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Les militants kurdes informaient le contre-espionnage français 12 février 2007

Posted by Acturca in France, Middle East / Moyen Orient, Turkey / Turquie.
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Le Parisien (France), lundi 12 février 2007, p. 13

Christophe Dubois

Parmi les 14 activistes arrêtés la semaine dernière et incarcérés, plusieurs têtes de pont du réseau étaient des informateurs de la DST, le contre-espionnage français. Ce service se défend d’avoir « fermé les yeux » sur leurs activités.

La politique des autorités françaises à l’encontre des militants du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) est-elle à géométrie variable ? La semaine dernière, un coup de filet mené par la sous-direction antiterroriste (SDAT) a conduit à l’arrestation puis à l’incarcération de 14 militants de cette organisation, qui figure sur la liste des entités terroristes de l’Union européenne et des Etats-Unis. Des perquisitions avaient eu lieu, notamment tout près du QG de Nicolas Sarkozy à Paris. La justice française soupçonne ces militants d’avoir participé à une « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » ainsi qu’à des opérations de « blanchiment d’argent » et de « financement du terrorisme ». Selon nos informations, au cours de leurs auditions, plusieurs membres présumés du PKK ont déclaré avoir été en contact régulier avec la DST (Direction de la surveillance du territoire), le contre-espionnage français. « En moyenne, une fois par mois », ont affirmé les suspects. Selon une source proche du dossier, ils ont indiqué avoir fourni à un fonctionnaire de la DST des informations sur le fonctionnement de cette structure, notamment sur les collectes de fonds effectuées en France et sur l’organigramme du PKK en France. Parmi ces contacts réguliers de la DST figurerait notamment Nedim Sellem, 38 ans, considéré comme le « trésorier » du PKK en Europe. Ce dernier, soupçonné d’avoir tué quinze personnes en Turquie, fait l’objet d’un mandat d’arrêt international diffusé par Interpol. Mais aussi Canan Kurtyilmaz, une femme de 33 ans, l’une des têtes dirigeantes du mouvement interpellée en Belgique, recherchée par Ankara dans le cadre d’attentats perpétrés en Turquie. « Il y avait un accord tacite, souligne un observateur : pas d’attentat en France et l’on vous laisse tranquilles. » La réalité de ces contacts est confirmée par la DST : « Nous sommes en relation avec ces gens, souvent réfugiés politiques, dans le cadre d’une action de police administrative, souligne un responsable du contre-espionnage. Mais en aucun cas cela ne les autorise à se sentir couverts. » Et de poursuivre : « Nous n’avons fermé les yeux sur aucune activité suspecte. Au contraire, nous les mettons en garde pour qu’ils ne franchissent pas la ligne jaune. » Une position qui n’est pas partagée par M e William Bourdon, avocat de trois mis en examen : « Ils étaient surveillés et contrôlés par la DST, mais aussi par les Renseignements généraux. Brutalement, on criminalise leurs actions, alors que les services savent tout de leurs activités. Cela pose la question de l’utilisation à la carte de la DST et des RG, en fonction des agendas politiques. »

Comptabilité occulte

Cette situation devrait relancer le débat sur la double casquette de la DST, à la fois service de renseignement et de police judiciaire. Dans le cadre de sa première fonction, les espions français sont légitimement au contact d’informateurs, parfois impliqués dans des réseaux sous surveillance. Au titre de sa deuxième mission, ce service antiterroriste est chargé de dénoncer et poursuivre des infractions pénales. Or l’enquête menée par les policiers de la SDAT a mis en évidence des opérations délictuelles. Les perquisitions ont permis de retrouver la comptabilité occulte du mouvement, soupçonné d’exercer de fortes pressions sur la diaspora kurde : environ 4 millions d’euros seraient récoltés par an en France. Une partie de l’argent retrouvé (34 000 ─ ) portait des traces de stupéfiants. Des faux papiers assurant la clandestinité des cadres ont également été saisis, ainsi qu’une arme de poing. Selon nos informations, l’un des suspects a déclaré qu’une section du PKK appelée « commandos suicides » disposait d’une réserve de « martyrs » prêts à se sacrifier pour la cause kurde.

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