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Göksin Sipahioglu, fondateur de l’agence Sipa, a « des idées plein la tête » 8 septembre 2008

Posted by Acturca in Art-Culture, France.
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Agence France Presse, 8 septembre 2008

Caroline Taix

Göksin Sipahioglu, le fondateur de Sipa en 1970, a encore du mal à tourner la page après avoir été écarté il y a cinq ans de cette grande agence, mais il a des idées plein la tête, du haut de ses 82 ans, et a ressorti son appareil.

Ses clichés pris en mai 68 à Paris sont exposés au festival « Visa pour l’image » de Perpignan. « C’était mon premier reportage en France », raconte l’ancien correspondant du quotidien turc Hürriyet, qui avait cependant déjà réalisé plusieurs grands scoops à travers le monde.

Ce grand homme de la photo, né à Izmir en 1926, court d’un tirage à un autre et fait son commentaire, avec son délicat accent oriental. « J’arrivais le premier et repartais le dernier pour les manifestations », raconte-t-il, devant une photo de barricade sur laquelle courent des enfants sur le chemin de l’école. « Marc Riboud (photographe français, ndlr) était arrivé trop tard et il a raté les enfants sur la barricade! », dit-il avec un air malicieux. « La photo, c’est une école de patience », ajoute-t-il.

Il regarde de près la photo d’une jeune-fille sur un brancard. « Elle était très jolie, je regrette de ne pas l’avoir retrouvée », dit Göksin Sipahioglu, sempiternel charmeur.

Il montre encore une photo de Daniel Cohn-Bendit, à la Sorbonne, face à une foule de journalistes et d’étudiants. Lui s’était placé derrière « Dany le rouge » et il en sort un magnifique cliché avec un angle différent. « Il faut faire des choses que les gens ne font pas », lance le photographe.

Göksin Sipahioglu a fait sa dernière couverture en 1976, pour l’Express, six ans après la création de l’agence Sipa, qui porte d’ailleurs son nom. Il s’agissait de l’une des trois grandes agences en « a » (Gamma, Sygma, Sipa) qui ont fait de Paris la capitale du photojournalisme dans les années 70.

« Pendant que j’étais à l’agence, les photographes m’ont interdit de prendre des photos, ils ne voulaient pas de concurrence », assure-t-il. Il a ressorti son appareil en 2005, notamment pour un voyage en Chine, deux ans après avoir été écarté de l’agence. Une éviction que Sipahioglu a encore du mal à aborder: « c’est très difficile de tourner cette page », dit-il la voix émue avant d’ajouter: « je ne l’ai pas encore tournée ».

Mais, même s’il n’est plus à Sipa, de jeunes photographes continuent d’aller lui demander conseil. « Je leur suggère de chercher des sujets que les autres n’ont pas ».

« Des idées de sujet, j’en ai plein la tête », assure Göksin Sipahioglu. « Un sujet sur les Champs Elysées serait formidable, avec des photos des trottoirs, des façades, des bars; il y a les vélib’ aussi et puis je verrais bien un reportage sur les camps de nudistes, aller voir, aller parler avec eux », détaille-t-il.

Quand on lui demande de quel sujet il est le plus fier, Göksin Sipahioglu répond sans hésiter: Cuba, lors de la crise des missiles, en 1962. Un blocus de l’île avait été imposé, mais lui y avait accédé à bord d’un cargo turc acheminant du blé. « J’avais un passeport de matelot, j’ai pris mes photos et quarante quotidiens américains en ont fait leur une », raconte-t-il fièrement, regrettant de ne plus avoir 40 ans, l’âge où « il pouvait monter et courir partout » pour ses reportages.

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