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La France reporte l’ouverture de sa représentation à Erbil 9 février 2007

Posted by Acturca in France, Middle East / Moyen Orient.
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Le Figaro (France), no. 19447, vendredi 9 février 2007, p. 2

Georges Malbrunot

Redoutant un attentat contre un de ses diplomates, Paris ne veut prendre aucun risque pendant la campagne électorale.

Prévue en ce début d’année, l’ouverture d’un bureau d’ambassade à Erbil, dans les provinces kurdes d’Irak, n’aura pas lieu avant l’élection d’un nouveau président de la République en France. « Il n’est pas question de prendre le moindre risque avec la vie de nos diplomates durant la campagne électorale », souligne l’un d’entre eux. Même si le calme règne dans les régions kurdes, la dégradation constante de la situation sécuritaire dans le reste de l’Irak a lourdement pesé sur cet ajournement.

Décidée entre Jacques Chirac et son homologue irakien, Jalal Talabani, lors de la visite de ce dernier à Paris en novembre, cette représentation diplomatique marque la volonté française de prendre acte de l’autonomie croissante du Kurdistan irakien. Mais le titulaire du poste, qui a déjà été désigné, devrait étendre ses activités à Kirkouk, la cité pétrolière plus au sud revendiquée par les Kurdes, voire Mossoul à l’ouest, où ses collègues de Bagdad ne peuvent plus se rendre, compte tenu des violences.

Après la mort d’un membre du service Action de la DGSE en novembre à Bassora (sud), la France redouble de vigilance pour son personnel diplomatique encore présent à Bagdad (une demi-douzaine d’agents, dont un conseiller culturel). Leurs déplacements sont strictement limités, y compris pour la valise diplomatique, qui ne parvient plus qu’une seule fois par mois dans la capitale irakienne. Leur protection nécessite le détachement d’un important dispositif de sécurité (membres de l’Escadron parachutiste d’intervention de la gendarmerie nationale, et 70 vigiles irakiens). Sur les bords du Tigre, le quartier de l’ambassade est au coeur des attaques qui secouent chaque jour Bagdad. Mais jusqu’à présent, Paris refuse d’aller s’abriter dans la zone verte, la forteresse ultraprotégée, siège de l’ambassade américaine et des principaux ministères, comme le lui propose le gouvernement irakien.

« Comment calibrer notre présence pour minimiser les risques et les coûts ? », s’interroge un responsable des questions sécuritaires. Évoquée lors de récentes réunions interministérielles, l’option d’un repli sur Amman, en Jordanie, a, pour l’instant, été abandonnée. « De plus en plus de pays européens, les Anglais ou les Allemands par exemple, viennent de transférer leurs activités culturelles et économiques en Jordanie
», constate ce responsable. En 2005 déjà, l’ambassadeur de France de l’époque, Bernard Bajolet, avait reçu des menaces émanant d’un groupe armé lié à al-Qaida. Et déjà, l’Élysée s’était interrogée sur l’opportunité de le renvoyer en Irak. Mais, politiquement, de telles décisions sont lourdes de sens. « Si nous réduisions notre voilure à Bagdad, ou alors, si nous ouvrions, comme c’est toujours prévu, un bureau à Erbil, chez les Kurdes, ce n’est pas pour faire croire aux autorités irakiennes que nous avons déjà entériné la partition de leur pays », insiste-t-on au Quai d’Orsay.

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