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Rencontre avec Elyas Baccar – A la recherche du non-dit et de l’inexprimé 18 janvier 2008

Posted by Acturca in Art-Culture, Middle East / Moyen Orient, Turkey / Turquie.
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All Africa, 18 janvier 2008

Propos recueillis par Adel Latrech

Esprit éminemment créatif et innovateur, ce jeune artiste n’a pas cessé de nous étonner et de nous interpeller par l’originalité de sa touche et l’empreinte du génie qui font sa singularité. Son spectacle «Mevlana» présenté en 2005 à Konya, en Turquie, continue encore de susciter remous et retentissement dont les échos n’ont pas fini de se propager, aujourd’hui encore

Conforté par l’adhésion d’un public subjugué par un thème qui n’a laissé personne de glace, Elyas Baccar, l’insoupçonnable maître-d’oeuvre de Hiya ou houa, entouré de l’amitié et de la reconnaissance des techniciens et acteurs, n’a pas caché sa joie de se retrouver à Tunis, après une absence de sept mois. C’était à l’avant-première du film, mardi dernier. Nous l’avons approché pour mieux appréhender le sens de sa démarche, les raisons de son absence.

«Après le spectacle de Mevlana présenté lors de la clôture du Festival de la Médina, dans son édition 2006, nous nous sommes, ma femme Dorsaf Hamdani et moi, trouvés en quelque sorte surpris par le manque de collaboration au niveau de la distribution du spectacle par les structures culturelles en Tunisie. En fait, Mevlana nous a coûté horriblement cher. Nous avons employé les gros moyens en matière de costumes, de décors et de participation d’artistes étrangers de premier plan venus d’Iran, de Turquie et du Liban. Sans parler des mesures prises dans le cadre de l’apprentissage du turc et du persan prodigué à Dorsaf, sommée de chanter Rûmy, le grand mystique irano-turc, dans le texte original.

On escomptait rentrer dans nos frais ou, au moins, recouvrer une partie des fonds engagés avec la programmation de Mevlana au Festival de Carthage 2007. Hélas, on a été surpris par un courrier émanant du comité d’organisation du festival nous informant de son regret de nous exclure de l’ensemble de la programmation en dépit des promesses qui nous ont été faites. Cela a été un rude coup dont nous ne nous sommes pas encore remis, financièrement cela s’entend. Face à cette impasse, nous avons décidé, d’un commun accord, de virer de bord en optant pour l’exil. Le Caire nous a ouvert ses bras, et dans son giron nous avons retrouvé une certaine sérénité, indispensable pour taquiner la muse inspiratrice qui sommeille en chacun de nous».

Cet exil volontaire peut être assimilé à une dérobade, une fuite vers l’avant, qu’en pensez-vous?

«Dérobade ou pas, je n’ai pas perdu au change puisque, en Egypte, je me suis trouvé confronté à l’industrie du cinéma et de la chanson. J’ai été sollicité par des cinéastes, des scénaristes, des poètes et des compositeurs. Des gens illustres dont Soumaya Alphi, Farouk Fichaoui, Nour Shérif, Khaled Nabawi, Bahaeddine Mohamed, le parolier attitré de Amro Diab, Shirine, Nancy Ajram et de grands ténors de la chanson orientale.

J’ai essayé d’introduire une rythmique imprimant un mouvement en rupture avec tout ce qu’a été ma démarche artistique. J’avais besoin de retrouver une logique, une cohérence qui me fasse oublier la désillusion ressentie à la suite de la dérive de Mevlana. D’ailleurs, je n’ai pas rompu avec mon pays. Ma présence aujourd’hui le prouve. Et puis, en tant que membre du syndicat des producteurs tunisiens du Moyen-Orient, j’oeuvre dans ce cadre pour un jumelage entre les syndicats tunisien et égyptien».

Où en est Dorsaf Hamdani?

«La voie qu’elle a empruntée est tout indiquée pour le succès. Cette ouverture lui a permis de collaborer avec les meilleurs compositeurs et paroliers. A deux reprises et en moins de deux mois, elle a donné deux concerts à l’Opéra du Caire. Son dernier clip, tourné en Tunisie par une équipe tunisienne, est considéré par les spécialistes de la profession comme le plus performant de l’heure. A sa première diffusion sur la satellitaire Melody, on a enregistré le plus grand nombre de SMS et d’e-mails. Pour Dorsaf Hamdani, il s’agit là d’un nouveau déploiement dans le volume et dans l’espace de sa carrière, à l’image de ses potentialités et de son talent».

Vos projets

«J’en ai deux en vue. D’abord, un film que je dois tourner incessamment dans les territoires palestiniens. Le 23 janvier, je me rends à Jérusalem ainsi qu’à Bethléem, Naplouse, Jéricho et Ramallah pour commencer le tournage d’un film produit par Al Jazira Children’s Channel. Il s’agit d’une fiction sur les rapports qu’entretient l’enfant palestinien avec ce qu’on appelle le Mur de la honte, une structure en béton érigée par les autorités israéliennes dans un but inavoué. Ici, le phénomène interférentiel de la politique et du monde de l’enfance est à l’ordre du jour.

Par ailleurs, mon second long métrage Tunis by night, dont j’ai écrit le scénario, a reçu une aide à l’écriture. Pourvu qu’il ne mette pas six ans à croupir dans les fonds de tiroir, comme ce fut le cas pour Elle et lui. Ce film n’a pu voir le jour qu’après six longues années d’attente et, surtout, grâce à l’intervention du ministère de la Culture.

Tunis by night sera une douce évocation d’une époque, celle du début du siècle dernier, la plus belle et la plus passionnante que Tunis ait jamais vécue. Il régnait à Tunis un chic, une élégance et une telle joie de vivre qui entrent en résonance avec les aspirations revendicatrices du mouvement « Jeunes Tunisiens ».

Tunis by night répond à l’attente du Tunisois qui demeure viscéralement attaché à un certain art de vivre auquel il ne peut accéder que par la recherche de soi. J’espère qu’après mon retour de Palestine, j’entamerai le premier tour de manivelle de ce film qui réunira une participation considérable de comédiens».

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