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L’adhésion, le mot tabou des Européens 9 décembre 2008

Posted by Acturca in EU / UE, France, Turkey-EU / Turquie-UE.
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La Libre Belgique, 09/12/2008

Christophe Lamfalussy

Sous présidence française, les pourparlers avancent mais le but final est gommé.  La fatigue de l’élargissement et des désaccords internes continue de peser sur les épaules des ministres européens des Affaires étrangères. Réunis lundi à Bruxelles, ceux-ci ont réussi le pari de publier un long communiqué sur l’élargissement sans prononcer une seule fois le mot « adhésion ».

Le communiqué de quatre pages consacré aux progrès faits par la Croatie et la Turquie sur la voie de l’adhésion évoque des « négociations », voire une « phase finale », mais ne parle pas d’adhésion, le but de ces deux pays.

La Croatie est félicitée pour les « efforts importants » qu’elle a accomplis depuis un an, incitée à accélérer ses réformes en matière de justice mais ne se voit offrir aucune date d’adhésion. Vingt et un chapitres de négociations avec la Commission européenne ont été ouverts, quatre ont été fermés, et le 19décembre, tous les derniers dossiers vont être ouverts, sauf ceux concernant la justice et les droits fondamentaux ainsi que les six chantiers navals du pays, qui doivent être restructurés.

Zagreb, pour qui la fixation d’une date butoir était importante, ne se voit offrir aucune perspective de temps. « Le rythme des négociations continue à dépendre notamment des progrès réalisés par la Croatie », ajoute de façon sibylline le communiqué.

Pour la Turquie, c’est encore plus difficile. Le pays, déclaré par l’Union européenne (UE) candidat à l’adhésion en 1999, se voit flatté pour le rôle stratégique qu’il joue dans la région. Mais les Européens ne notent, « avec regret », que des « progrès limités », notamment sur le plan des réformes politiques.

L’UE appelle aussi la Turquie à normaliser « de manière urgente » ses relations avec la République de Chypre, qu’elle ne reconnaît pas. Ankara refuse toujours d’ouvrir ses ports et aéroports aux navires et avions grecs. La question de Chypre reste une épine dans le pied malgré le fait que plusieurs pays prédisaient que l’entrée de la république de Chypre dans l’Union, en 2003, allait assouplir les positions et conduire à un consensus.

Les Turcs eux aussi n’ont aucune perspective de date d’adhésion. Pourtant les pourparlers continuent. La France, qui détient la présidence jusqu’à la fin de l’année et est franchement hostile sous Sarkozy à l’adhésion de la Turquie, promet d’ouvrir deux nouveaux chapitres le 19 décembre.

En attendant le Traité

Ce comportement très erratique des Européens s’explique par les freins mis par plusieurs pays à un futur élargissement de l’UE. Plusieurs pays, dont la Belgique, réclament que le Traité de Lisbonne – un élément d’approfondissement – soit approuvé avant de boucler de nouvelles adhésions.

D’autres mettent leur veto pour des conflits bilatéraux. Selon une source diplomatique, la Slovénie s’est opposée à une date butoir à la Croatie, en raison du conflit maritime qui l’oppose à Zagreb. En octobre, Ljubljana avait bloqué la conclusion de cinq chapitres de négociations entre la Commission et la Croatie. « Depuis des années, nous répétons que nous ne voulons pas mélanger les problèmes bilatéraux avec l’adhésion à l’UE », soupire un diplomate croate. Malheureusement pour la Croatie, la Slovénie est aujourd’hui dans l’Union et dispose d’un droit de veto.

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