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Sur l’Europe, les souverainistes des deux rives accusent Sarkozy de « plagiat » 7 mai 2009

Posted by Acturca in France, Turkey-EU / Turquie-UE.
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Le Figaro (France), 7 mai 2009, p. 4

Guillaume Perrault

Les eurosceptiques se demandent si le chef de l’État saura séduire leur électorat pour le scrutin du 7 juin. « Quel acteur ! » De Philippe de Villiers à Jean-Pierre Chevènement, les souverainistes des deux rives crient au plagiat après le discours de Nicolas Sarkozy vantant « l’Europe qui protège » sans être « naïve » . Les anciens hérauts du non lors du référendum sur la Constitution européenne se perçoivent comme des patrons de PME copiés par une multinationale. Et les eurosceptiques se demandent si le chef de l’État saura renouveler le tour de force de la présidentielle de 2007 et séduire, aux européennes du 7 juin, les Français qui avaient voté non au référendum du 29 mai 2005.

« Le discours de Sarkozy a été écrit par deux personnes en désaccord sur tout, ironise Villiers. La première partie du discours, sur le diagnostic, est due à Henri Guaino, et la deuxième, sur les solutions, à Michel Barnier » , coordinateur de la campagne de l’UMP et « euroenthousiaste » , raille le Vendéen.

Très marqué par le succès du non au référendum de 2005, Nicolas Sarkozy s’était adjoint le concours du gaulliste Henri Guaino, ancienne plume de Philippe Séguin, lors de la présidentielle de 2007. Aujourd’hui conseiller spécial à l’Élysée, Guaino avait contribué à infléchir le discours du candidat UMP dans un sens moins libéral et plus « national » et iconoclaste. « C’est la même stratégie aujourd’hui » , analyse de Villiers.

« Je me réjouirais du discours de Nicolas Sarkozy si je n’y voyais quelque artifice à un mois des européennes , confirme Jean-Pierre Chevènement. Comment le président pourrait-il rétablir la préférence communautaire alors que le traité de Lisbonne, dont il est l’inspirateur, laisse inchangées les règles de la concurrence et du commerce international ? » L’ancien ministre appelle donc les Français qui ont voté non au référendum de 2005 à « ne pas être pris pour des gogos » .

« Double jeu »

Pourtant, lors de la présidentielle de 2007, Villiers avait déjà espéré en vain que la droitisation du discours de Sarkozy ne lui nuirait pas. « Quand on emprunte les mots du voisin, on renforce le voisin. Les électeurs préféreront l’original à la copie », argumentait alors le Vendéen avant d’être démenti par les urnes.

Le 7 juin, les listes souverainistes ne vont-elles pas, une fois encore, pâtir de la stratégie de l’Élysée ? Villiers, familier des campagnes européennes, veut croire que non. « Sarkozy est chef de l’État depuis deux ans. Tout le monde comprend que s’il voulait vraiment changer d’Europe, il l’aurait déjà fait » , argumente l’élu souverainiste.

Quoi qu’il en soit, le discours de Sarkozy, avant-hier à Nîmes, s’expliquait sans doute également par le sondage CSA des 15 et 16 avril, qui plaçait le Front national devant le Nouveau Parti anticapitaliste d’Olivier Besancenot, respectivement crédités de 8 % et de 7 % des voix.

Jean-Marie Le Pen assure pourtant que les électeurs que le président lui avait ravis en 2007 vont, cette fois-ci, rester indifférents à ses avances. « Le double jeu de Sarkozy envers la Turquie me rappelle celui de De Gaulle envers l’Algérie » , aime à répéter le président du FN pour illustrer la « duplicité » qu’il prête à l’hôte de l’Élysée.

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