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Géorgie : l’Otan se démarque de l’UE 16 septembre 2008

Posted by Acturca in Caucasus / Caucase, EU / UE, Russia / Russie, USA / Etats-Unis.
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Le Figaro (France), 16 septembre 2008, p. 6

Jean-Jacques Mevel, de notre correspondant à Bruxelles

L’Alliance atlantique dénonce la politique russe du fait accompli tandis que Bruxelles donne son feu vert au déploiement d’une mission civile aux contours flous.

L’Union Européenne a confirmé hier l’envoi d’environ 200 observateurs civils en Géorgie, sans aucune garantie qu’ils pourront un jour se déployer au coeur du conflit : c’est-à-dire en Ossétie du Sud et en Abkhazie, deux États confettis dont la Russie soutient la sécession, après les avoir soustraits militairement au contrôle de Tbilissi. La durée et surtout les contours de cette mission européenne restaient hier dans le flou. Au plus tard le 1 er  octobre, le contingent européen doit commencer à se substituer aux troupes russes qui évacuent le côté géorgien de la ligne de cessez-le-feu. Il s’agit d’abord d’observer et de stabiliser la situation sur le terrain. Un budget, révisable, a été arrêté pour douze mois (voir encadré) .

Mais à terme, faute d’un mandat étendu aux deux régions séparatistes, la présence des observateurs européens risque de figer la confrontation russo-occidentale et de consacrer, comme le veut Moscou, la rectification des frontières aux dépens de la Géorgie. «  Aucune négociation de paix n’est jamais parfaite, ce n’est qu’une première étape », a assuré le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner au terme d’une journée de discussion avec ses 26 homologues européens à Bruxelles.

« L’important était d’obtenir d’abord un calendrier de retrait [des troupes russes] hors des zones adjacentes à l’Ossétie et à l’Abkhazie. Nous l’avons obtenu. Chaque chose en son temps.  » Il s’est défendu d’entériner le fait accompli et la partition de la Géorgie. C’est de l’Otan, marginalisée dans la crise par la défiance du Kremlin, qu’est venue hier la critique la plus pointue. Pour Jaap de Hoop Scheffer, secrétaire général de l’Alliance atlantique, «  le maintien des forces russes en Abkhazie et en Ossétie du Sud n’est pas acceptable » . Évoquant implicitement une reculade européenne, il reproche à l’accord Sarkozy-Medvedev du 8 septembre de passer sous silence le retrait des forces russes « sur les lignes antérieures au déclenchement des hostilités  ». L’exigence avait été initialement formulée par les deux présidents français et russe, dans l’article 5 du cessez-le-feu du 12 août.

Moscou maintient la présence de 7 600 soldats

Le responsable de l’Alliance atlantique, cité par le Financial Times , a tempéré plus tard ses propos en faisant savoir que son inquiétude visait les ambitions russes plutôt que la bonne foi européenne. Reste que la controverse est lancée entre les deux grandes enceintes internationales que compte Bruxelles. Pour l’Otan, le succès se mesure à l’aptitude à faire reculer le Kremlin. Pour l’Europe, il consiste avant tout à apaiser la tension dans le Caucase. Alliance militaire qui recouvre en grande partie l’Union européenne, l’Otan a marqué sa différence en dépêchant hier sa première mission d’après-guerre en Géorgie. Jaap de Hoop Scheffer et les ambassadeurs des vingt-six pays alliés sont allés inaugurer à Tbilissi la commission Otan-Géorgie, instance créée au lendemain du conflit et censée témoigner du soutien occidental. Il s’agit «  d’ évaluer nos relations et d’avoir des discussions approfondies sur la sécurité de la région » , a affirmé le secrétaire général.

Cet appui à Tbilissi reste mesuré, reflet des divergences européennes. À la différence de la Maison-Blanche, l’Otan exclut de réarmer la Géorgie. Au contraire du vice-président Dick Cheney, Jaap de Hoop Scheffer se gardera bien de garantir une future adhésion au président Saakachvili. En Europe, la question oppose toujours l’Allemagne, la France et l’Italie d’un côté, à la Grande-Bretagne, à la Pologne et aux États baltes de l’autre. Chaque camp tire des conclusions contraires du conflit géorgien. Les premiers veulent éviter de brusquer ou d’humilier dangereusement Moscou. Les seconds estiment qu’il est grand temps de dissuader les visées impériales du Kremlin.

La Russie, elle, continue de marquer son territoire. En écho à la présence du secrétaire général de l’Otan à Tbilissi, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, s’est rendu hier en Ossétie du Sud, après une visite la veille en Abkhazie. Moscou a replié des troupes de Géorgie occidentale ces derniers jours et accepté de se retirer totalement, au 10 octobre, des régions dont Tbilissi gardera le contrôle. Mais le Kremlin entend maintenir indéfiniment 7 600 hommes en Ossétie du Sud et en Abkhazie, deux fois le contingent russe déployé avant la guerre. Quant à l’entrée des observateurs européens, elle dépend d’après le ministre russe d’une décision souveraine des deux États fraîchement indépendants.

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