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Erdogan contre Dogan, un duel au sommet en Turquie 1 mars 2009

Posted by Acturca in Economy / Economie, Turkey / Turquie.
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Le Monde (France), 1 mars 2009, p. 6

Guillaume Perrier (Istanbul, correspondance)

A 72 ans, le milliardaire Aydin Dogan, l’un des hommes d’affaires les plus riches et les plus controversés du pays, n’a rien perdu de son mordant. Le  » Rupert Murdoch turc « , qui règne sans partage sur le secteur des médias, et le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, sont en guerre. L’homme d’affaires, visé par une amende fiscale record équivalente à près de 395 millions d’euros, affirme être l’objet d’une campagne d’intimidation.

 » Tout cela est politique : M. Erdogan veut une Turquie calme et silencieuse « , a déclaré, cette semaine, le magnat de la presse dans une interview au Wall Street Journal. A l’approche des élections municipales qui auront lieu fin mars, le premier ministre tente de museler les critiques, selon M. Dogan.

Il y a quelques semaines, le dirigeant turc avait déjà appelé à boycotter les journaux du groupe, accusant M. Dogan de mener une campagne de désinformation à but politique. Des accusations répétées cette semaine, au cours d’un meeting, où M. Erdogan a ironisé sur  » les bons chiens qui se couchent au pied de l’opposition « .

En novembre 2008, déjà, sept journalistes du groupe de presse s’étaient vus retirer leur accréditation par les services du premier ministre. Une série d’articles sur des liens supposés entre une affaire de détournements de fonds impliquant une organisation caritative islamique en Allemagne et le parti au pouvoir, l’AKP (Parti de la justice et du développement), avait irrité ce dernier.

Les démêlés de M. Dogan avec l’administration, qui soupçonne une évasion fiscale lors de la cession au groupe allemand Axel Springer de 25 % de sa filiale Dogan TV, ne sont qu' » une procédure de routine « , selon le député AKP Bülent Gedikli. L’Association mondiale des journaux a pourtant condamné une forme de  » pression politique  » et, dans un rapport publié le 25 février, le département d’Etat américain a dénoncé une  » atteinte à la liberté de la presse « .

Le fait est que le chef du gouvernement s’illustre régulièrement par ses envolées contre la presse d’opposition. Le journal Taraf en avait fait les frais après un titre qui accusait M. Erdogan d’être devenu  » le premier ministre des généraux « . Et plusieurs caricaturistes ont été poursuivis en justice ces dernières années.

Mais le conglomérat Dogan, qui possède des intérêts dans le pétrole et la finance, et qui a souvent été accusé de collusion avec l’armée, utilise régulièrement sa puissance de frappe pour exprimer ses préférences politiques. Ce fut le cas dans les années 1990, avec une campagne contre le gouvernement islamique de Necmettin Erbakan.

A la tête d’un empire qui compte sept quotidiens, des dizaines de magazines, une maison d’édition, trois chaînes de télévision, et réalise plus de 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires, la famille Dogan est l’une de celles qui dominent l’économie nationale. Arzuhan, une des quatre filles d’Aydin, est aujourd’hui à la tête de la Tusiad, l’association patronale turque.

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