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L’Irak organise le partage du pactole pétrolier 28 février 2007

Posted by Acturca in Energy / Energie, Middle East / Moyen Orient.
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Le Figaro (France), Mercredi 28 février 2007

Thierry Oberlé

Après des mois de gestation, la loi sur les hydrocarbures irakiens est enfin prête. Fruit de rudes pourparlers entre les représentants des groupes ethniques et confessionnels, le texte sur la répartition des richesses pétrolières a été approuvé lundi par le gouvernement irakien. Il doit maintenant être présenté au Parlement, pour entrer en application en mai.

Washington a pesé de tout son poids pour convaincre la coalition à dominante chiite au pouvoir à Bagdad de parvenir à un consensus sur le partage du pactole des hydrocarbures. Les Américains ont menacé de cesser de soutenir le gouvernement de Nouri al-Maliki en cas de nouveau report du projet, tandis que le président George W. Bush pressait Bagdad de parvenir à une « juste répartition pour garantir l’unité de l’Irak » . La solution imaginée par les concepteurs de la mouture définitive de la loi a le mérite de satisfaire les diverses communautés irakiennes, sans déplaire aux grandes compagnies étrangères.

Son principe repose sur une redistribution équitable de la rente pétrolière entre les provinces. Les régions sunnites dénuées de champs pétrolifères vont bénéficier d’une manne financière aussi importante que les zones de production, situées pour la plupart en secteur dans le sud chiite et le nord kurde. De leur côté, les « majors » pourront exploiter des réserves, considérées comme les troisièmes du monde, dans un cadre législatif clair.

Des dizaines d’entre elles, dont de nombreuses entreprises américaines, russes ou chinoises, sont sur les rangs. Infrastructures obsolètes Un savant dosage de centralisme et de régionalisation a été nécessaire pour parvenir à satisfaire tous les appétits. Bagdad se charge de récolter et de redistribuer les revenus de l’or noir.

Les dix-huit provinces obtiennent des sommes au prorata de leurs habitants. Les déplacements de population provoqués par la violence sectaire rendent toutefois les calculs difficiles. Et les sunnites – les anciens maîtres du pays sous Saddam Hussein – se sentent lésés par la perte de leur mainmise sur Kirkouk, la cité pétrolifère revendiquée par les Kurdes.

Soucieux de les rassurer, les États-Unis ont insisté pour que le gouvernement central irakien garde les clés du coffre-fort de Kirkouk et de ses quelque 10 milliards de barils de réserve. La loi transforme la compagnie nationale pétrolière irakienne (Inoc) en holding indépendant et établit un Conseil fédéral des hydrocarbures, forum de la politique nationale pétrolière. Le ministère du Pétrole devient le régulateur du secteur.

Sous la pression des Kurdes et d’une moindre mesure des chiites, un certain degré d’autonomie est accordé aux filiales régionales de l’Inoc. Ces dernières pourront aussi négocier des contrats avec les « majors » sous réserve de respect des normes nationales. Cette nuance répond à une exigence du gouvernement autonome du Kurdistan, qui oeuvre au maintien de sa quasi-indépendance.

Décidées à profiter de la relative stabilité de leur région, les autorités kurdes avaient pris les devants en signant, sans en référer à Bagdad, des accords avec des sociétés étrangères comme la compagnie norvégienne DNO. Menacés pendant un temps, ces contrats devraient être en fin de compte consolidés. Enjeu colossal, l’industrie pétrolière ne pourra véritablement redémarrer qu’en cas de décrue de la violence.

En attendant, elle reste un secteur délabré aux infrastructures obsolètes. Les sanctions internationales imposées au régime de Saddam dans les années 1990, puis les attentats et les pannes qui accompagnent l’occupation américaine n’ont pas permis à la production de revenir à ses performances d’avant la guerre du Golfe. Incapable de subvenir à ses besoins en essence raffinée, l’Irak exploite deux millions de barils par jour.

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