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Nouvelle crise du pétrole entre la Turquie et Chypre 2 février 2007

Posted by Acturca in Middle East / Moyen Orient, South East Europe / Europe du Sud-Est, Turkey / Turquie, USA / Etats-Unis.
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Le Figaro (France), 02 février 2007

Laure Marchand, Istanbul

« Nous avons déjà des navires qui patrouillent en permanence dans l’est de la Méditerranée et dans la mer Égée, nous n’avons pas besoin d’en envoyer d’autres », a réagi, vendredi, de façon cinglante, le chef de l’état-major de l’armée turque. Le général Yasar Büyükanit démentait les informations de la chaîne de télévision turque NTV, selon lesquelles des bateaux de guerre auraient été dépêchés en renfort au large des eaux chypriotes pour se livrer à une démonstration de force. Cet accroc est le dernier épisode de la crise qui oppose la Turquie et Chypre dans l’exploitation des réserves gazières et pétrolières sous-marines.

La signature, le 17 janvier dernier, d’un accord entre Chypre et le Liban sur la délimitation de leur fond marin afin de mener sans encombre des recherches sur la présence de gisements off-shore est à l’origine de l’actuel litige. Et Nicosie a prévu de lancer dans la foulée un appel d’offres international auprès des sociétés de prospection. Mardi dernier, les autorités turques ont donc sommé le Liban et l’Égypte – qui a conclu un accord similaire en 2006 – de renoncer à l’application de ces accords. Ankara estime que cette entente viole ses droits ainsi que ceux de la République turque de Chypre du Nord (RTCN), reconnue par la seule Turquie, à exploiter les ressources des eaux méditerranéennes. Tensions récurrentes La Turquie, qui conteste l’autorité de Chypre sur l’ensemble de l’île et donc sur la totalité de ses eaux territoriales, est déterminée « à protéger ses droits dans l’est de la Méditerranée et ne tolérera aucune tentative pour les limiter », a fait savoir le ministère des Affaires étrangères. Estimant que le pays avait « des droits légaux et légitimes, ainsi que des intérêts » dans cette zone, tout comme la RTCN qui avait « son mot à dire ». Ferdi Sabit Soyer, le premier ministre de la partie nord de Chypre, sous occupation militaire turque, a de son côté affirmé que le président chypriote, Tassos Papadopoulos, jouait aux « apprentis sorciers » dans ce dossier, et que cela ne pouvait que mener « au chaos ». Le problème du partage des eaux territoriales entre la Turquie et les pays voisins constitue une source de tensions récurrentes. À plusieurs reprises, des contentieux concernant la souveraineté en mer Égée ont conduit Ankara et Athènes au bord du conflit armé, le dernier remontant à 1996. Mais la question n’est toujours pas réglée. La Grèce a d’ailleurs exprimé son mécontentement face aux revendications turques dans le litige qui l’oppose à Chypre. Soutenant Nicosie, le ministère grec des Affaires étrangères, a déclaré : « Ces positions remettent en question le droit d’États indépendants et souverains de renforcer leur coopération de manière pacifique en accord avec le droit et les règles internationales. » Ce nouveau bras de fer engagé par la Turquie et ses forces armées envenime un peu plus le règlement de la question chypriote et, par ricochet, ses négociations d’adhésion à l’UE. En tant qu’État membre, Chypre a annoncé son intention de « porter plainte » auprès de l’UE et de l’ONU, contre cette « provocation » .

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