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Comment la Suisse a séduit la Turquie 3 mars 2008

Posted by Acturca in Turkey / Turquie.
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Le Matin (Suisse)

2 mars 2008

Aéroport de Belp, vendredi, 4 h 35. Alors que la Suisse dort encore, Peter Gilliéron gare sa voiture sur le parking désert. Devant les grilles de la base des Forces aériennes, le secrétaire général de l’ASF consulte sa montre. «On ne pourrait jamais faire ça avec l’équipe. Vous imaginez la tête des joueurs?» Emmenée par Ralph Zloczower, la délégation helvétique, réduite à quatre personnes, s’engouffre quelques instants plus tard dans l’avion du Conseil fédéral. L’appareil des Swiss Air Force – un Falcon 50 – décolle à 5 h. Cap sur Istanbul et la Turquie, distante de… 2008 km!

6 h 15. A 11 800 m d’altitude à la verticale de Zagreb, alors que le jet poursuit sa route à 880 km/h, Ralph Zloczower termine son petit-déjeuner avant d’évoquer sa tournée européenne des pays – et Fédérations – qualifiées. Après Prague et avant Rome (29 mars) et Lisbonne (4 avril), l’objectif de la mission du jour – compte tenu du contentieux entre les deux pays – est plus délicat: oublier le 16 novembre 2005 et tourner définitivement la page du match de la honte. Le président veut refermer une parenthèse qui n’aurait jamais dû s’ouvrir. «Avec la Turquie, on se connaît bien. A cause de l’alphabet, nous sommes d’ailleurs toujours assis à côté d’eux lors des congrès! (Rires). »

7 h 25. Atterrissage à l’aéroport d’Atatürk. Dans le secteur VIP, les visiteurs reçoivent un accueil digne d’un chef d’Etat. Les formalités rapidement expédiées, deux limousines prennent le chemin du Swissotel. «Notre but est d’évoquer le futur, pas le passé. » Distribués par le personnel de l’ambassade suisse, des pin’s célébrant l’amitié retrouvée entre les deux peuples fleurissent sur les vestons.

9 h 15. Dans un salon feutré, à l’écart des regards indiscrets, rencontre au sommet entre les deux Fédérations. Entre échanges de bons procédés et de cadeaux, on parle ballons et stratégie avant la conférence de presse officielle qui doit débuter dans moins de 3 heures. Le but est de calmer le jeu et de poursuivre un dégel déjà amorcé à Lucerne, en décembre, lors du tirage au sort. Vice-président de l’UEFA, le Turc Senes Erzik participe au réchauffement de l’atmosphère. Réunificateur, son discours fait l’unanimité. De leur côté, les villes hôtes en profitent pour faire leur pub et installer leur stand.

12 h 10. L’apparition de Fatih Terim provoque une mini-émeute. Directeur de l’Office du tourisme de Genève, François Bryant félicite le sélectionneur turc pour son choix de l’hôtel (La Réserve). «En 2006, c’est dans ce même hôtel que l’Italie avait séjourné avant la Coupe du monde. Vous connaissez la suite…»

12 h 25. L’ambassadeur de Suisse à Ankara, Walter Gygax ouvre avec un léger retard la conférence. «J’aime les deux pays et je suis aussi un supporter de Fenerbahçe. » Plus tard, le discours de Ralph Zloczower est chaleureusement applaudi. «Soyez les bienvenus chez nous», lance-t-il à ses futurs hôtes. La cicatrice du 16 novembre semble se refermer. Dans la foulée, Hasan Dogan ne manque pas l’occasion de rappeler, dans un sous-entendu appuyé, la contribution de la Turquie – Türkyilmaz, les frères Yakin, Inler, etc – au football suisse. Le tout fraîchement élu nouveau président de la Fédération turque repartira avec une cloche de vache en guise de cadeau.

12 h 45. Roger Federer s’invite sur l’écran géant et souhaite à son tour la bienvenue aux joueurs et supporters Turcs. En 2007, notre pays a enregistré 78 500 nuitées de visiteurs en provenance du Bosphore (+7%).

13 h 30. Lors du buffet de la réconciliation qui suit la partie officielle, on trinque avec des vins vaudois – un rouge de Saint-Saphorin et du Dézaley blanc. Soulagée, la délégation helvétique peut enfin décompresser. «La partie n’était pas gagnée d’avance, mais je crois que l’on a réussi à faire passer notre message. » Ralph Zloczower donne rendez-vous à ses hôtes en juin. A l’heure des pronostics sportifs, le président joue la carte de la diplomatie. «Dans notre groupe, il y a deux billets. Il y a donc de la place pour nos deux pays», lâche-t-il en direct à la TV.

14 h 45. La salle des pas perdus s’est vidée, le cliquetis des fourchettes tu. En avance sur l’horaire prévu, le visiteur lève le camp. Le transfert est assuré par l’ambassade, le trafic étrangement fluide. Retour à Atatürk, dans le secteur VIP de l’aéroport.

15 h 40. Alors que le vol de Kaboul est annoncé avec quatre heures de retard, les TV diffusent en boucle les images du retrait des troupes turques après leur offensive visant les rebelles du PKK dans le nord de l’Irak. Auparavant, la seule question avait été liée au problème kurde et à la question de la sécurité durant l’Euro.

18 h 05. Après avoir survolé le Stade de Suisse à basse altitude, le Falcon 50 du Conseil fédéral se pose à Belp. La mission aura duré environ 11 heures. Elle est qualifiée de «totale réussite» par ceux qui en avaient eu l’initiative. Pour en avoir la certitude, il faudra attendre le 11 juin et les retrouvailles sportives, à Bâle, entre nouveaux amis suisses et turcs.

EURO 2008 La mission aura duré onze heures, le temps d’un aller-retour express sur les bords du Bosphore. Président de l’ASF, Ralph Zloczower est allé à la rencontre des joueurs, dirigeants et supporters turcs. Avec son homologue, les deux hommes ont célébré l’amitié retrouvée entre les deux pays.

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