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La querelle turque ranime la campagne des Européennes 21 mai 2009

Posted by Acturca in France, Turkey-EU / Turquie-UE.
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Le Progrès (France), 21 mai 2009, p. 4

Francis Brochet

La délicate question de l’entrée de la Turquie dans l’UE resurgit dans la campagne des élections européennes, l’UMP étant accusée de double langage, à gauche… comme à droite

La Turquie doit-elle entrer dans l’Union européenne ? Tout ou presque a déjà été dit sur le sujet. Mais peu importe, la question passionne toujours, et parvient même à réveiller la campagne…

La réponse est « non », répètent sur tous les tons le Président et l’UMP. Depuis 2005, à l’époque contre Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy affiche son refus de l’adhésion turque. « Pour nous, c’est tout vu, dès aujourd’hui nous disons non », vient encore de déclarer Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP.

La majorité a au moins deux bonnes raisons de camper sur cette position. La première lui vient du référendum de 2005, où la peur de l’étranger (adhésion turque à droite, plombier polonais à gauche) avait alimenté le rejet de l’Union. Il faut donc des frontières à l’Union, et même un peu de protectionnisme qu’on rebaptise « préférence communautaire ». Mais Nicolas Sarkozy est également convaincu, sans le dire aussi clairement, qu’une adhésion de la Turquie, pays de culture musulmane, serait en contradiction avec les racines chrétiennes de l’Europe.

Vous mentez, s’élève cependant le chœur des opposants : en réalité, vous ne faites rien pour bloquer l’adhésion, accusent Jean-Marie Le Pen et Philippe de Viliers, mais aussi les socialistes. Ils s’appuient sur la décision, prise pendant la présidence française de l’Union, de poursuivre les négociations d’adhésion avec la Turquie. C’est à la fois juste, et faux : la France freine autant qu’elle peut, avec l’aide de l’Allemagne, mais contre la Commission européenne et une majorité d’Etats-membres. Le pouvoir actuel est de plus lié par les engagements de ses prédécesseurs, comme l’a rappelé le président turc. « La Turquie a fait de grands sacrifices pour protéger l’Europe libre », a souligné Abdullah Gül, pointant l’appartenance de son pays à l’Otan depuis 1952 – ce qui lui vaut le soutien inconditionnel des Etats-Unis, confirmé récemment par le président Obama.

Cette querelle a un côté artificiel, puisqu’une adhésion de la Turquie ne pourrait intervenir avant de longues années, compte tenu des négociations qui restent à mener. Mais elle n’est pas inutile, car elle oblige chacun à préciser l’idée qu’il se fait de l’Union, de ses frontières, de sa mission. Ce qui est après tout l’intérêt premier d’une campagne européenne.

Le PS et l’UMP s’étripent également sur un clip

Outre la Turquie, il y a un autre sujet qur lequel le PS et l’UMP sont en désaccord : un clip télévisé du gouvernement incitant à participer au scrutin des européennes. Hier, le CSA a tranché : il a rejeté la demande de suspension faite par le PS qui dénonçait un « clip de l’UMP ». Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a estimé que « le CSA a eu peur du coup de tonnerre qu’aurait provoqué la suspension du clip gouvernemental ». Il lui a aussi reproché d’avoir manqué d’«audace » et de ne pas avoir motivé sa décision. Tête de liste PS en Ile-de-France, Harlem Désir avait dénoncé un « spot UMP à la gloire du président de la République ». Au contraire, le porte-parole du gouvernement Luc Chatel relevait hier « que dans ce clip, figurent tous les chefs d’Etat français qui ont pris leur part à la construction européenne ». Y compris donc François Mitterrand.

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