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En Turquie, une série télévisée dénonce les violences faites aux femmes 16 février 2009

Posted by Acturca in Art-Culture, Turkey / Turquie.
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La Croix (France), 16 février 2009

Istanbul, de notre correspondante

Tuée par son frère il y a cinq ans, Güldünya est devenue le symbole de l’horreur des crimes d’honneur en Turquie. Une série télévisée porte son nom

Cela fait bientôt cinq ans que Güldünya a été assassinée. Le 27 février 2004, cette jeune femme originaire de Bitlis, commune kurde de l’extrême sud-est de la Turquie, a été tuée sur son lit d’hôpital, par son frère, à Istanbul. Celui-ci, quelques jours plus tôt, l’avait grièvement blessée en lui tirant dessus en pleine rue. Güldünya était accusée par sa famille d’avoir sali leur honneur en mettant au monde un fils issu d’un viol. Le père était un de ses parents. Autre scandale, la jeune femme avait demandé l’aide des services sociaux, sans l’obtenir.

Ce drame a bouleversé la Turquie tout entière et, cinq ans plus tard, Güldünya reste un symbole de ces crimes d’honneur et de la violence faite aux femmes. À l’automne dernier, 13 chanteuses très connues ont sorti un album portant son nom, dont les bénéfices sont destinés à un centre d’aide pour femmes maltraitées.

Début janvier, une série télévisée, elle aussi appelée Güldünya, a également vu le jour sur la chaîne commerciale Star TV. Elle met en scène des histoires croisées de femmes violentées qui trouvent refuge dans un foyer d’accueil, en plein cœur d’Istanbul, comme il en existe dans les villes de plus de 50 000 habitants. Autre aspect réaliste de cette série, le numéro de téléphone composé par certaines héroïnes pour obtenir de l’aide correspond, dans la réalité, à celui d’un centre d’appel lancé à l’automne 2007 par le journal à grand tirage Hürriyet. « Le drame vécu par Güldünya m’a beaucoup marqué, raconte le réalisateur, Omür Atay. Grâce à une amie qui travaille avec des femmes maltraitées, l’idée d’en faire une histoire pour la télévision a éclos. Dire que cette série peut changer les mentalités est excessif, mais je pense qu’elle permet à certaines personnes de prendre conscience de la réalité. »

De fait, Güldünya a eu un impact immédiat sur le centre d’aide d’urgence dont le numéro est utilisé dans les épisodes. « Les jours suivant la diffusion, le nombre d’appels double, explique Nese Hacisalihoglu, coordinatrice du projet. Grâce à ces épisodes, nous avons pu atteindre des femmes habitant dans les régions les plus reculées du pays. Cette série joue un rôle éducatif important, car les femmes y apprennent qu’elles ont des droits, qu’elles peuvent être aidées et reçues dans des foyers en cas d’urgence. »

Depuis quelques années, le sujet de la violence familiale est pris au sérieux par les autorités et par la société civile. Le code civil et le code pénal ont été modifiés, les peines alourdies pour les auteurs de crimes d’honneur qui auparavant bénéficiaient de circonstances atténuantes. Mais la tâche reste immense. Selon une enquête publiée cette semaine par le gouvernement, une Turque sur cinq a été victime au moins une fois dans sa vie de violence de la part de son conjoint.

Ironie de l’aventure, si cette série a un impact direct sur la vie de certaines femmes, son avenir est en péril. « Il n’y a pas suffisamment de téléspectateurs pour une chaîne commerciale, déplore le réalisateur. Les gens ne veulent pas forcément se confronter à une réalité qu’ils connaissent au quotidien. Les maris brutaux ne souhaitent pas passer la soirée en famille devant une telle série. »

En Allemagne, un Afghan condamné à la prison à vie pour le meurtre de sa sœur

Un Allemand d’origine afghane âgé de 24 ans a été condamné vendredi par un tribunal de Hambourg à la prison à vie pour le meurtre de sa sœur de 16 ans, tuée de 23 coups de couteau en mai dernier. Les juges ont estimé que le jeune homme avait commis cet assassinat pour « rétablir le prétendu honneur de sa famille ». La jeune fille, Morsal, qui voulait vivre comme ses camarades de classe, se maquillait et portait des tenues vestimentaires trop audacieuses, selon son frère. Durant son procès, le jeune homme a affirmé ressentir de « la peine du plus profond de son cœur » et a éclaté en sanglots devant la cour. Cette affaire survient après que plusieurs cas de soi-disant « crimes d’honneur » ont horrifié l’Allemagne ces dernières années. Une cinquantaine ont été recensés depuis 1996 par la police criminelle, essentiellement dans la communauté turque ou kurde.

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