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Lille3000 : Istanbul, une traversée par le dessin 20 mars 2009

Posted by Acturca in Art-Culture, France, Istanbul.
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La Voix du Nord (France), le vendredi 20 mars 2009

par Christian Furling

Foisonnante, inventive, captivante, « Istanbul, traversée » laisse les artistes parler de leur ville, aux Beaux-Arts de Lille. Parmi les mille voyages et itinéraires offerts par cette exposition d’Europe XXL, choisissons le fil du dessin.

Voyages. D’hier à demain, de la pointe de l’Asie à la capitale de l’Angleterre, en passant par Venise, où les pilleurs de l’hippodrome d’Istanbul ont rapporté un trésor pour la place Saint-Marc et un canon pour toute la statuaire équestre occidentale. Voyages et traversées. «  Mais on a laissé le singulier dans le titre, glisse Caroline Naphegyi, commissaire de l’exposition. À chacun sa traversée. » « Istanbul est en train d’écrire une nouvelle histoire, de construire un après-Atartük, précise-t-elle.

Un film vient de sortir qui montre Atatürk comme un homme, qui boit, qui aime les femmes… » Istanbul croît par strates et les artistes stambouliotes nous en parlent avec leur regard. Et leur identité. Hussein Chalayan est Chypriote, il a quitté Istanbul pour vivre à Londres. Il offre, sur quatre écrans géants, un époustouflant voyage. Une glisse intemporelle et douce, vertigineuse et aseptisée, à travers l’Europe, dans un oeuf protecteur, un sabot futuriste au galop… À chacun, donc, sa traversée. L’acuité de la pointe à dessin peut en tracer le fil. Sur les verrières des Beaux-Arts, à la demande de Lille 3000, Ceren Okuta a tracé des saynètes, poétiques et caustiques. Place pavée où pointent les cyprès-pinceaux, amoureux aux pierres effilochées, dispute au couteau de boucher… Dans cette ville où l’Orient et l’Occident se mêlent, Atatürk engloutit les racines ottomanes. Sa main trace les lettres romaines de la culture laïque. Y répondent les superbes calligraphies en mouvement d’Ataman, dont les métamorphoses livrent des mots et des visages. Autre façon d’aborder le passé, celle du dessinateur Turhan Selçuk, né en 1922 et surnommé le Picasso de la caricature. Ses planches originales nous embarquent dans une folle aventure africaine, du temps où l’empire ottoman s’étendait de la Hongrie à l’Égypte, à travers un univers graphique d’une grande vitalité, aux visages étroits et aux formes striées.

La gravure de Melling, elle, est d’un classicisme vibrant. Le Français séjourna dix-huit ans à Istanbul. « Il a réalisé ces gravures (exposées pour la première fois) à son retour, de mémoire, d’après ses notes, relève C. Naphegyi. Il dépeint le quotidien, sans orientalisme, avec un souci scientifique. » Multipliant les points de vue de sa traversée du Bosphore à la Mer Noire.

Seule sa vision d’un harem est fantasmée. Y répond l’écho animé du contemporain Ceren Oykut, en un chaos vital. •

Jusqu’au 12 juillet. Lundi, 14 h-18 h ; mercredi à dimanche, 10 h-18 h. Pass pour tout le musée : 6/4 E . 03 20 06 78 17.

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