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La Turquie : l’allié qui se veut indispensable 9 avril 2009

Posted by Acturca in Middle East / Moyen Orient, Turkey / Turquie, Turkey-EU / Turquie-UE, USA / Etats-Unis.
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Les Echos (France), 9 avril 2009, p. 14

Jacques Hubert-Rodier *

La Sublime Porte », comme on qualifiait autrefois l’Empire ottoman, est-elle de retour ? Vraisemblablement pas. Mais, au cours des derniers mois, la Turquie a donné l’impression d’être le point de passage obligé de la diplomatie et de la géostratégie au Moyen-Orient, entre Israéliens et Palestiniens, ou entre la Syrie et Israël, face à l’Iran, en Asie, en Afghanistan ou encore aux Nations unies face à la Corée du Nord.

Lors d’une exceptionnelle visite en Turquie, Barack Obama lui a décerné le titre « d’allié déterminant », mettant définitivement un terme à la parenthèse de 2003 lorsque Ankara s’était opposé à l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis.

En provoquant l’ire de Nicolas Sarkozy, le président américain est allé plus loin. Il a répété, presque mot pour mot, la formule de son prédécesseur, George W. Bush, lancée lors du sommet de l’Otan à Istanbul en 2004, selon laquelle la Turquie devait faire partie de l’Union européenne. Une petite phrase qui avait, là encore, été perçue comme une interférence américaine dans les affaires européennes par un Jacques Chirac, pourtant favorable, lui, à cette perspective d’adhésion turque.

Et la Turquie marque des points presque partout. Le « grand bazar diplomatique » de l’Otan à Strasbourg-Kehl s’est soldé en sa faveur. En échange de « garanties sérieuses » de la part du président américain, Ankara a accepté de lever son veto à la nomination comme secrétaire général de l’organisation du Danois Anders Fogh Rasmussen.

Au Conseil de sécurité des Nations unis aussi, la Turquie qui occupe depuis le 1er janvier un des 10 sièges de membre non permanent, pour le groupe des « Etats d’Europe occidentale et autres Etats », s’est vu confier le dossier nord-coréen, souligne-t-on au palais de verre à New York.

Mais pour combien de temps la diplomatie hyperactive de la Turquie peut-elle tenir, alors que la nouvelle administration a décidé de se réengager diplomatiquement dans les affaires du monde, en particulier au Moyen-Orient ? Le président Obama, en entrouvrant la porte à des contacts directs avec l’Iran et la Syrie, risque bien de changer la donne. « Si la Syrie et l’Iran parlent directement aux Etats-Unis, que reste-t-il aux Turcs ? Ils seront très déçus », souligne le professeur Henri Barkey, de l’université Lehigh, en Pennsylvanie. Car, pour beaucoup, le retour sur la scène internationale de la Turquie a tenu au vide créé par la précédente administration Bush, ajoute cet ancien conseiller à la Maison-Blanche sous l’administration Clinton. Mais l’Iran se considère comme une « grande puissance » et ne souhaite pas que la Turquie soit l’intermédiaire et la Syrie a des canaux diplomatiques avec Washington.

C’est sur l’Irak que vraisemblablement la Turquie et les Etats-Unis ont un intérêt conjoint : la Turquie a compris que son intérêt était le maintien d’un Etat fédéral en Irak, institué après l’invasion américaine de 2003. La diplomatie turque a été « très efficace en négociant avec le gouvernement de la région autonome du Kurdistan », souligne Dorothée Schmid de l’Ifri (Institut français des relations internationales). Ankara a désormais bien compris la nécessité du maintien au sein de l’Irak de la région pour éviter un embrassement nationaliste des Kurdes. Résultat, avec le feu vert américain, la Turquie a exercé un droit de suite en lançant des attaques militaires contre des éléments du PKK turc, le Parti des travailleurs du Kurdistan, qui se sert du nord de l’Irak comme base arrière pour des opérations terroristes.

En Turquie même, aux élections municipales de mars dernier, l’AKP (Parti de la justice et du développement), du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, n’a certes pas répété son score des élections législatives de 2007 (qui atteignait près de 60 % du vote kurde), mais il s’est maintenu dans la région.

Sur le front économique, la Turquie est touchée de plein fouet par la crise économique, avec une chute violente de la production et une très forte progression du chômage. Mais la Turquie tente de résister. Elle a finalement ouvert des négociations sur un crédit relais de plusieurs milliards de dollars avec le FMI qui pourrait lui permettre d’amoindrir les effets de la crise.

Pourtant, avant de redevenir une puissance indispensable, Ankara a encore beaucoup à faire. Diplomatiquement, il lui faut rouvrir de véritables relations avec l’Arménie. Un sujet qui a été à peine effleuré par Barack Obama quelques semaines avant la commémoration, le 24 avril, du génocide arménien de 1915, que refuse de reconnaître Ankara. Et même si la démocratie en Turquie s’est consolidée, Ankara doit reprendre sa marche, presque totalement arrêtée depuis trois ans, sur la route de l’Europe. Une longue route entreprise en 1923 par Atatürk, mais avec de très longs détours depuis lors.

* Jacques Hubert-Rodier est éditorialiste aux « Echos ».

Commentaires»

1. KARAGEL - 11 avril 2009

non je ne suis pas d’accord avec ce commentaire dit la turquie n’as pas que IRAN ou l’Irak,car elle a des rssource energique avec la Russie,le Ermenistant,Tachakistant,Georgie point de vue Geographique la turquie n’as meme pas besoin de renter en Europe car la turquie a beaucoups de richesse en elles meme;


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