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Approvisionnement en gaz de l’Europe : Moscou marque des points 21 janvier 2008

Posted by Acturca in Energy / Energie, EU / UE, Russia / Russie, South East Europe / Europe du Sud-Est.
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Les Echos (France), 21 janvier 2008, p. 8

Adèle Smith,de notre correspondante à Moscou

Vladimir Poutine a obtenu in extremis vendredi l’accord de la Bulgarie pour sa participation à la construction du gazoduc « South Stream », projet russo-italien qui doit transporter le gaz de la Caspienne vers les marchés d’Europe.

La construction du gazoduc « South Stream » devrait nécessiter un investissement de plus de 10 milliards d’euros au total.

A l’occasion de son dernier voyage à l’étranger comme chef de l’Etat, la semaine dernière en Bulgarie, Vladimir Poutine peut se targuer d’un beau succès. Le petit pays des Balkans a donné son feu vert vendredi au gazoduc South Stream, qui doit relier la Russie au sud de l’Europe d’ici à 2015 en passant sous la mer Noire. Un projet crucial pour maintenir l’influence de Moscou sur le Vieux Continent en matière énergétique.

L’accord conclu vendredi après des négociations extrêmement difficiles, prévoit une participation égale de la Russie et de la Bulgarie sur la partie bulgare du pipeline d’une longueur totale de 2.500 kilomètres. Sa construction devrait nécessiter un investissement de plus de 10 milliards d’euros au total. La Russie a également proposé, en décembre dernier, à la Serbie de se joindre au projet, pour obtenir son propre branchement, en échange de la vente de son unique entreprise pétrolière publique (Industrie Pétrolière de Serbie) à des intérêts russes pour une somme jugée bien en dessous de sa valeur. Vendredi soir, le patron de Gazprom, Alexeï Miller, a d’ailleurs assuré que les négociations allaient bientôt aboutir.

Pour de nombreux analystes à Moscou, la Russie, avec South Stream, va accroître son contrôle sur les voies d’approvisionnement en gaz des Européens. « Gazprom cherche à préserver son monopole sur tous les fronts, de la production gazière en Russie au contrôle des ressources d’Asie centrale, jusqu’au contrôle des moyens de transport vers l’Europe avec le South Stream au sud et le North Stream au nord », explique Artiom Konchine, analyste chez Aton. « Gazprom garde ainsi tous les leviers sur le contrôle des prix », ajoute le spécialiste.

En compétition

Le South Stream entre en compétition à la fois avec un autre projet russe, le Blue Stream, mais surtout avec le projet européen rival, Nabucco, contrôlé par cinq pays, dont la Bulgarie, et qui a justement pour objectif de contourner la Russie. D’une longueur de 3.300 kilomètres et d’un coût estimé à près de 4,6 milliards d’euros, il doit transporter jusqu’à 30 milliards de mètres cubes de gaz en provenance d’Asie centrale, voire d’Iran et d’Irak.

Or, estime Denis Borisov, analyste chez SolidInvest, il n’y aura pas forcément assez de gaz d’Asie centrale pour les deux gazoducs. « La production de gaz de l’Asie centrale devrait atteindre 30 milliards de mètres cubes en 2015, juste assez pour le South Stream », estime-t-il. Il reste aux Européens à espérer que les réserves de gaz du Turkménistan soient aussi importantes que le promet son président, pour alimenter le Nabucco.

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