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Eric Gerets, le Stambouliote 28 novembre 2007

Posted by Acturca in Istanbul, Turkey / Turquie.
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Le Progrès (France)

mardi, 27 novembre 2007, p. 28

Désormais entraîneur de Marseille, le Belge retrouve Istanbul demain où il a gardé bien des souvenirs de ses années à la tête du club de Galatasaray « A Istanbul, on respire le foot, c’est une religion, avec trois équipes renommées, Galatasaray, Fenerbahçe et Besiktas »

Marqué à vie par son passage à Istanbul (2005-07) où il a offert à Galatasaray son dernier titre de champion en 2006, l’entraîneur belge de Marseille Eric Gerets retrouve la métropole turque avec l’OM, qui affronte Besiktas demain lors de la 5e journée de la Ligue des champions. Occasion idéale pour revisiter des souvenirs de Bosphore encore bien vivaces.

« J’étais en train de faire un travail convenable à Wolfsburg (1re div. allemande), mais un nouveau directeur sportif a voulu changer de philosophie. A mes yeux, cela n’avait pas de futur. Pour éviter toute victime, on a déchiré le contrat. Il faut savoir dire adieu au bon moment. Et quand Galatasaray s’est manifesté, cela n’a pas duré très longtemps. Je voulais un jour travailler en Turquie ou en Grèce ».

« Même si j’ai coaché et joué dans d’autres pays, au fond, c’était toujours autour de l’église. Là c’était un autre monde. A Istanbul, on respire le foot, c’est une religion, avec trois équipes renommées, Galatasaray, Fenerbahçe et Besiktas, nourries de détestation les unes pour les autres. La première chose que l’on te dit à Istanbul, c’est : je suis pour tel ou tel club ».

« Tous ceux qui ne connaissent pas Istanbul en ont une idée négative. Mais c’est une des plus belles villes que j’ai vues dans ma vie. Le long du Bosphore, c’est du romantique pur. La Turquie est belle. Et puis, avec le foot, toutes les portes s’ouvrent. A l’aéroport, par exemple, quand tes amis viennent te rendre visite, c’est plus simple pour les formalités. La chaleur humaine est aussi extraordinaire ». « On m’avait dit que la situation financière du club était très désagréable. De fait, des joueurs n’étaient pas payés pendant 4 ou 5 mois. Finalement, au bout du compte, chacun reçoit son argent, mais tard J’étais dans une situation délicate, entre la direction du club qui me disait qu’il fallait patienter et les joueurs me répliquant : tu commences à parler comme un président. Tous les pronostics donnaient Fenerbahçe champion avec 15 points d’avance Tout s’est joué à la dernière journée. Nous devions gagner et Fenerbahçe faire au mieux match nul. Devant 28 000 spectateurs en délire, nous gagnons 4-0, mais le match de « Fener » a pris du retard. Pendant plusieurs minutes, on attend le résultat, dans une ambiance indescriptible.

Finalement, ils font match nul, avec un tir sur la barre dans les arrêts de jeu. C’était Hitchcock ! La suite a relevé de la folie, avec des supporteurs marchant sur l’autoroute J’ai eu la chance d’être champion de nombreuses fois dans ma carrière, notamment à Eindhoven où l’on montait sur un bus au milieu de 100 000 personnes pour parader jusqu’à la mairie. Mais à Istanbul, j’ai vécu l’un des plus beaux moments de ma vie de sportif ».

« Quand tu viens jouer à Galatasaray, on te dit : welcome to hell (bienvenue en enfer). Lors des derbys, tu as des frissons du début à la fin. Tu es sportif pour vivre des moments pareils ! J’ai trouvé ici ce que j’étais venu chercher ».

« La culture sportive des grands clubs turcs est fondée sur l’émotion. Car tous les deux ans, il y a élection du président du club, qui met alors le paquet en recrutement pour se faire réélire. Ma 2e année, on m’a laissé jouer les Don Quichotte. On m’a dit : il n’y a pas d’argent. J’avais demandé 2-3 joueurs, aucun n’est venu. Mais ils figurent parmi les 8 nouveaux recrutés cette saison. Si les clubs turcs parviennent à adopter une politique sportive plus cohérente, ils auront les résultats escomptés en Europe. Car l’argent est là ».

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