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Les chercheurs d’or noir se ruent au Kurdistan irakien 7 novembre 2007

Posted by Acturca in Energy / Energie, Middle East / Moyen Orient, Turkey / Turquie, USA / Etats-Unis.
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Le Monde (France), jeudi, 8 novembre 2007, p. 13

Patrice Claude

Ray Hunt est un milliardaire d’ordinaire discret. Il n’a pas du tout aimé la publicité négative que le contrat conclu entre sa compagnie pétrolière, Hunt Oil, et le gouvernement régional du Kurdistan irakien, lui a valu dans la presse américaine. Pour une fois, l’héritier texan qui se refuse à révéler jusqu’au nombre exact de ses employés, sans parler de ses profits, a dû s’expliquer.

 » Non  » il n’a pas  » demandé l’autorisation  » de son ami George W. Bush – à qui il va offrir une fondation post-présidentielle à son nom pour 35 millions de dollars, soit 24 millions d’euros -, avant de signer son contrat d’exploration avec les Kurdes. Il n’a pas non plus demandé l’avis de ses collègues du Conseil du renseignement étranger pour le président, discret organe où M. Bush l’a nommé pour le remercier de ses généreuses contributions aux campagnes électorales.

A 64 ans, M. Hunt a signé ce contrat dont les clauses sont restées secrètes, parce que les profits potentiels sont confortables et parce que c’est un homme qui aime le risque et les  » opérations commandos « , comme il dit. Le département d’Etat américain qui poursuit en principe une politique censée renforcer et non affaiblir l’unité du nouvel Irak fédéral, a grogné contre une action  » qui élève inutilement la tension  » entre Bagdad, siège du gouvernement central et Arbil,  » capitale  » du Kurdistan autonome.

Hussein Sharistani, le ministre fédéral du pétrole, ne décolère pas et prévient que  » les contrats signés à Arbil n’ont pas de valeur légale et ne seront peut-être jamais reconnus  » par la nouvelle loi nationale sur le pétrole. Sauf que la législation en question n’en finit pas d’être écrite, corrigée et réécrite par un Parlement plus fractionnel que jamais. Que les partis sectaires, chiites et sunnites, ne parviennent pas à s’entendre sur le texte. Et que les Kurdes, qui disposent d’un quasi-Etat homogène dans leur région du nord, en ont eu assez d’attendre et ont rédigé leur propre législation pétrolière en août.

En signant début septembre avec eux, Hunt Oil a, soit ouvert une nouvelle boîte de Pandore en Irak, ou bien la compagnie, basée à Dallas, a fait oeuvre pionnière. Depuis, huit autres compagnies étrangères privées, de petite ou moyenne importance, indienne, américaine, canadienne et une franco-britannique nommée Perenco, ont suivi.

Dans le lobby de l’unique grand hôtel d’Arbil, les consultants se bousculent, tels Jean-Christophe Mitterrand ou Loïk Le Floch-Prigent, l’ancien patron du groupe Elf. Pour l’heure, autant qu’on puisse le savoir, les contrats négociés ne seraient  » que  » des accords d’exploration, le gouvernement régional du Kurdistan espérant que les 70 000 km2 qu’il contrôle recèlent autant  » d’huile  » que la zone immédiatement frontalière qu’il ambitionne d’adjoindre à son territoire, celle de Kirkouk, exploitée depuis un siècle. Des accords pour la construction et le financement de deux raffineries ont aussi été conclus.

Besoin de financements

Une partie du pétrole tiré du sous-sol, notamment par Perenco, qui exploite des puits juste de l’autre côté de la frontière, en Turquie, serait destinée à la consommation locale. Pour l’instant, pas moyen de faire autrement. L’or noir kurde éventuellement pompé ne peut être exporté que via les 1 000 km de pipe-lines qui partent de Kirkouk et traversent la Turquie jusqu’au terminal méditerranéen de Ceyhan. Or, au départ des  » tuyaux  » à Kirkouk, c’est le gouvernement central de Bagdad qui contrôle ; à l’arrivée, c’est celui d’Ankara. Et l’on sait, en ces temps de mobilisation guerrière de part et d’autre de la frontière, combien les relations turques avec le gouvernement kurde régional d’Arbil, ne sont pas excellentes. Seront-elles meilleures dans trois ou quatre ans, lorsque l’huile convoitée – 200 000 barils/jour espérés à terme, contre 1,5 million produits aujourd’hui par l’Irak entier – devrait commencer à couler ?

Nechirvan Barzani, le premier ministre kurde, défend bec et ongles sa politique pétrolière au motif que sa région autonome, la seule d’Irak qui vit dans une relative sécurité, a,  » comme l’ensemble du pays  » dit-il, un urgent de besoin de financements pour accélérer le développement voulu par ses 5 millions d’administrés (17 % de la population irakienne). Et il promet que le Kurdistan reversera au gouvernement central de Bagdad 83 % des futurs profits. Le problème, en ces temps troublés, est qu’en Irak, plus personne ne croit en la parole de quiconque.

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