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La France renvoie la question turque à décembre 31 mai 2007

Posted by Acturca in France, Turkey-EU / Turquie-UE.
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Le Figaro (France), no. 19539, mardi 29 mai 2007, p. 1, 5

Luc De Barochez

La France donnera son feu vert à l’ouverture, en juin, de nouvelles discussions nécessaires à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. L’échec de ce rendez-vous mettrait en péril la remise à flot, jugée prioritaire à l’Élysée, de la réforme institutionnelle européenne autour du minitraité proposé par la France. Toutefois, s’il accepte de ne pas bloquer d’emblée le processus d’adhésion d’Ankara, le président de la République, Nicolas Sarkozy, entend que soit posée la question des frontières de l’Europe en décembre prochain. Page 5

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Nicolas Sarkozy donne six mois de répit à la Turquie

Un émissaire présidentiel s’est secrètement rendu à Ankara pour tenter de dépassionner le débat sur l’adhésion turque à l’UE.

La France, pour le moment, n’entend pas faire obstacle à la poursuite des négociations avec la Turquie. Le président Nicolas Sarkozy s’abstiendra d’opposer le veto de Paris à l’ouverture prévue, le 26 juin, de trois nouveaux chapitres de négociation entre l’Union européenne et Ankara. En revanche, il veut poser la question des frontières de l’Europe au mois de décembre prochain, lors du Conseil européen qui clôturera la présidence portugaise de l’Union.

Nicolas Sarkozy souhaite que les Vingt-Sept décident alors de créer un groupe de travail chargé de délimiter les frontières de l’Union et de réfléchir à sa politique de voisinage. Avec, dans l’esprit du chef de l’État, une réponse qui devra être claire : la Turquie ne fait pas et ne fera pas partie de l’Europe. Sur le fond, le président de la République ne renie rien des positions tranchées qu’il a défendues pendant la campagne électorale. Mais il a conscience d’avancer en terrain explosif. Pour déminer la voie, il a eu un premier contact téléphonique, le 24 mai, avec le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan. Avant-hier, il a dépêché à Ankara son conseiller diplomatique, Jean-David Levitte, qui s’y est rendu très discrètement. « Il s’agit de trouver un chemin qui ne casse ni l’Europe en deux, ni la relation franco-turque, expliquait-on hier dans son entourage à l’Élysée. Nous sommes à la recherche de ce chemin. » Il restera ensuite à expliquer à l’opinion publique pourquoi les négociations d’adhésion se poursuivent avec Ankara.

L’échéance du 26 juin, à laquelle l’Union doit ouvrir les nouveaux chapitres, qui portent sur la politique économique et monétaire, le contrôle financier et l’appareil statistique, arrive beaucoup trop tôt pour les autorités françaises. D’abord, les Vingt-Sept viendront de se mettre d’accord au Conseil européen des 21 et 22 juin – c’est du moins ce qu’on espère à Paris – sur le principe et les grandes lignes d’un traité simplifié, appelé à se substituer au défunt projet constitutionnel européen. Il restera alors à mener des pourparlers détaillés, au sein d’une conférence intergouvernementale à vingt-sept, pour rédiger le nouveau traité. Ces pourparlers s’achèveront, au plus tôt, en décembre, et plus vraisemblablement dans le courant de 2008.

Paris ne veut pas qu’une querelle sur la Turquie vienne saborder ses efforts pour faire entériner le nouveau texte (voir encadré ci-contre), censé faciliter le fonctionnement de l’Union et lui permettre d’adopter de nouvelles politiques, sur l’immigration ou l’énergie par exemple. « Le traité simplifié est la priorité. On ne peut pas mélanger la question des frontières et celle du traité simplifié. C’est pourquoi nous allons séparer les deux », indiquait-on hier dans l’entourage de Nicolas Sarkozy. La seconde raison qui motivera le feu vert français de la fin juin est que la Turquie se trouvera en pleine campagne électorale pour les législatives anticipées du 22 juillet. Un veto français serait interprété comme l’expression d’une ingérence potentiellement déstabilisatrice dans le débat interne en Turquie.

À plus long terme, Nicolas Sarkozy veut inclure la Turquie dans une Union méditerranéenne incluant tous les pays riverains. Les bases de cette nouvelle Union pourraient être jetées lors d’une conférence réunissant les pays appelés à y participer, au second semestre 2008 (la France sera alors présidente en exercice de l’UE). Même s’il propose de commencer avec des projets concrets et consensuels, par exemple la sauvegarde de l’environnement de la Méditerranée, le chef de l’État se fait une idée ambitieuse de cette nouvelle Union qui serait, une fois arrivée à maturité, dotée d’institutions propres.

Illustration(s) :

En recevant Romano Prodi, hier à l’Élysée, Nicolas Sarkozy a plaidé pour son projet de traité simplifié, qu’il entend faire adopter par les Vingt-Sept avant de soulever la question turque.

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