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La Turquie hausse le ton contre l’opposition française 28 mai 2008

Posted by Acturca in France, Turkey-EU / Turquie-UE.
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Midi Libre (France)

28 mai 2008

Hier, le Turc Yavuz Mildon était élu à Strasbourg président du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux. Il devient ainsi le premier ressortissant de Turquie à la tête d’une institution européenne. Cette annonce intervient alors que la Turquie a averti hier la France que le maintien de l’opposition de Paris à son adhésion pleine et entière à l’Union européenne risquait de faire dérailler le processus de réformes démocratiques. Pourtant, la France a renoncé à supprimer des documents préparatoires à la réunion la référence à l’adhésione, permettant ainsi au conseil d’association entre l’Union européenne et la Turquie d’avoir lieu hier. Le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, s’est expliqué de ce changement d’attitude. Il n’a pas caché que la proximité de la présidence française de l’UE, au second semestre de 2008, obligeait Paris à une attitude

« impartiable, équitable et équilibrée ». Pour autant, a-t-il ajouté, la position de fond de la France n’a pas changé : Nicolas Sarkozy maintient que la Turquie n’a « pas sa place en Europe ». En fait, Paris est d’accord pour poursuivre les pourparlers sur des dossiers qui pourraient faire de la Turquie un partenaire privilégié de l’UE, mais pas un membre à part entière. Cette attitude a le don d’irriter les responsables turcs et de nombreux pays européens alliés à la Turquie. En effet, la position française n’est pas sans conséquence sur les réformes économiques et politiques exigées par l’Union. « Cela a un impact négatif sur l’enthousiasme de la population turque envers les réformes et l’adhésion », a expliqué le ministre turc des des Affaires étrangères, Ali Babacan. La position française risque donc d’être inconfortable pendant son semestre de présidence car ses partenaires européens appuient pour la plupart Ankara. « La Turquie est l’un des principaux alliés et partenaires de l’Union européenne », a estimé le ministre slovène des Affaires étrangères Dimitrij Rupel. Il a loué les progrès réalisés et le rôle de médiateur joué par ce pays entre la Syrie et Israël dans les négociations de paix. La Commission européenne est sur la même longueur d’ondes. Malgré tout, des progrès doivent encore être réalisés en Turquie. Notamment, la mise en oeuvre de la réforme de l’article du code pénal qui limite la liberté d’expression. De son côté, Nicolas Sarkozy sera présent aujourd’hui à Varsovie en Pologne où il devrait confirmer dans son discours la priorité qu’il veut donner au renforcement des liens avec les Européens de l’Est entrés dans l’Union en 2004.

Commentaires»

1. naiko - 2 juin 2008

Il y a sur l’ensemble du dossier de la relation truquie/UE une grande hypocrisie de la part de tous… y compris de ceux qui se prétendent les défenseurs les plus fermes de l’adhésion pleine et entière de la Turquie à l’UE. Techniquement, l’adaptation d’une société marquée par la culture de la force, et peut-on dire de l’arbitraire du pouvoir de l’exécutif, de la relation personnelle dans les affaires, aux critère occidentaux ne va pas de soi. Mais même cela il est devenu politiquement incorrect de le dire. Pourtant le fait qu’aucun des chapitres qui, depuis le 3/10/05 ont été ouverts dans les négociations n’a été clos faute de réponses satisfaisantes de la part des autorités turques aux questions encore posées, devrait interpeller. La bonne foi ni la volonté de ces dernières n’est pas en cause. Mais nous sommes en Orient, en dépit des apparences, et rien n’est simple : il n’ y a qu’à lire les rapports de la commission sur l’état des négociations (il y en a un tous les ans): en face de chaque rubrique, on peut lire, soit « législation en préparation », « loi passée » mais quid de la réalité de l’application sur le terrain ? La Turquie est un grand pays et il est difficile de savoir exactement ce qui se passe dans les provinces éloignées. Le problème, c’est que les Turcs et d’autres ont réussi à créer autour de cette question des négociations un climat de dramatisation qui fait que bien qu’elle s’exprime (semble-t-il) avec sévérité dans les réunions à huis clos, la Commission qui négocie au nom des Etats, n’use pas du tout publiquement au moins du ton qu’elle employait lors des négociations avec les Dix premiers pays d’Europe centrale. Beaucoup plus soft…D’autre part la situation politique en Turquie est loin d’être stabilisée. Le rôle de l’armée reste encore peu clair (pour dire le moins) et la question de l’interdiction du parti majoritaire demeure pour les prochains mois. Une évaluation sobre, dépassionnée du dosseir serait nécessaire, mais c’est ce qui manque le plus.


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