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Le clarinettiste Selim Sesler jongle avec ses identités musicales 26 février 2007

Posted by Acturca in Art-Culture, France, Istanbul.
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Le Monde (France), lundi 26 février 2007, p. 23

Véronique Mortaigne

Istanbul émerveille, sa musique aussi. A l’automne 2006, le Festival d’Ile-de-France consacrait un bel espace aux artistes stanbouliotes, dont Les Nuits d’Istanbul, une carte blanche offerte au percussionniste Burhan Öçal, un habitué des croisements occident-orient et des scènes jazz, autant que du foutrac du Kapali Carsi, le grand bazar. La Cité de la musique de Paris a eu la même idée, qui consacre un cycle à Istanbul l’hybride, en commençant par les roman, les Tziganes, des agitateurs qui adorent la clarinette, et l’ont en tout cas préférée au hautbois zurna qui rythmait avant les fêtes de villages.

Le 23 février, c’est donc un clarinettiste, Selim Sesler, qui ouvre les festivités. Trois heures de clarinette, ça peut lasser. Mais Selim Sesler possède assez de profondeur et de magnétisme pour éviter la routine. Il décline à Paris plusieurs identités : musicien traditionnel (avec percussions et kanoun) ; père, jouant avec un fils, Ramazan, clarinettiste moins doué ; tzigane ayant un sens aigu de l’enroulement des mélopées ; musicien d’Istanbul, c’est-à-dire prêt à toutes les mixtures, y compris celles du jazz et de l’électronique – c’est pour la seconde partie, au sein du Techno Roman Project.

Né en 1957, Selim Sesler est originaire d’une ancienne famille de musiciens tsiganes grecs de la région de Drama en Thrace. On l’a découvert grâce aux documentaires de Fatih Akin, auteur en 2005 de Crossing The Bridge, consacré aux  » sons  » d’Istanbul, musiques multiples allant des derviches tourneurs au hip-hop, du ney (la flûte classique) à la pop orientale.  » L’Orient ne commence pas à Istanbul pour finir en Chine et l’Occident ne s’étend pas de la Grèce à Los Angeles « , y explique Alexander Hacke, le bassiste du groupe de l’avant garde (tendance industrielle) berlinoise Einstürzenden Neubauten qui sert de guide musical épaté (le film est disponible en DVD). Istanbul, plaque tournante donc.

Le Techno Roman Project est né près de la turbulente rue Istiklal, au centre ville, de la rencontre de Sesler avec deux DJ, Lari Dilmen, également percussionniste, et Oguz Kaplangi, patron du studio Elec-Trip, aux machines. A Paris, ils montrent une belle pagaille, très rythmée, un son neuf, et une suprématie évidente de l’art de Selim Sesler. Hale Cakir, une danseuse orientale pour le ventre, flamenca pour la tête, sert d’accessoire.

Sans la profondeur de Selim Sesler, tout ici serait d’ailleurs accessoire, même l’audace. Parce que la Cité de la Musique, depuis plusieurs années, ne réussit plus à croire en son cahier des charges, la cité  » des musiques « . Que malgré la qualité indubitable des musiciens du monde qui y sont programmés, la flamme du lieu n’est pas entretenue.

Comme si ces délices étaient des obligations contractuelles.

Istanbul, à la Cité de la Musique, 221, avenue Jean Jaurès, Paris-19e. M° Porte de Pantin. Le 25 à 16 h 30, Traditions populaires d’Istanbul ; le 27 à 20 heures, Jazz à la turca. De 17 à 22¤. Tél. : 01-44-84-44-84.

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