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L’Élysée prêt à un retour du débat sur l’adhésion de la Turquie 7 avril 2009

Posted by Acturca in France, Turkey-EU / Turquie-UE.
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Le Figaro (France), 7 avril 2009, p. 3

Charles Jaigu

Depuis son élection, Sarkozy a maintenu son refus, mais il en a assoupli les modalités.

Quand ce n’est pas le plombier polonais, c’est la Turquie qui s’invite à la veille des scrutins européens. Face à la gauche « internationaliste  » et à l’Amérique «  multiculturaliste  », Nicolas Sarkozy a régulièrement affiché son hostilité à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. «  Si la Turquie était en Europe, ça se saurait ! » , avait-il lancé en janvier 2005, faisant la joie des électeurs de droite et causant l’irritation de Jacques Chirac, chaud partisan du processus d’adhésion au nom du « dialogue entre les civilisations  ».

Depuis son élection, Nicolas Sarkozy a mis de l’eau dans son vin. Il a rencontré le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan deux fois lors de l’Assemblée générale des Nations unies à New York et l’a assuré que la France ne s’opposerait pas à la négociation en cours tant qu’elle ne toucherait pas aux chapitres décisifs. Il lui a fallu aussi convaincre la Turquie que son projet d’Union méditerranéenne n’était pas une ruse pour la détourner de l’UE. Mission accomplie : Erdogan était le 13 juillet à Paris pour le lancement de l’Union pour la Méditerranée.

Délicate clause du référendum

Mais la passe la plus délicate fut la modification de l’obligation de recourir au référendum pour ratifier toute nouvelle adhésion à l’Union européenne. Cette clause, inscrite dans la Constitution par Jacques Chirac pour rassurer les adversaires de l’adhésion turque, était difficile à défendre vis-à-vis des autres nouveaux venus et jugée discriminante par Ankara. Un compromis a donc laborieusement été dégagé : « Le principe du référendum est maintenu, sauf si plus des trois cinquièmes des parlementaires des deux Assemblées ratifient une adhésion lors d’un vote préalable » , résume l’Élysée.

« Le retour du débat sur l’adhésion turque ne nous dérange pas du tout, on est au clair, le président a encore réaffirmé dimanche sa position, en désaccord avec Barack Obama » , fait savoir l’Élysée. Les adversaires de la réintégration pleine et entière de la France à l’Otan vont néanmoins s’employer à souligner que Nicolas Sarkozy va devoir désormais se faire le zélé serviteur des intérêts américains et faciliter l’entrée d’Ankara, à terme, dans l’Union européenne.

Le chef de l’État aura donc à coeur de montrer qu’il ne s’est pas laissé prendre dans les filets américains. Tout comme lors du G20, où il avait mis la pression sur les États-Unis, il devrait s’efforcer de convaincre qu’il est «  l’ami  », mais « l’ami debout  », des États-Unis.

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