jump to navigation

«La Turquie a un rôle diplomatique à jouer pour résoudre les conflits du Moyen-Orient» 12 novembre 2008

Posted by Acturca in Middle East / Moyen Orient, Turkey / Turquie, Turkey-EU / Turquie-UE, USA / Etats-Unis.
Tags: , , , ,
trackback

Le Temps (Suisse), Mercredi 12 novembre 2008

Caroline Stevan

Sami Kohen, éditorialiste turc de passage à Genève, défend les atouts de la diplomatie turque et revient sur les relations de son pays avec le reste du monde. Interview.

Editorialiste au quotidien turc Milliyet et consultant en géopolitique, Sami Kohen s’apprête à partir aux Etats-Unis afin d’informer la future administration américaine des réalités du Moyen-Orient. Il était de passage au bout du Léman, invité à donner une conférence par la Banque Cantonale de Genève.

Le Temps: Votre exposé s’intitule «La Turquie, un pilier géopolitique de la région».

Sami Kohen: La Turquie est située dans un triangle qui est au centre de tous les événements de ces dernières années, le Moyen-Orient, les Balkans et le Caucase. Nous sommes voisins avec tous ces pays-là, c’est un défi qui nous donne l’occasion de jouer un rôle régional. Par exemple, Ankara s’est engagé dans des activités de médiation entre Israël et la Syrie, l’Afghanistan et le Pakistan. La Turquie essaie aussi de réconcilier les différents groupes ethniques et religieux irakiens.

– Quels sont les atouts dont dispose la Turquie pour se poser en médiateur régional ?

– La Turquie est respectée par tous les pays du Moyen-Orient. Notre pays est démocratique et laïque; nous pouvons discuter avec des sunnites, des chiites… sans être accusés de prendre parti. Ensuite, la plupart de ces Etats ont appartenu à l’Empire ottoman; nous connaissons parfaitement cette région et en partageons la culture. La Turquie est laïque mais quand même musulmane à 90%. Nous sommes au bord de la mer Méditerranée et de la mer Noire, en Orient, en Occident, nous avons de bonnes relations avec la Russie mais aussi avec la Géorgie. Aucun autre pays ne peut prétendre à cela. Le premier ministre Erdogan est très actif sur le plan diplomatique, il est persuadé que la Turquie et lui-même ont une mission.

– La région est une poudrière. Comment voyez-vous l’avenir?

– Il est difficile d’être optimiste pour le Moyen-Orient, pour le Caucase également. Pendant longtemps, lorsque l’on évoquait le problème du Moyen-Orient, on pensait au conflit israélo-arabe. Aujourd’hui, il y a l’Irak, l’Iran, le Pakistan, l’Afghanistan… Nous vivons désormais dans un monde multipolaire, avec des grandes puissances qui se font concurrence. Le moindre problème, dès lors, devient international. Les conflits du Moyen-Orient seront résolus en travaillant à ces deux niveaux: régional et international.

– L’élection de Barack Obama va-t-elle modifier les relations Etats-Unis-Turquie?

– Barack Obama ne connaît pas la Turquie, de toute façon, il connaît mal le monde. McCain, lui, est venu souvent dans notre pays. Un sondage réalisé chez nous avant le 4 novembre donnait pourtant 67% de votes favorables à Obama. C’est en partie une réaction à George Bush, mais c’est aussi parce qu’Obama partage une vision proche de celle de la Turquie: il est pacifiste et croit en la diplomatie. Nous espérons qu’il soutiendra nos efforts de négociations dans la région.

– Quid de vos relations avec l’Union européenne?

– La Turquie veut devenir membre de l’Union européenne depuis très longtemps. Les négociations continuent, mais lentement. On discute tous les six mois, lorsque la présidence change. Jusqu’à il y a deux ou trois ans, 75% des Turcs voulaient devenir européens, ils sont moins de 50% aujourd’hui, à cause de toutes ces déceptions. Le gouvernement continue son travail de persuasion, mais une autre tendance se dégage dans le pays, affirmant que l’on peut vivre sans l’UE et que l’on a d’autres alternatives, comme la Russie ou l’Iran.

– Le président de la Confédération helvétique est en visite en Turquie, la fin définitive du refroidissement?

– Nous avons toujours eu de bonnes relations avec la Suisse. Votre président a amené avec lui la table sur laquelle Atatürk a signé le Traité de Lausanne! Et puis notre code civil est calqué sur le vôtre. Le petit refroidissement dû à la question du génocide arménien est terminé je crois. Il est vraiment dommage que cette question péjore nos relations bilatérales avec de nombreux pays, la Suisse, la France, les Etats-Unis…

Commentaires»

No comments yet — be the first.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :