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Contes pour la paix. 18 mars 2007

Posted by Acturca in Books / Livres, France, History / Histoire, South East Europe / Europe du Sud-Est, Turkey / Turquie.
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La Croix (France), no. 37699, jeudi 15 mars 2007, p. 12

Jean-Christophe Ploquin

Si vous ne savez pas situer Florina sur une carte, la lecture de Macédoine 1900 vous incitera assurément à saisir le premier atlas à portée de main et à retrouver sa trace au sud des Balkans. Les onze nouvelles de Necati Cumali, auteur turc décédé en 2001, sont une plongée émouvante dans la période troublée du début du XXe siècle, lorsque les nationalismes grec, bulgare, turc, albanais, travaillaient des populations dont les ancêtres vivaient ensemble depuis près de cinq cents ans.

Florina est alors un gros bourg rural vivant aux rythmes des saisons, des cloches des églises et des appels des muezzins. Le fusil n’est jamais bien loin, surtout dans les montagnes où sévissent des bandes armées. La bouteille de raki non plus, échauffant les esprits ou favorisant la coexistence. La famille est sacrée, le code d’honneur est une muraille, mais l’ordre se craquelle au gré des nouvelles qui arrivent de Salonique, d’Athènes ou d’Istamboul. Tout en étant autobiographiques, les récits de Necati Cumali sont écrits avec la distance qu’impose le souci d’une écriture sobre, concise. Certains ont la magie de contes qui captiveraient aisément des enfants. Tous offrent un éclairage émouvant sur ce territoire des Balkans qui fut un point nodal de l’Empire ottoman avant d’être déchiré par les nationalismes. Necati Cumali, qui a dû quitter Florina pour s’installer à Izmir lors du grand échange de populations grecques et turques en 1924, écrit dans un dessein fraternel, humaniste. Plusieurs récits évoquent la peur et la violence brisées par la sagesse et la largeur de vues de quelques-uns. Il rejoint, dans l’évocation de ces montagnes plurielles, Ivo Andric ou Nikos Kazantzakis.

MACÉDOINE 1900 de Necati Cumali Traduit du turc par Faruk Bilici Sindbad/Actes Sud, 290 p., 23 €

Commentaires»

1. CORNUT Bernard - 24 mars 2007

A l’automne 1914 mon grand-père a du quitter son village de Haute-Loire pour aller faire la Guerre comme cuisinier près de Salonique, non loin du front d’avec les Puissances Centrales qu’avait rejoint la Turquie des Jeunes Turcs, sans doute un peu manipulée. Face au déclin de Bakou, 1/3 du pétrole mondial vers 1885, mis à feu par les grèves en 1905, les grands financiers du pétrole et de l’acier avaient voulu que les Empires d’Europe s’entredéchirent pour in fine pouvoir récupérer les bons morceaux de l’Empire ottoman, la Mésopotamie et ses pétroles d’une part, la Palestine d’autre part, comme futur terminal et base militaire pour contrôler cette Mésopotamie mieux que du Caire ou de Delhi.
Quand l’Europe aura enfin fini cette Grande Guerre-là qui continue en Palestine et en Iraq, en imposant une paix juste et en assurant des compensations aux victimes grâce à une triple taxe sur l’energie, les armes et les mouvements de capitaux, alors nous pourrons commencer à respirer la liberté, aspirer à un co-développement durable.


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