jump to navigation

« Les Trois Singes », éblouissant drame de la jalousie signé Nuri Bilge Ceylan 9 janvier 2009

Posted by Acturca in Art-Culture, Turkey / Turquie.
Tags: , , , ,
trackback

Agence France Presse, 9 janvier 2009

Rébecca Frasquet

« Les Trois Singes » du cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan est un drame de la jalousie somptueusement filmé en vidéo numérique, qui sort mercredi dans les salles après avoir remporté le prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes.

Un politicien (Ercan Kesal) tue un homme la nuit, sur une route de campagne.

Craignant de perdre les élections à venir, il propose alors à son chauffeur (Yavuz Bingöl) une forte somme d’argent pour endosser la responsabilité de l’accident, et ce dernier est emprisonné.

Lorsque le politicien rencontre l’épouse de son chauffeur (Hatice Aslan), une idylle s’ébauche, sous les yeux du fils du couple (Ahmet Rifat Sungar).

Un violent drame de la jalousie couve, où la femme est bientôt l’otage du machisme du mari, celui du fils et de l’amant.

Le trio refuse de voir, d’entendre ou d’évoquer cette douloureuse vérité, comme dans la fable des « trois singes » de Confucius.

« Il y a de la haine dans tous les couples, même les plus heureux… j’ai observé dans ma famille ces sentiments complexes, j’en ai beaucoup souffert », disait le cinéaste à Cannes, dans un entretien à l’AFP.

« Je pense que la famille porte en elle les choses les plus tragiques de la vie. Ce qu’on vit au sein d’une famille est un résumé de la société, de la vie », estimait-il.

L’envoûtante beauté des « Trois Singes », cinquième film de Bilge Ceylan qui mêle comédiens et acteurs non professionnels, tient à ses silences, à ses paysages désolés filmés au grand angle et aux visages scrutés de près par la caméra. Sa lenteur rebutera toutefois certains spectateurs.

Le cinéaste turc utilise la vidéo numérique haute définition à la manière d’un peintre, composant ses cadres et choisissant une palette de couleurs désaturées, froides et délavées, pour la photographie de Gokhan Tiryaki.

Comme dans « Les Climats », où un couple se désagrégeait sous un soleil accablant avant que des monts enneigés ne servent de cadre à leurs retrouvailles, les paysages – ici désolés, battus par le vent, menacés par l’orage ou les ciels plombés -, accentuent l’intensité de ce drame intime.

Souvent comparé à Antonioni ou à Bergman, le cinéaste turc aime à sonder l’âme humaine, explorant l’altérité de l’être aimé et les douloureux non-dits qui font planer un climat de violence sourde dans le couple.

Après avoir remporté le Prix du jury du Festival de Cannes avec « Uzak » en 2003, Nuri Bilge Ceylan a reçu celui de la mise en scène en mai.

« C’est pour moi une grande surprise et un immense honneur. Je tiens à dédier ce film à mon magnifique pays, mon pays solitaire, que j’aime beaucoup », avait-il déclaré en recevant son prix.

Commentaires»

No comments yet — be the first.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :