jump to navigation

La fragile Macédoine déstabilisée par l’intransigeance d’Athènes 14 avril 2008

Posted by Acturca in South East Europe / Europe du Sud-Est.
Tags: , , , ,
trackback

Libération (France), 14 avril 2008, p. 11

Hélène Despic-Popovic

Des législatives se tiendront le 1er juin en Macédoine après la décision du parlement de se dissoudre samedi. L’Assemblée macédonienne est ainsi la première victime collatérale du refus exprimé lors du dernier sommet de l’Otan, à Bucarest, d’inviter cette ancienne république yougoslave à rejoindre le Traité de l’Atlantique nord.

Pourquoi ce rejet par l’Otan complique-t-il la situation ?

La Macédoine a fait l’objet d’un veto de la Grèce qui lui reproche d’usurper un nom qui n’appartient qu’au patrimoine hellénique. Admise à l’ONU sous le nom d’ancienne République yougoslave de Macédoine (Arym ou, plus utilisé, Fyrom, en anglais), la Macédoine, indépendante depuis 1991, s’était dite prête à un ultime compromis en prenant le nom de République de Macédoine (Skopje). Mais cela n’a pas été suffisant pour calmer Athènes. La Macédoine est un Etat fragile et est sans doute, dans la région, celui qui a le plus besoin de l’Otan pour apaiser ses craintes sécuritaires. Après des troubles entre Macédoniens slaves et Albanais (qui forment 25 % de la population), l’Europe a convaincu les deux parties d’accepter en 2001 un nouvel arrangement constitutionnel, favorable aux Albanais. Le veto grec a relancé les frustrations nationalistes de la majorité macédonienne qui pourrait se détourner de l’Europe et de tout compromis avec la minorité albanaise. Car rien ne dit qu’Athènes ne mettra pas son veto à l’entrée de Skopje dans l’Union européenne.

Quel sera l’enjeu des prochaines législatives ?

Il s’agit de l’avenir européen de la Macédoine. Mais aussi d’un rééquilibrage des relations entre Macédoniens et Albanais après la déclaration d’indépendance du Kosovo. Skopje ne l’a pas reconnu, bien que le Kosovo l’ait déjà été par 38 Etats, dont 17 membres de l’UE. Cette prudence a créé des frictions. Le Parti des Albanais de Macédoine (DPA), membre de la coalition au pouvoir, avait quitté le gouvernement pendant dix jours à la mi-mars pour protester contre cette tiédeur.

L’intégration des Balkans occidentaux est-elle toujours à l’ordre du jour ?

Officiellement, oui. A Bucarest, l’Otan a invité la Croatie et l’Albanie à adhérer au club. Mais elle a aussi convié la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro et même la Serbie à passer du Partenariat pour la paix au « dialogue intensifié ». Comme l’Otan, l’UE a choisi de négocier avec chacun de ces pays (ex-Yougoslavie plus Albanie) en ordre dispersé. La carotte européenne a donné de bons résultats en Croatie, dont on a oublié les errements passés, et empêché les dérapages en Macédoine. La menace du bâton a poussé la BosnieHerzégovine à adopter, vendredi, une réforme de sa police, une demi-mesure puisque le texte a été amplement amendé. Reste la Serbie. Belgrade demeure le mauvais élève aux yeux de l’UE, qui lui refuse la moindre carotte – la suppression des visas, accordée à la Croatie depuis plus de quinze ans, ne lui a jamais été octroyée. Amputée du Kosovo et frustrée, elle risque de confirmer cette réputation, lors des législatives du 11 mai, en votant pour les nationalistes.

Commentaires»

No comments yet — be the first.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :