette position. Dans ce sens, la fermeté de la France et de l’Allemagne, peu favorables à un compromis sur l’application du protocole d’extension de l’Union douanière, convient bien à Dora Bakoyannis. La Grèce ne se retrouvant pas seule aux côtés des Chypriotes grecs.

Ménager les deux parties

Or à l’inverse, Athènes fait aussi le maximum pour éviter de se fâcher avec son voisin. «Le premier ministre grec, Constantin Karamanlis ne voudrait surtout pas brusquer la Turquie», note Christina Poulidou, journaliste et observatrice de la diplomatie grecque. «Il craint un regain du conflit gréco turc en Mer Egée. Sur ce point, la droite au pouvoir en Grèce est divisée. » Ainsi, bien décidée à conserver les acquis de dix ans de diplomatie de rapprochement avec Ankara, Athènes partage aussi les intérêts du camp des Européens les plus souples envers la Turquie, dont la Grande-Bretagne, l’Italie et l’Espagne. Ces trois pays s’alignent en l’occurrence sur la diplomatie américaine, qui entend conserver son allié turc au sein de l’Alliance atlantique dans le camp occidental.

En quête d’un consensus, Dora Bakoyannis multiplie dès lors les déclarations conciliantes envers la diplomatie turque jugée «crédible», tout en se disant sur la même longueur d’onde que Nicosie. Un double langage à l’image des atermoiements de l’ensemble de l’Union européenne.

Les divisions sur la question chypriote ne se limitent toutefois pas à la Grèce et à l’UE. En Turquie, le compromis sur l’ouverture d’un port et d’un aéroport aux appareils chypriotes suscite une forte controverse. La présidence déplore n’avoir pas été informée sur ce point par le gouvernement.

 

Salamalecs gréco-turcs 

24 Heures (Suisse), 11 décembre 2006 lundi, P. 6

Nicolas Verdan, Athènes

Alors même que la Grèce vient de rejeter la proposition turque d’ouvrir un port aux appareils chypriotes, Athènes est le lieu d’échanges gréco-turcs intenses pour trouver un terrain d’entente.

Grecs et Turcs discutant un verre de vin à la main, échangeant des cartes de visite, se lançant des clins d’oeil. Cette image ne sort pas des archives du premier rapprochement gréco-turc de 1999. Elle date de vendredi dernier à Athènes, à l’occasion d’une cordiale assemblée de journalistes, politiciens, femmes et hommes d’affaires. Tout ce petit monde se réunissait boulevard de l’Académie, à cent mètres à peine des bureaux de Dora Bakoyannis, la cheffe de la diplomatie grecque. Une conférence placée sous l’égide de la présidence grecque. Et dans un esprit insufflé par l’opposition socialiste.

Convergence d’intérêts

La fermeté actuelle du gouvernement grec envers Ankara ne doit pas tromper. Les contacts entre les deux pays sont étroits, les intérêts aussi. «Il ne faut pas perdre de vue que c’est la Grèce qui a figuré parmi les soutiens les plus importants de la Turquie à son adhésion à l’Union européenne», soutient Tulu Gumustekin, cheffe d’entreprise et juriste d’Istanbul, portant jupe courte et tailleur chic. Consacrant toute son énergie au rapprochement entre Ankara et Bruxelles, elle reconnaît volontiers que «sans la Grèce, la Turquie n’en serait pas là aujourd’hui». Ce disant, Tulu Gumustekin comprend d’autant moins bien les blocages actuels. Elle déplore notamment la position grecque, alignée sur Chypre et «portant préjudice aux relations économiques croissantes entre la Grèce et son pays».

Dénonçant le rôle des médias, grecs et turcs, dramatisant le contexte de négociations d’adhésion de la Turquie, Alkis Kourkoulas, le correspondant de la télévision publique grecque à Istanbul, a salué «la constance de la diplomatie turque qui ne récupère pas les tensions actuelles avec l’UE à des fins électoralistes». Sans pour autant négliger les réels obstacles à l’adhésion turque, comme le respect des minorités, évoquant le statut précaire des Grecs d’Istanbul et du Patriarcat orthodoxe, ce journaliste a aussi rappelé combien la Grèce avait ressenti des vexations dans les années 70. A l’époque, elle était jugée indigne de rejoindre la Communauté européenne.

Très heureux d’être à Athènes, où il se sent «bien plus chez lui qu’à Paris», Atila Eralp, directeur du Centre d’études européennes d’Ankara, émet un voeu, devant la baie vitrée donnant sur le quartier vibrant de Kolonaki: «Que l’Union européenne et la Turquie tirent profit de leurs différences! Ils font le contraire. » Et à ses «amis» grecs: «Arrêtez de vous focaliser sur l’Union douanière et cherchez avec nous une solution sur Chypre».

Pas d’accord, les Grecs, du moins tant que la Turquie n’aura pas reconnu Chypre et retiré ses troupes du nord de l’île. Nuance, toutefois, avec Stephanos Pesmazoglou, professeur à l’Université Panteion d’Athènes: «La manière dont nous approchons tous l’élargissement de l’UE est prisonnière de réflexes nombrilistes et nationalistes. »

Au passage, la France et son intransigeance envers la Turquie, a suscité critiques et sarcasmes: «L’opinion publique française a peur de l’islam turc, juge Georges Kapopoulos, journaliste.

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