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Turquie-Union européenne: entretien avec Mehmet Aydin 17 avril 2007

Posted by Acturca in Religion, Turkey-EU / Turquie-UE.
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Afkar/Idées (Espagne) num. 13 (printemps 2007), p. 11-15             Español

Entretien avec Mehmet Aydin par Senén Florensa et Jordi Bertran 

D’après le ministre turc des Affaires religieuses, l’adhésion de la Turquie à l’UE présente une importance globale : l’Europe comptera sur un point stable à partir duquel l’est et le nord de la Méditerranée s’ouvriront à tout le monde.

Après la revitalisation du débat sur les négociations entre la Turquie et l’Union européenne (UE) du fait de la controverse sur Chypre, Afkar/Idées a interviewé à Barcelone Mehmet Aydin, ministre turc des Affaires religieuses depuis 2002. Connu pour son approche tolérante envers le fait religieux, il a obtenu le respect du conservateur démocrate Parti de la Justice et le Développement, au pouvoir, et des cercles laïcistes. Ayant reçu le titire de docteur en Philosophie à l’Université d’Edimbourg, où il a été professeur de Philosophie de l’éthique, de politique et de religion, ses apports dans le domaine académique abordent des questions philosophiques et religieuses ainsi que celles relatives à la culture, aux politiques des Droits de l’Homme et au dialogue culturel. Ces dernières années il s’est occupé en profondeur des affaires européennes, aussi bien culturelles que religieuses, en particulier. Il a aussi partagé la présidence du Groupe de Haut Niveau pour l’Alliance des civilisations.

Afkar/Idées: Dans quelle mesure considérez-vous que l’histoire et les perceptions, fruits de tant de siècles, sont importantes dans la relation actuelle entre l’Europe et la Turquie ?

Mehmet Aydin : La plupart des préjugés et des images, positives et négatives, ont des racines historiques. Entre l’Espagne et la Turquie il existe des images qui viennent de loin.

Par exemple, en Autriche, lorsque l’on parle de Vienne, nombreuses sont les personnes qui se rémémorent, entre autres, du siège de la ville qui eu lieu il y a plusieurs siècles. Les pays centroeuropéens ont peut être plus d’idées préconçues, positives et négatives, que celles que peuvent avoir l’Italie, l’Espagne et le Portugal. Cependant, ce que nous avons en commun est très important.

Une Europe laïque comme l’actuelle, ne va pas s’islamiser avec l’entrée de la Turquie

Par exemple, il existe plus de similitudes que de différences entre les trois religions monothéistes, surtout quant aux questions morales. En ce qui concerne le bassin méditerranéen, notre voisinage se développe depuis de nombreux siècles.

Cependant, le voisinage et ce que nous avons en commun ont aussi été utilisés pour empêcher la naissance de nouvelles relations. Dans le cas de l’Espagne, elle a de bonnes relations avec le Portugal, presque de famille, mais autrefois ils ont eu des problèmes. Il est essentiel d’analyser ce que nous partageons et ce qui nous différencie, c’est-à-dire, la diversité existante entre les pays.

Il est important de contrôler nos différences et d’utiliser ce que nous avons en commun de façon positive, sans oublier qu’une partie des images négatives sont conséquence de notre ignorance. De là la relevance de la connaissance historique. Pour arriver à une rencontre dialoguée, il faut une connaissance fiable des cultures, des civilisations, permettant de remettre en question les stéréotypes et les images négatives. La plupart de ces images existent car nous ne nous connaissons pas assez les uns les autres. Il est essentiel de connaître l’histoire car de nombreuses choses remontent au passé. S’il y a des problèmes entre l’Occident et le monde islamique, par exemple, le musulman typique pourrait dire que ce n’est qu’une autre croisade. En d’autres mots, son esprit recule aux temps des croisades. Ou il peut dire que les européens agissent comme au XIXè siècle, à l’époque de la colonisation. Donc, pour expliquer
les événements actuels, il nous faut avoir suffisamment de connaissances historiques.

A/I : L’appui au sein de la Turquie à son intégration en Europe s’est affaibli. Comment l’identité turque a-telle évolué ces dernières années quant à la perspective de son adhésion à l’UE ?

M.A. : Il est difficile de parler de façon monolithique de l’identité turque ou de toute autre identité humaine car, en général, les identités sont des structures ouvertes avec beaucoup de couches. Dans la « constitution » de l’identité turque interviennent beaucoup de points communs et de différences aussi. Il en est de même de l’identité espagnole. En Europe, la perspective libérale est différente de celle d’un nationaliste ou d’un chrétien. Certains hommes politiques européens affirment que l’incorporation de la Turquie « changerait tout le caractère de l’identité européenne », ou que la civilisation européenne chrétienne pourrait courir le risque de se voir envahie par l’Islam. Cependant, le fait est que l’Europe n’a jamais été monolithique en ce qui concerne son identité collective et, donc, nous pouvons parler d’une Europe multiculturelle, d’une Europe libérale, d’une Europe laïque, d’une Europe agnostique.

Il est vrai qu’actuellement le soutien citoyen à l’incorporation dans l’UE, si nous le comparons avec celui d’il y a deux ans, est moindre. Pour lors l’appui était de 70 %, maintenant il a baissé à environ 54 %. Evidemment, c’est quelque chose qui nous inquiète. En partie, cela peut être dû à la conjoncture. Si la Turquie entend des commentaires aimables comme « bien sûr que la Turquie a le droit d’entrer dans l’UE », la population va commencer à changer d’opinion. Mais ce qu’elle a entendu ce sont des choses plutôt différentes comme « les turcs appartiennent à une civilisation complètement différente », ainsi que l’a exprimé le Pape Benoît XVI il y a quelque temps alors qu’il était encore cardinal. Et cela à un moment où de nombreux turcs croient que l’européisme est une dimension de son identité collective qui est en relation avec l’islamisme et la turquéité.

Je crois que l’appui à l’entrée dans l’UE reviendra dans les prochains mois si les conversations reprennent un niveau raisonnable dans la formulation du discours actuel sur la relation Turquie-UE. En termes généraux, la situation a été pratiquement la même pour tous les pays candidats pendant les négociations avec l’UE.

Le gouvernement démocratique est fragile ; nous devons en prendre soin en Turquie, en Europe et partout

A/I : Que pensez-vous de la division d’opinion en Europe occidentale au sujet de l’entrée de la Turquie dans l’UE ?

M.A. : Malgré le risque de paraître discourtois, je dois dire que les pays favorables à l’adhésion de la Turquie présentent de bons arguments par rapport à ceux que brandissent ceux qui sont contre. La plupart des raisonnements contre ne semblent pas suffisamment raisonnables. On ne peut pas dire qu’avec une Turquie membre de l’UE, toute l’Europe va
s’islamiser. Ce n’est pas possible dans une Europe laïque. Par contre, ceux qui sont pour ont une vision plus ample de l’avenir de l’Europe car ils savent qu’elle a besoin de la Turquie et que la Turquie a besoin de l’Europe. Bien sûr, le voyage vers l’Europe a commencé il y a presque un demi siècle. Pendant les quatre dernières années, le processus d’intégration a été un instrument excellent et aussi un magnifique soft power pour faire beaucoup de choses en très peu de temps dans notre pays. Ainsi nos amis européens parlent d’une révolution silencieuse. On a beaucoup avancé pendant cette brève période dans le domaine des réformes politiques et légales.

A/I : Ce processus présente des similitudes avec l’espagnol. Certaines des réformes alors effectuées auraient été beaucoup plus difficiles à adopter sans la perspective de l’adhésion à l’UE.

M.A. : C’est une bonne leçon. C’est tout a fait semblable à notre expérience. Il y a des coïncidences sur plusieurs chapitres. Mais vous, après avoir accompli tous vos devoirs, vous avez dû attendre plus ou moins deux ans.

A/I : La première demande espagnole d’entrée dans l’UE eu lieu en 1962 et nous fûmes admis en 1986.

M.A. : Oui, cela a mis plus de 20 ans.

A/I : Que pensez-vous des pays où l’opposition à l’incorporation de la Turquie s’est accrût ?

M.A. : Lorsque j’affirme qu’ils ne présentent pas de bons arguments, je suis tout à fait sincère. Par exemple, on ne peut pas dire que l’entrée de la Turquie dans l’UE signifie que nous devions oublier le jour où les turcs furent expulsés des portes de Vienne en 1863. Ce n’est pas du tout un bon argument d’un point de vue historique. La France et l’Allemagne se sont affrontées il y a quelques décennies et, pour le bien d’une nouvelle construction européenne, elles ont décidé de laisser le passé de côté pour édifier un nouvel avenir. Cependant, lorsqu’il s’agit de la Turquie, certains reculent dans le temps et se demandent pourquoi si on a chassé les turcs des « portes de Vienne », nous les admiterions dans l’UE maintenant.

Il en est qui disent que la Turquie est un vaste pays. C’est vrai, mais cela peut aussi être un avantage. On peut avancer dans de nombreux domaines, comme les Droits de l’Homme, la libre circulation des travailleurs. Mais on ne peut pas transférer au présent tous les problèmes qui pourraient surgir dans l’avenir. Les arguments doivent être fondés sur des connaissances solides, de l’histoire ou des situations politiques et économiques actuelles.

Le laïcisme turc

A/I : Croyez-vous qu’il faudrait expliquer le laïcisme et la modernité turcs en Europe ?

M.A. : La Turquie est un pays moderne, un pays laïc, et le laïcisme, tout comme l’européisme, fait partie de l’identité turque. Cela peut s’appliquer même à ceux qui optent pour une carrière religieuse. Non seulement ils acceptent le laïcisme comme un principe politique et légal, mais ils agissent aussi comme des laïcs. Mustapha Kémal Atatürk établit le principe de la souveraineté de la nation sans conditions ni limitations. Ce fut le premier principe qui prépara le terrain pour l’actuelle République de Turquie. Et la devise de la première Grande Assemblée Nationale Turque. Personne n’interpréta cette phrase d’un point de vue théologique ; personne ne dit alors que souveraineté politique de la Nation supposait que Dieu n’eut aucune autorité ; ils savaient très bien que l’autorité de Dieu supposait autre chose. L’autorité de Dieu est un concept théologique et métaphysique, aussi bien si on croit en Dieu que si on n’y croit pas. Cela eut lieu il y a presque un siècle. Dans de multiples nations, lorsque l’on commence à parler de démocratie, on fait aussi surgir plusieurs questions religieuses. Pas en Turquie. Dans de nombreux pays se demande si l’Islam est compatible ou pas avec la démocratie ou les valeurs démocratiques. Depuis 1980, nous avons traité certaines de ces questions et nous avons atteint une sorte d’accord cognitif.

L’Europe ne peut pas avancer sur son propre avenir sans dépasser sa crise constitutionnelle

A/I : Etant donné qu’il s’agit d’une expérience unique dans le monde islamique, quel rôle pensez-vous que vous puissiez jouer avec les autres pays musulmans ?

M.A. : Je crois que la Turquie pourrait être considérée comme un bon exemple plutôt que comme un modèle. Nous n’utilisons jamais le mot modèle. Affirmer que nous sommes un modèle me semble arrogant. Dans certains cas, cette attitude serait typiquement européenne. Il est surprenant, par exemple, que certains disent que la justice est une valeur européenne. Il serait plus correct d’affirmer que la justice est une valeur universelle, puisque c’est aussi une valeur musulmane ou bouddhiste… Il existe plusieurs interprétations de cette valeur, mais nous partageons aussi des points de vue sur la question. Ainsi, lorsque le prophète Mahomet commença à prêcher l’Islam à La Mecque, certains des premiers croyants eurent des problèmes et leurs vies furent menacées. Le Prophète les envoya en Ethiopie, en leur assurant que là-bas personne ne leur ferait de mal car un homme juste gouvernait. Le Prophète avait raison. Ainsi une personne de La Mecque et une autre d’Ethiopie avaient le même concept de la justice, bien que l’une enseignât l’Islam et que l’autre fût chrétienne.

La Turquie doit encore parcourir un long chemin en ce qui concerne l’application des valeurs et des principes démocratiques, mais les pays européens doivent aussi améliorer beaucoup de choses. Nous craignons que la démocratie soit en danger même en Europe. Il suffit de voir les dernières initiatives politiques et légales sur la citoyenneté, l’union familiale ou l’enseignement des langues. De nombreuses lois récemment approuvées n’ont rien à voir avec l’esprit ou les valeurs démocratiques. Imaginez-vous que dans un pays de l’UE quelqu’un (un ministre) puisse affirmer que les enfants turcs ne devraient pas parler turc même dans la cours de l’école ? Il y a trois ou quatre ans cela aurait été impensable, mais aujourd’hui on entend des choses de ce genre assez souvent. En résumé, le gouvernement démocratique est quelque chose de très fragile ; nous devons en prendre soin en Turquie, en Europe et partout.

Quant aux pays islamiques, on détecte des améliorations visibles en ce qui concerne les valeurs démocratiques, ainsi que le montrent clairement plusieurs études récentes de l’Institut Pew ou l’Organisation Gallup. Leurs conclusions montrent que dans beaucoup de pays musulmans on a une haute considération des valeurs démocratiques très importantes. Et s’il en est ainsi c’est parce que, s’il n’y a pas de liberté, en termes existentiels, le besoin en devient énorme. Et donc, lorsque des élections démocratiques sont convoquées dans un pays avec plusieurs partis ayant différentes idéologies et qu’arrive au pouvoir un nouveau parti, ainsi que cela s’est produit en Turquie, nous donnions un bon exemple, un exemple d’une grande importance.

La Turquie est un pays laïc, moderne ; le laïcisme, tout comme l’européisme, font partie de l’identité turque

A/I : Comment s’est passée votre expérience en tant que membre du Groupe de Haut Niveau de l’Alliance des civilisations promue par les chefs de gouvernement espagnol et turc ?

M.A. : Ce fut tout un défi. 20 personnes assises autour d’une table, parlant de questions comme l’avenir de La Turquie est un pays laïc, moderne ; le laïcisme, tout comme l’européisme, font partie de l’identité turque la Palestine ou la situation actuelle en Europe, s’obligeant à rédiger des déclarations claires et à élaborer de bonnes descriptions et formulations sur le bourbier où nous sommes tous submergés actuellement, ce fut une superbe expérience. Nous avons dû décrire et analyser un grand nombre de questions et après suggérer ce que la communauté internationale devrait faire à ce sujet. Je crois que finalement nous avons réussi à préparer un rapport courageux. Nous espérons avoir une feuille de route pour la fin mars ainsi qu’un haut représentant, et alors commenceront les mécanismes d’application. Nous avons pleine confiance en l’obtention du soutien des pays membres et, en général, de la communauté internationale.

La Turquie et le partenariat euroméditerranéen

A/I : D’après vous, quel est le rôle de la Turquie dans le partenariat euroméditerranéen ?

M.A. : Les deux rives de la Méditerranée sont importantes pour la relation Turquie-UE. Je vais être tout à fait sincère : malgré les nombreuses difficultés, je crois que les pays méditerranéens, membres de l’UE, sont souvent les plus indiqués pour comprendre les problèmes auxquels notre pays doit actuellement faire face quant à son intégration dans l’UE. Et cela du fait de l’histoire, des liens culturels étroits, de la méditerranéité. Et, pour en revenir aux pays du Sud, ils ont eu de bonnes relations, mais aussi douloureuses, avec les pays de la rive nord. Cependant, aujourd’hui ces épisodes pourraient être débattus rationnellement et utilisés à des fins pacifiques.

La position de la Turquie par rapport au nord et au sud de la Méditerranée est très importante du point de vue de la culture, de la civilisation, et de la perspective stratégique. Avec la Turquie, l’Europe compte aussi sur un bon point de départ, un point stable à partir duquel ouvrir l’est et le nord de la Méditerranée à tout le monde. Nous croyons sincèrement que l’adhésion de la Turquie présente une importance globale. Nous voulons jouir d’un ordre mondial pacifique et constructif. La Turquie survivra sans l’UE, mais ce serait mieux pour l’ensemble des nations si un pays comme la Turquie appartenait à l’UE. Pour que la pratique de la démocratie se consolide et s’étende, les européens ont vraiment besoin de la Turquie, de l’Egypte, de la Jordanie, du Maroc, du Bahreïn, c’est-à-dire des pays où il y a un vrai progrès de la démocratie. Je suis content de que nos relations avec tous les pays musulmans du nord de
l’Afrique soient bonnes ainsi qu’avec le Portugal, l’Espagne, l’Italie, la Grèce, entre autres Etats.

A/I : Que pensez-vous de Chypre ? A quel point croyez-vous que cette question entrave l’adhésion de la Turquie à l’Europe ?

M.A. : La question de Chypre ne sera pas toujours en suspend, elle se résoudra d’une manière ou d’une autre. Il n’y a pas le choix, même pour les chypriotes : ils doivent trouver une solution commune et pacifique. Bien sûr, actuellement, la partie grecque est membre de plein droit de l’UE et ne semble pas avoir de raisons de s’inquiéter, mais je crois que dans un avenir proche, l’embargo à la communauté turque sera levé. Dans ce sens, l’Europe devrait tenir parole et maintenir la promesse qu’elle fit il y a deux ans. On a commencé à parler d’une relation commerciale ; nous devons peut-être avancer pas à pas. La Turquie a toujours été disposée à ouvrir une voie dans la direction positive. Nous l’avons dit il y a trois ans : nous ne resterons pas en arrière, nous irons de l’avant. Si l’UE, la Grèce et les chypriotes font un geste positif, le geste des chypriotes turcs et du gouvernement turc sera plus ferme. Cependant, l’Europe ne peut pas avancer vers son propre avenir sans dépasser sa crise constitutionnelle. Et tout le monde a besoin de la profonde expérience européenne, philosophique, éthique et politique. Nous avons besoin de l’Europe, nous avons aussi besoin de la vielle Europe et nous avons besoin de Kant, de Descartes et de John Locke. Cela signifie qu’il faut remettre en question les concepts de rationalité, de perspective libérale et même de « paix perpétuelle ». Il existe un potentiel intellectuel humain ; ainsi donc, l’Europe devra être unie pour arriver à être une grande puissance sur la scène internationale. Pour que les organisations internationales (OTAN, ONU et beaucoup d’autres) n’échouent pas et pour le bien de la légalité internationale, nous avons urgemment besoin de l’expérience européenne. Pour plusieurs raisons, nous n’utilisons qu’une petite partie de cette expérience. Et, bien sûr, on peut presque en dire autant du monde musulman, de son énorme potentiel en main d’oeuvre, en richesse culturelle, en influence théologique et philosophique et du poids de personnages comme le philosophe arabe Averroès ou Ibn Arabi.

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