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Irak : la guerre va-t-elle peser sur l’économie américaine ? 28 mars 2007

Posted by Acturca in Economy / Economie, Middle East / Moyen Orient, USA / Etats-Unis.
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La Tribune (France)

mercredi 28 mars 2007, p. TR39

Quatre ans après le déclenchement de la guerre en Irak, les démocrates tentent d’imposer au président Bush un calendrier précis de retrait de l’armée américaine. Outre le coût humain de cette guerre et les risques de déstabilisation du Proche-Orient, le Congrès s’inquiète de la gabegie financière qu’entraîne ce conflit.

Oui : « Une charge financière trop lourde pour les Américains »

La guerre que les États-Unis mènent en Irak depuis mars 2003 menace incontestablement l’économie américaine. Au total, d’ici à la fin de l’année, près de 500 milliards de dollars auront été officiellement dépensés pour ce conflit. C’est une charge financière trop lourde pour les Américains et cela intervient alors que le déficit budgétaire s’aggrave. Plus grave encore, c’est bien la première fois que les États-Unis sont en guerre et que les impôts sont baissés ! Cela ne fait qu’accroître le risque de dérapage de notre économie d’autant qu’il y a d’autres coûts liés à cette intervention militaire. Aux 500 milliards de dollars que je viens d’évoquer, il faut rajouter entre 50 et 100 milliards de dollars supplémentaires en coûts à long terme. Ce montant prend en compte toute la régénération du potentiel militaire américain, c’est-à-dire tout ce qu’il faudra débourser pour remplacer les équipements détruits ou endommagés en Irak. Auquel il faudra ajouter toutes les dépenses liées au retour à la vie civile des vétérans, qu’ils soient en bonne santé ou non. De manière générale, j’accorde du crédit aux estimations qui tablent sur un coût global de la guerre en Irak de 1.000 à 2.000 milliards de dollars. Il s’agit de sommes que l’économie américaine aura du mal à digérer car, loin de la stimuler, ces milliards de dollars ne seront rien d’autre que de l’argent emprunté. Face à cela, je soutiens totalement l’idée d’un calendrier précis pour le retrait d’Irak avec une date butoir d’ici,au maximum, à la fin 2008.Cela aura l’avantage de mettre les Irakiens devant leurs responsabilités.

Non : « La sécurité est plus importante que l’économie »

Cela fait plusieurs années que les États-Unis sont en guerre, depuis exactement le 11 septembre 2001, et il faut d’abord remarquer que l’économie américaine résiste bien et que ses performances sont bonnes. Il suffit, pour s’en convaincre, d’observer les taux de croissance du PIB réalisés depuis plusieurs années. De fait, notre machine économique possède suffisamment de ressources, à commencer par la consommation, pour encaisser des chocs extérieurs aussi graves qu’une guerre ou une attaque terroriste. Bien entendu, on pourrait penser que l’économie afficherait de meilleures performances en l’absence de l’effort de guerre que nous impose l’Irak. Mais il s’agit d’un raisonnement simpliste et trompeur. D’abord parce qu’on ne doit pas oublier que le monde est désormais plus sûr sans Saddam Hussein. Ensuite parce que cela amène à la question essentielle que nous devons tous nous poser à propos de la situation au Proche- Orient et de ses implications pour les États-Unis : « L’économie est-elle plus importante que la sécurité ? » Pour moi, la réponse est bien entendu négative. Et plutôt que de polémiquer sur le coût de la guerre en Irak, il est urgent que les Américains réfléchissent au moyen de réussir leur mission. Et la réponse me paraît claire. C’est l’implication de l’Iran et de la Syrie qui empêche tout progrès en Irak. Nous le savons depuis au moins deux ans. Si l’on veut améliorer la situation irakienne il faut trouver une solution aux problèmes que posent les régimes iranien et syrien, derniers obstacles à la démocratie au Proche-Orient.

Une économie vaccinée contre les chocs

Depuis le début des années 2000, la croissance américaine a été capable de digérer une série de chocs impressionnants : krach de la « nouvelle économie », attentats du 11 septembre 2001 à New York et à Washington, affaire Enron et autres scandales financiers, guerre en Irak et Afghanistan… À chaque fois, le citoyen américain a gardé foi en l’avenir empêchant la consommation, qui compte aux deux tiers de l’économie américaine, de s’effondrer. Aujourd’hui, quatre ans après la chute du régime de Saddam Hussein, les États-Unis sont embourbés en Irak mais cela n’a guère d’effets apparents sur l’évolution du PIB. Certes la détérioration des finances publiques, aggravée par les dépenses militaires, inquiète de plus en plus les économistes y compris certains proches du camp républicain, mais la thèse d’une économie vaccinée contre les chocs exogènes est de plus en plus répandue. C’est ce qui pousse certains milieux néoconservateurs à réclamer que les États-Unis « finissent le travail » au Proche-Orient en s’attaquant à l’Iran des mollahs et à leur allié syrien. Qu’un expert comme le cheikh Yamani avertisse qu’une attaque contre l’Iran propulsera le baril à plus de 100 dollars risque de ne rien y changer. À Washington, ils sont nombreux à estimer que l’économie états-unienne est quasi invulnérable.

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