jump to navigation

Turquie : pourquoi Sarko s’oppose à Obama 16 avril 2009

Posted by Acturca in France, Turkey-EU / Turquie-UE, USA / Etats-Unis.
Tags: , , , , , , , ,
trackback

L’Humanité Dimanche (France), 16-22 avril 2009, p. 26

Marc de Miramon

En maintenant, en dépit des souhaits de Barack Obama, son opposition à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, Nicolas Sarkozy peut à la fois rassurer sa base électorale à l’approche des élections européennes et atténuer son image d’atlantiste, renforcée par le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN.

«Si la Turquie était en Europe, ça se saurait ! » Lancé en janvier 2005, juste avant le référendum sur la constitution européenne, l’argument « géographique » du président de la République avait ravi les électeurs d’extrême droite, soulagé les partisans d’un improbable « choc des civilisations » et passablement irrité Jacques Chirac, favorable à l’entrée de la Turquie dans l’Union au nom du dialogue culturel et religieux. Au sein de l’UMP, la crainte était grande de voir les électeurs traditionnels se tourner vers les listes menées par Jean-Marie Le Pen et celles de Philippe de Villiers. Et surtout de voir le « non » l’emporter…

Les ténors de droite rivalisaient alors de diatribes turcophobes, sur fond de « choc des civilisations ». Quand Nicolas Sarkozy vantait les « valeurs chrétiennes » et leurs vertus « civilisatrices », le premier ministre Jean-Pierre Raffarin confiait sa peur de voir « le fleuve de l’islam » rejoindre « le lit de la laïcité ». Encore président de l’UDF, François Bayrou assurait que « ce n’est pas parce qu’un pays est musulman qu’il ne peut pas adhérer à l’Union européenne », avant de reconnaître que, selon lui, « l’Europe est indissolublement un projet politique et culturel et, si nous voulons qu’elle ait un sens, on ne peut pas faire fi de son patrimoine, qui porte l’héritage du triptyque Rome-Athènes-Jérusalem ». Un sondage IPSOS confirmait l’hostilité générale des sympathisants du FN (74 %), de l’UDF (72 %) et de l’UMP (63 %)…

Quatre ans plus tard, le rapport de forces ne semble guère avoir évolué. D’après le dernier sondage publié par l’institut CSA pour « le Parisien », 67 % des sympathisants de droite se déclarent toujours opposés à l’entrée de la Turquie dans l’Union. Philippe de Villiers (Libertas), Jean-Marie Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République), tous sur la même ligne que le président de la République, rivalisent déjà de critiques sur ses « mensonges » (Le Pen) et ses « tartufferies » (Dupont-Aignan). Le dimanche 5 avril sur TF1, Nicolas Sarkozy certifiait avoir « toujours été opposé à cette entrée » et le « rester ». Sur la forme, la position présidentielle a effectivement évolué. Le principe du référendum pour ratifier toute nouvelle adhésion, inscrit dans la Constitution par Jacques Chirac, a ainsi été habilement contourné : suffisent désormais les trois cinquièmes des votes des deux Assemblées (Sénat et Assemblée nationale) pour éviter la consultation populaire.

En campant sur sa position, Nicolas Sarkozy peut donc rassurer à moindre frais ses électeurs à sept semaines du scrutin, et atténuer du même coup son image d’« atlantiste », puisque la « question turque » a trouvé en Barack Obama un renfort de poids. Allié stratégique des États-Unis dans la région, membre de l’OTAN depuis 1953 et situé aux portes de l’Irak et de l’Iran, la Turquie risque en effet de se retrouver au coeur d’un bras de fer tendu entre l’Amérique et l’Union européenne. « L’Europe gagne à la diversité de sa composition ethnique, de ses traditions et de ses religions, elle n’est pas diminuée. Les États-Unis soutiennent clairement sa candidature », a habilement plaidé le président américain devant le Parlement turc, renvoyant du même coup la rhétorique de Nicolas Sarkozy à celle d’un choc des cultures dont Barack Obama a fait, pour prendre ses distances avec l’administration Bush, un thème de rupture.

Kouchner retourne (encore) sa veste

Bernard Kouchner vient miraculeusement de changer d’avis sur la Turquie. Jusqu’ici favorable à son entrée dans l’UE, le ministre des Affaires étrangères a justifié son revirement suite à des propos tenus par des officiels turcs lors du sommet de… l’OTAN ! Pour mémoire, Ankara a longtemps bloqué la nomination du Danois Anders Fogh Rasmussen comme secrétaire général de l’Alliance, avant de céder face aux pressions américaines.

La Turquie reprochait à Rasmussen son attitude au moment de l’affaire des caricatures du prophète Mahomet et accusait ce partisan acharné de la politique étrangère de Bush de souffler sur les braises du choc des civilisations. Et ce sont donc les critiques à l’encontre de ce soutien déclaré de la guerre en Irak et du camp de détention de Guantanamo qui ont « choqué » Bernard Kouchner, inquiet, dit-il, de « l’évolution de la Turquie dans le sens, disons, d’une religion plus renforcée, d’une laïcité moins affirmée »…

Commentaires»

1. Melek - 6 septembre 2009

Les politiciens français pensent beaucoup plus a leur interet qu’a celle de leurs concitoyens ou de la planete.

Cela est bien triste qu’un pays de la liberté soit devenu un pays avec une vision tres restreinte, sans ouverture, sans nouveauté, sans vie, sans couleur…

Il faut féliciter la Turquie, qui vue ce qu’elle a perdre, elle prend le risque de dire haut et fort ce que les autres penses en silence…
Bien que cela serve les interets de Sarkozy et Merkel…

Mais, au moins, elle se bat a une seule fusil pour établir un milieu propice a la région…


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :