jump to navigation

Guerre secrète en Iran 6 avril 2007

Posted by Acturca in EU / UE, Middle East / Moyen Orient, USA / Etats-Unis.
Tags:
trackback

Courrier international (France), no. 857, jeudi 5 avril 2007, p. 35
Iran – Royaume-Uni : La guerre des mots

Simon Tisdall, The Guardian (Londres)

En plus des pressions officielles contre Téhéran, les Etats-Unis seraient en train de chercher à déstabiliser le régime. Une lutte secrète dont les marins britanniques sont les victimes indirectes.

Du point de vue de l’Iran, la provocante intrusion des marins britanniques dans l’embouchure du Chatt Al-Arab fait partie de la politique de déstabilisation menée par les Etats-Unis. Du point de vue des Etats-Unis et d’Israël, les actions injustifiées de l’Iran sont la preuve que le régime de Téhéran est terriblement dangereux et que les pays occidentaux et les pays arabes « modérés » doivent s’unir pour lui imposer leur volonté. Au milieu se trouvent les quinze membres des forces armées britanniques.

Il est impossible d’évaluer l’ampleur des opérations secrètes américaines contre l’Iran. On ne dispose d’aucune preuve de l’implication de la Grande-Bretagne, même s’il est probable, compte tenu du rôle clé joué par les forces britanniques le long de la frontière avec l’Irak, que Londres détient quelques informations. Mais l’influence de Washington et ses activités par alliés interposés sont de plus en plus perceptibles.

La complexité de la structure ethnique de l’Iran le rend particulièrement vulnérable aux actions venant de l’extérieur. La population comprend 50 % de Persans, 24 % d’Azéris et 8 % de Kurdes. Les autorités iraniennes soutiennent que la riche province pétrolière du Khouzistan, à majorité arabe sunnite et donnant sur le Chatt Al-Arab, est une cible essentielle pour les opérations de déstabilisation menées par la CIA et la Grande-Bretagne par l’intermédiaire d’agents liés aux groupes de résistance en exil à l’étranger.

Attentats à la bombe et autres actes de violence séparatistes sont monnaie courante. En janvier 2006, une tentative d’assassinat aurait eu lieu à Ahvaz contre le président Mahmoud Ahmadinejad. Les désordres ont été suivis par de sévères représailles, y compris des exécutions.

L’Iran accuse aussi le gouvernement pro-occidental du Pakistan d’être complice des récentes attaques contre des forces de sécurité dans la province majoritairement sunnite du Sistan-Baloutchistan, dans le sud-est du pays.

En dehors d’un renforcement de l’opposition interne, l’objectif apparent des Etats-Unis est de bloquer le projet de gazoduc vers l’Inde via le Baloutchistan. Les Américains font pression pour que New Delhi renonce à ce projet, tout en pressant la Turquie, les pays européens et les compagnies pétrolières de rompre leurs liens énergétiques avec l’Iran.

En février dernier, le ministre de l’Intérieur Mustafa. Pour-Mohammadi, un radical, a dénoncé un complot à l’échelle du pays. « Les services de renseignements iraniens ont des informations qui montrent que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et Israël sont à l’origine des troubles qui ont éclaté ces dernières années dans diverses régions, dont le Khouzistan, le Kurdistan et l’ouest de l’Azerbaïdjan », a-t-il déclaré à l’agence Aftab.

Des sources turques corroborent les affirmations de Téhéran selon lesquelles les Etats-Unis financeraient et armeraient indirectement le Parti pour une vie libre au Kurdistan, une formation apparentée à l’organisation terroriste PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan). Il s’est ensuivi une intensification des violences sporadiques entre Kurdes iraniens et forces de sécurité – et la création d’une alliance antikurde de facto entre Ankara et Téhéran, alliance qui aurait, dit-on, conduit à des bombardements transfrontaliers des positions kurdes par l’artillerie iranienne.

Les autorités iraniennes placent la polémique au sujet de la capture des marins britanniques dans le contexte des pressions de plus en plus intenses et multidimensionnelles exercées sur Téhéran sous la conduite des Etats-Unis.

Un haut responsable du ministère des Affaires étrangères américain, Nicholas Burns, a déclaré le 27 mars que les Etats-Unis cherchaient à « réduire les ambitions régionales de l’Iran », mais aussi à transformer de l’intérieur la société iranienne. La Maison-Blanche demande au Congrès que plus de 100 millions de dollars soient affectés à cette fin, notamment pour le financement d’émissions de radio en farsi.

Pour les autorités iraniennes, tout cela, ajouté aux pressions sur les intérêts iraniens en Irak et aux tentatives de Washington pour construire une alliance arabe contre Téhéran, ressemble à une guerre non déclarée. Qu’il ait été ou non planifié, l’incident du Chatt Al-Arab est peut-être la manière iranienne de dire « assez ».

Encadré(s) : Propagande

Détenir des Britanniques : un sujet de fierté

Rooz (Amsterdam)

En juin 2004, 8 marins britanniques ont été capturés par les Iraniens dans les eaux du golfe Persique, mais ils ont été relâchés au bout de quatre jours à la suite de discussions entre la diplomatie britannique et les officiels iraniens, et ont été remis à l’ambassade britannique à Téhéran. Après cet incident, l’Iran a produit un documentaire qui montrait l’histoire de trois bateaux anglais et de leurs occupants par les pasdarans [milice des gardiens de la révolution] depuis leur interception jusqu’à leur libération. Sous la présidence de Mohammad Khatami, on avait arrêté de projeter ce film, produit avec le soutien des pasdarans, à cause du durcissement des positions occidentales sur le dossier nucléaire iranien. Mais, avec l’arrivée d’Ahmadinejad sur le trône présidentiel, le film est à nouveau montré à des étudiants sélectionnés dans diverses universités. D’ailleurs, le réalisateur du film, Soheil Karimi, a lui-même été brièvement arrêté en Irak par les forces américano-britanniques sur des accusations de terrorisme. A la veille de la projection du film, Karimi a affirmé devant les étudiants de l’université de Shahroud que, « durant l’opération de 2004, le nombre de soldats britanniques était élevé alors qu’il n’y avait face à eux que trois pasdarans, ce qui est annonciateur du jour où une petite armée pourra vaincre une vague d’infidèles. Et, lorsqu’un des pasdarans a rabroué un soldat britannique, celui-ci a mouillé son pantalon. » Le film montre aussi des scènes où les Iraniens et les Britanniques discutent des modalités de libération des marins. On y voit un pasdaran parler sur un ton très dur aux Britanniques, et le médiateur tenter de calmer le jeu. Mais le réalisateur a exprimé son désaccord à propos de la libération des soldats. D’après lui, « les membres du gouvernement de Khatami, dont Hassan Rohani, négociateur dans le dossier nucléaire, ont reçu de l’argent de la part des Britanniques, et c’est pour cela qu’ils ont accepté de libérer les soldats ». Etant donné l’atmosphère actuelle de confrontation entre la République islamique et le Royaume-Uni sur le programme nucléaire iranien, on peut s’attendre à voir un nouveau « documentaire ».
Intervention, Courrier international

Selon le quotidien israélien Jerusalem Post, l’Iran, la Syrie et le Hezbollah se prépareraient à une guerre cet été avec les Etats-Unis. « Washington est prêt à lancer une frappe militaire contre l’Iran ce vendredi saint(le 6 avril] », a déclaré le 1er avril le général Yamos Yadlin, chef du renseignement militaire israélien.

Commentaires»

No comments yet — be the first.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :